Le pont du Vent et de la Pluie de Chengyang.

Après avoir récupéré mon sac, nous retournons à Chengyang. Nous pouvons enfin admirer de près le magnifique pont Yongji, qui enjambe la rivière Linxi. Il est construit tout en bois et une galerie couverte le protège des intempéries, tout comme les autres ponts des villages dong, ce qui leur vaut l'appellation de "pont du Vent et de la Pluie". Les ponts de ce type sont rares en Chine, où on leur a préféré le pont voûté en pierre. A l'origine, ils étaient le seul moyen d'accès au village et donc le lien symbolique et protecteur entre le monde du village et le monde du dehors. Il a fallu 12 ans pour construire celui-ci, de 1911 à 1924 et il mesure plus de 70 mètres de long. Sa galerie, couverte d'un toit en tuiles grises, possède cinq pavillons à toitures superposées ornés de dragons stylisés et d'un épis faîtier en forme de courge. Comme c'est un des plus beaux représentants de ce type de pont, il est aujourd'hui classé monument historique.

Le site des villages dong est toujours choisi en accord avec un géomancien, et leur construction doit relever de cinq principes canoniques : ni fondations, ni échafaudage, ni clous, ni liens, ni mortier... Les hameaux sont toujours entourés de rizières, collines, plantations de thé, et bordés d'une rivière.
Nous traversons le pont moderne en béton, qui a été construit pour permettre le passage du bétail et des tracteurs, pour nous rendre à la grande guesthouse au bord de la rivière. Nous sommes accueillis au beau milieu du pont par un "Française?" presque hurlé par un touriste français. Bien que je réponde plutôt sèchement à ses questions, il nous accompagne et tente de nous donner des conseils. Exaspérée par son attitude familière, je finis par lui rétorquer de façon glaciale que j'ai l'avantage de voyager avec un Chinois et qu'on devrait pouvoir se débrouiller pour négocier le prix de nos deux chambres... Nous visitons une première magnifique grande chambre sentant le bois de cèdre et dotée d'une large terrasse. Lei me déclare : "it's yours" (c'est la tienne). La deuxième chambre possède une terrasse un peu plus petite mais donne directement sur la rivière, les roues à aube et le pont du Vent et de la Pluie. Lei s'exclame : "oh no, it's yours !". Les Chinois sont réputés assez mal élevés et impolis, Lei me démontrera le contraire durant tout le voyage. Nul doute que je dormirai comme un bébé cette nuit, bercée par le bruit régulier et si mélodieux des roues et des grenouilles...

Stéphanie LANGLET sur Google+

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