Impression chinoise n°4 : Point besoin de mots pour de jolies rencontres.

Le jour suivant, je m'installe dans la superbe suite Napoléon de l'hôtel de Luc. Celui-ci a donné des consignes et je suis déjà accueillie en amie. Un des guides travaillant avec lui, David, un ancien professeur d'Anglais d'origine chinoise, me prodigue maints conseils afin que je puisse découvrir les environs de Yangshuo en marchant et avec les transports locaux. Au début peu rassurée à l'idée de me perdre en randonnant seule, je m'aperçois vite que les locaux font tout pour me faciliter la découverte. J'emprunte une très agréable route pour me rendre à la colline de la Lune (Moon Hill). Il n'est pas étonnant que ces magnifiques paysages aient tant inspiré les peintres et poètes. Ce n'est que pics karstiques recouverts de verdure et parfois entourés de brume, petites habitations traditionnelles, vastes champs verdoyants. Je traverse la rivière Jingbao et l'endroit est tellement magique que des hordes de bateaux en bambous l'ont envahie. Je m'arrête un moment pour regarder un de ces bateaux glisser sur l'eau. La douce mélodie traditionnelle chantonnée par une femme à son bord ajoute au charme de ce moment de contemplation.


Autour de moi, les collines portent les noms poétiques de Pic du Lotus de jade ou Pics Porte-Pinceaux. Après avoir dépassé le site du Grand Banian, un banian tellement vieux qu'il a fini par devenir une forêt à lui seul, j'arrive en bas de la colline de la Lune. Je m'assied quelques instants pour lire et me reposer, bien vite rejointe par une petite dame d'un âge avancé. Elle insiste pour monter avec moi et me vendre de l'eau. Je commence l'ascension en espérant la semer mais elle est tenace et bien mieux entraîner que moi, et surtout, elle se ménage ! Au bout d'une longue et pénible montée, encouragée par ceux qui descendent, j'arrive au sommet. Mon effort est largement récompensé. Le panorama sur les pics, cours d'eau, villages et champs est splendide et l'arche qui constitue la colline ajoute au charme et à la singularité du lieu.

Je décide de poursuivre vers le village de Gaotian (prononcez Gaotine). Juste en face de Moon Hill, je découvre des pisciculteurs en plein travail. Vêtus de grands imperméables verts et de chapeaux de paille, de l'eau jusqu'au dessus de la taille, un couple et leur fille trient les poissons dans différents filets. Voyant mon intérêt pour leur travail, la jeune fille ne cesse de me gratifier de jolis sourires. D'ordinaire très gênée à l'idée de photographier sans autorisation, je n'ai besoin d'aucun mot pour comprendre l'invitation à filmer et prendre des photos.

Un peu plus loin, c'est la contemplation des travaux des champs qui m'arrête quelques instants.

Alors que j'approche de Gaotian, j'aperçois une femme et son gros bébé, assis au bord de la route. Elle doit attendre son mari qui travaille dans les champs. Elle répond à mon "Ni hao" par un grand sourire surpris. Elle est tellement heureuse, curieuse et surprise de voir une touriste blanche se promenant par ici que je décide de m'asseoir à mon tour. Sans que nous ayions besoin de mots pour communiquer, je comprends qu'elle est heureuse que son bébé puisse voir mon visage d'occidentale de si près et que je lui dise bonjour en chinois. Je prends une photo de ce gros visage étonné. La maman est émerveillée et fière de voir son enfant sur le petit écran de mon appareil. Nous passons de longues minutes ensemble à communiquer sans un mot, magie de rencontres simples... Les gens de Gaotian et des proches environs semblent peu habitués à la présence de touristes, les enfants m'accompagnent de leurs sourires et de leurs rires, charme de l'Asie... Cette gentillesse et cet accueil valent bien tous ces splendides paysages, qui seraient bien fades sans cela...

Stéphanie LANGLET sur Google+

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