Impression chinoise n°7 : de joyeuses funérailles...

Alors que David m'avait déconseillé la visite des temples Wen et Wu de Gongcheng qui me couterait cher d'après lui, une femme travaillant pour une agence de voyages et rencontrée dans la rue, m'explique que je peux sans problème m'y rendre en minibus local. Stephen, un ami chinois de Luc, me confirme l'information et me recommande fortement cette visite. Sur leurs conseils, j'emprunte un premier minibus qui me mène à l'intersection près du marché de Fuli, puis un second minibus m'emmène en suivant vers Gongcheng. Les chauffeurs de bus et leurs occupants s'efforcent de me faciliter le trajet et s'assurent que je ne me trompe pas. Il faut dire que mes nouveaux amis écrivent toujours sur mon calepin ma destination en chinois, ce qui me facilite grandement les déplacements et le contact. Cette destination et ces temples, situés à 45 kilomètres au sud de Yangshuo, ne sont en effet repris dans aucun guide de voyage.
Le temple de Wen, aussi appelé Temple de Confucius, a
été construit sur les pentes douces d’une colline il y a plus de 600
ans. C’est l’un des quatre plus grands temples de Chine dédié à la vie
de Confucius; le plus important se trouvant à Qufù, la ville natale du
Maitre.
Bien que longtemps délaissé, dans les faubourgs d’une grosse ville plutôt moderne,
cet ensemble de temples reprend des couleurs et constitue un bon
exemple de lieu de pèlerinage traditionnel. Les différents pavillons, à
l’architecture impériale ornementée, alliant le bois et la pierre, sont
disposés sur plusieurs niveaux. En bas, dans la cour centrale, un pont
en pierre enjambe un magnifique petit bassin semi circulaire et, sur le
côté, une stèle recouverte d’écritures repose sur le dos de bixi (une
tortue mythologique proche du dragon). Le pavillon des lettres est un
lieu de recueillement pour les étudiants à la recherche de succès dans
leurs examens. Plus haut, un mémorial contient des tableaux sculptés
d’épisodes de la vie de Confucius et de récits rattachés à
l’iconographie du sage. Le temple principal renferme une grande statue
de Confucius assis sur un trône dans une alcôve rose et or, et gardée
par un quarteron de statues monumentales.

J'ai la chance de venir à un moment où seuls les gardiens des lieux sont présents, et je peux flâner à ma guise pour admirer cette remarquable architecture. 

A proximité du temple de Confucius se dresse le temple de Wu, construit
à la mémoire de "Guanyu", un célèbre général de l’état de Shu ayant
vécu pendant la troisième dynastie. Il comprend plusieurs édifices de
briques et de bois : théâtre, pavillon de la pluie, hall de prière et
d’offrandes…


 
Après avoir visité tranquillement ces deux temples, je décide de monter sur la colline à proximité. Le site est très agréable, et je redescends par une petite place, où se sont installés plusieurs groupes de joueurs de cartes et dominos chinois.

Mon appareil photo et moi devenons vite l'attraction de la place et du proche terrain de jeux, où les enfants et mamans essaient d'échanger quelques mots avec moi. Même si les gens sont heureux de poser pour moi, j'abandonne vite mon appareil pour pouvoir discuter avec eux.
Le moment le plus intéressant de cette journée aura sans doute été la joyeuse procession vers laquelle je me suis dirigée. Alors que je m'apprêtais à prendre le billet d'entrée pour visiter les temples, j'avais entendu une musique de rue. Pensant qu'il s'agissait d'un défilé, je m'étais dépêchée de redescendre vers le centre de la ville pour y assister : des danseurs costumés agitant un dragon, des instruments de musique traditionnels jouant une mélodie joyeuse, les grands sourires et bonjours, la fierté de me voir suivre la procession en prenant des vidéos et photos... Tout était réuni pour que je ne réalise mon erreur qu'après coup : il s'agissait en fait d'une procession de funérailles, et je ne vis le cercueil qu'en regardant la vidéo, de retour à l'hôtel !

Les photos : https://skydrive.live.com/?cid=4391f06a356f4ffc&sc=photos#cid=4391F06A356F4FFC&id=4391F06A356F4FFC%212866&sc=photos

Stéphanie LANGLET sur Google+

Chine