La chasse aux sorcières toujours pratiquée

La chasse aux sorcières était quelque chose de très courant au Pays Basque au Moyen-Age. Le village espagnol de Zugarramurdi est particulièrement réputé pour les sabbats - akelarre en basque - qui étaient pratiqués dans les grottes. Les sorginaks - sorcières - se livraient à divers rites magico-érotiques et vénéraient un bouc noir (akerbeltz). Lorsqu'on randonne à proximité du mont Jaïzquibel notamment, de nombreux panneaux rappellent la présence de sorcières dans ces forêts. En 1610 à Logrono, un procès condamna quarante habitants de Zugarramurdi pour sorcellerie. Les témoignages qui ont conduit à la sentence sont pour la plupart empreints de superstition et produits par des envieux...

Aussi étrange que cela puisse paraître, les chasses aux sorcières existent encore aujourd'hui en Inde. A l'origine pratiquées uniquement par les Adivasis, les cas se multiplient dans différents états : Jharkhand, Haryana, Chhattisgarh, Orissa, Bengal ouest, Madhya Pradesh, rajastan, Andhra Pradesh, Gujarat, Maharashtra, Assam et Bihar. Les sorcières sont réputées manger des humains, avoir un oeil ou une bouche de démon, tuer les troupeaux, détruire les récoltes et provoquer des maladies. Comme en France et en Espagne au Moyen-Age, la superstition n'explique pas tout. Les disputes familiales pour la propriété, les droits sur la terre des femmes, les niveaux de village, les querelles entre sexe opposé sont des causes importantes de ces accusations. Même si les femmes des tribus ont souvent des droits réduits sur la terre, elles peuvent néanmoins l'exploiter et partager les récoltes. Un cas élucidé récemment a expliqué certaines de ces pratiques. Lorsqu'une famille tribale perd un être cher, une récolte ou du bétail, elle fait appel à une personne pratiquant la magie blanche, l'ojha. L'ojha utilise ses pouvoirs pour déterminer qui est la sorcière. Parfois, on met simplement du riz dans des tissus sur lesquels les noms des femmes du village sont inscrits. On le glisse ensuite dans un nid de fourmis blanches. Si celles-ci mangent un des tissus, c'est celui de la sorcière... On écrit aussi parfois les noms de toutes les femmes sur les branches d'un arbre. La branche qui se flétrit est celle qui porte le nom de la sorcière... Etrangement, la famille visée cette fois a été celle d'une mère vivant avec une de ses filles, le mari étant décédé quelques années auparavant, assez aisée, possédant des bijoux, de l'or et des terres. Avant leur double meurtre, tout le village était au courant de ce qui allait se passer, sauf les victimes, et y compris un oncle. Celui-ci avouera ne pas être intervenu de peur qu'on l'accuse lui aussi. Pendant le massacre, la fille a appelé au secours : les voisins ont fermé leur porte et ne sont pas intervenus... Tous leurs biens ont disparu...

Comme en Europe au Moyen-Age, on retrouve les mêmes ingrédients : superstition et envie / jalousie.

Quelques légendes basques de sorcière

Adivasi woman

Stéphanie LANGLET sur Google+