Tout ce qu'il faut savoir sur la mascarade Souletine (Pays Basque)

Le 17/01/2016 à 00:00 - Chaque semaine jusqu'au : 10/04/2016

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  • Villages souletins
  • Gratuit
  • Durée : De février à mai

La mascarade souletine se déroulant en basque, il est important d'avoir quelques notions sur ses personnages et son histoire.

Je vous explique également le déroulé de la journée, et vous donne toutes les informations pratiques : dates, lieux, hébergements.

Villages souletins

Festival basque

Les personnages de la mascarade

La mascarade est joué par les jeunes d'un ou deux village(s) et a pour protagoniste toute la population d'un autre village. C'est avant tout une équipe de très bons danseurs qui se sont entraînés des années durant, en bénéficiant des conseils des Anciens, gardiens de la mémoire et de la tradition.

Le spectacle, préparé par un village différent chaque année, est donné dans les villages voisins, de début février à fin mai. La première et la dernière représentation ont lieu dans le(s) village(s) organisateur(s).

Les personnages se répartissent en deux mondes :
- les danseurs virtuoses, aux costumes flamboyants, reflètent la grâce personnifiée et l'ordre établi. Associés aux coporations des métiers "nobles", écuyers, maréchal-ferrant, paysans, et aux notables accompagnés de leurs dames. Ils forment la mascarade rouge.
- à leur côté, des acteurs hirsutes, sales, grossiers, bouffons, parfois violents : bohémiens, kauterak(chaudronniers), xorrotxak (rémouleurs), hongreurs, animent la mascarade noire.

Les deux facettes de la société se côtoient l'espace d'une journée sur une même place. C'est aussi l'occasion pour un village de pouvoir défier ses semblables.

 

Représentation du matin : les barricades

Le matin, la mascarade débute par des barricades. Autrefois constituées de véritables obstacles à franchir, elles sont aujourd'hui simulées par des bouteilles à même la route, autour desquelles s'agitent les danseurs. 
En tête du cortège, les danseurs de la mascarade rouge ouvrent le pas. Sauts, danses très sophistiquées, exigeant technique et endurance, chants lancés à pleins poumons, et libations sont au menu de chaque barricade. De somptueux plateaux de beignets, oreillettes, crèpes, attendent les acteurs.

Le "Txerrero" (gardien de troupeau de porcs), portant des clochettes de vache à la ceinture, ouvre la route à l'aide de son balai à queue-de-cheval, suivi du "Gathüsain" (homme-chat), manipulant une sorte de ciseau, puis "kantiniersa" (la cantinière), rôle tenu autrefois par une bohémienne, "Zamalzain" (homme-cheval), et l'"Ensenari" (porte-drapeau). Suivent "jauna eta anderea" (le monsieur et la dame), jauna étant le responsable du bon déroulement de la mascarade, puis "laborari eta laborarisa" (les agriculteurs), "marexalak" (les maréchaux-ferrants) et "kükülleroak". "Kerestuak" (les hongreurs) sont parfois chez les rouges, parfois chez les noirs. Ils doivent castrer le cheval.

A leur tour, les "beltzak" (noirs), chaudronniers et bohémiens à la figure barbouillée de charbon, prennent d'assaut la barricade. Ce sont d'abord "xorrotxoak" qui se déplacent en chantant pour critiquer les acteurs qui les ont précédés. Puis, les "buhemeak" (bohémiens) guidés par leur chef élu, Basagaitz, brandissent des sabres de bois et se ruent en vociférant des "ouhaaa!" Tout s'achève dans une mêlée confuse, digne du jeu de Soule.

 

Vers la fin de la matinée, le cortège finit sa course sur le fronton du village qui l'accueille, puis chez l'habitant pour un repas haut en couleur...La loi de l'invitation répond à un code aussi subtil qu'immuable : un des chefs s'assoira à la table d'un élu, un acteur ira chez un hôte qui a tenu le même rôle que lui des années avant...

 

Représentation de l'après-midi : le spectacle

Après un repas plus que copieux, un à un, les acteurs un peu étourdis sont transportés sur la place pour l'ultime représentation où s'enchaînent danses muettes et longues palabres en basque de "Kabana", déballant des satires et des propos obscènes envers les notables, pendant que les chaudronniers réparent bruyamment le chaudron de Jauna. Pitxu est le kauter le plus habile et farceur, surtout quand les hongreurs et rémouleurs l'appellent à l'aide après avoir mis leurs aides à la porte. 

 

Louanges et blâmes sont distribués gratuitement; le sermon de "Kabana" est truffé d'allusions, éléments d'une évidente culture de connivence villageoise qui provoquent le rire de l'assistance avertie. La satire et le déballage sur la place publique des petits secrets de la société sont un des rites les mieux conservés et les plus répandus des mascarades.

 

Encore une danse, le "branle", danse en rond dans laquelle la mascarade va chercher des jeunes filles dans le public.
L'après-midi se termine par l'éternelle scène de la mort de "Pitxu" (apprenti chaudronnier), souffre-douleur qui périt au cours d'une des échauffourées. Après une suite d'opérations burlesques, Pitxu revient à la vie.

 

Extraits libres du blog : http://autourdalos.fr/html/artstraditions.php

 

Mon conseil

Si comme moi vous n'êtes pas bascophones, préférez, contrairement à ce que risque de vous conseiller l'office de tourisme, les barricades du matin. L'après-midi est en effet long de palabres incompréhensibles à ceux qui ne comprennent pas le basque, et il n'existe aucun livret de traduction.

Respectez le long travail de la communauté qui s'est investie de longs mois pour préparer puis donner toutes ces représentations en vous faisant discret si vous partez avant la fin. Vous risquez fort en effet d'être les seuls étrangers au village...

 

La mascarade de Camou Cihigue en 2013


 

Calendrier de la mascarade de 2016

Elle est organisée cette année par les jeunes des villages de Chéraute et Hoquy.

La première représentation, prévue le 10 janvier à Chéraute, a été annulée suite à un décès dans le village.

  • Dimanche 17 janvier : Espès
  • Dimanche 24 janvier : Musculdy
  • Dimanche 31 janvier : Trois-Villes
  • Dimanche 7 février : Mauléon-Licharre
  • Dimanche 14 février : Ordiarp
  • Dimanche 28 février : Roquiague
  • Dimanche 6 mars : Moncayolle
  • Dimanche 13 mars : Idaux
  • Dimanche 20 mars : Sainte-Engrâce
  • Dimanche 27 mars : Barcus
  • Dimanche 3 avril : Alos
  • Dimanche 10 avril : Hoquy

 

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Vous pourrez en profiter pour visiter les magnifiques grottes de la Verna, les canyons d'Ehujarre...

 

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