Mongkok et Yau Ma Tei.

Au petit matin, j'emprunte le ferry pour me rendre à Mongkok et Yau Ma Tei, deux des quartiers les plus authentiques de Hong Kong, aux marchés traditionnels. J'avais un peu découvert cet endroit le soir de mon arrivée, avec le marché de nuit de Temple Street.
Je commence par le marché aux fleurs : des rues où les boutiques rivalisent d'imagination pour proposer leur profusion de fleurs bigarrées, notamment des orchidées, ma plante préférée.

Toutes sortes d'orchidées en pots ou épiphytes, posées ou suspendues attirent le regard. Nul doute que cette plante est très appréciée des Chinois également. D'autres plantes, plus ou moins connues en Occident, complètent ce tableau coloré et odorant. Je m'attarde devant une vitrine joliment mise en valeur par un paysage de jardin japonais, et ne peux m'empêcher de me demander si les gros insectes attirés par la verdure finiraient volontiers dans un des estomacs de cette foule qui se promène tranquillement. Je me remémore ce dicton chinois que m'a appris Lei "En Chine, on mange tout ce qui a des pattes et le dos orienté vers le ciel, sauf les tables et les chaises"... Les précédentes famines ont tellement marqué les esprits qu'on peut comprendre cette conception de la nourriture.

Orchidées

Malgré l'animation, les fleurs et plantes apportent à ce lieu un charme tranquille et apaisant. Ici, les échoppes et habitations sont à taille humaine et les terrasses agrémentées de nombreuses plantes et oiseaux. Il doit faire bon vivre ici.
J'arrive ensuite aux marchés aux oiseaux. Sur un espace qui domine la rue, des milliers d'oiseaux aux formes et couleurs variés envahissent le quartier de leurs chants mélodieux. Même les cages en bois sont magnifiquement travaillées, et on mesure ainsi l'attachement des Chinois pour leurs volatiles.

Il n'est pas rare en Chine de croiser une personne donnant une promenade à son oiseau en cage ! Tout est fait pour assurer un maximum de confort à l'animal et certaines cages sont de véritables oeuvres d'art. Les propriétaires et vendeurs de ces précieux compagnons ne sont pas peu fiers d'exposer leurs biens et certains vont même jusqu'à garnir le fond des cages de papier rouge porte-bonheur. De jolis sachets de grosses sauterelles ou autres insectes emplissent les étals, en attente d'être offerts aux becs voraces. Un beau perroquet aux couleurs éclatantes réalise des cabrioles pour tenter de me séduire. Pas une plume n'échappera à sa présentation et il semble vouloir s'exposer à l'avidité de mon appareil photos.

Perroquet

Je poursuis ma découverte avec le marché aux poissons, des rues et ruelles aux échoppes pleines de poissons aux couleurs chatoyantes et aux nageoires délicates, des rainettes dans des sacs plastiques gonflés d'air et d'eau, d'immenses aquariums de poissons tropicaux, anémones et coraux multicolores. Difficile de prendre des photos tant la foule est compacte, mais c'est un vrai régal pour les yeux.

Je retrouve le temple de Tin Hau, aux tuiles vertes vernissées, qui était fermé lors de mon premier passage. De nuit, j'avais eu du mal à le localiser, au milieu de rues animées aux maisons et immeubles modernes. Comme toujours, la couleur rouge domine et j'admire le beau décor de grands serpentins d'encens, de statues d'animaux et de divinités plus ou moins menaçantes, d'autels chargés d'offrandes variées.

Deux autres temples l'entourent. Dans le premier se trouve le diseur de bonne aventure. Lei m'a expliqué que de nombreux Chinois questionnent souvent ces hommes lorsqu'ils ont une décision importante à prendre ou un problème délicat à résoudre. Certains n'hésitent pas à traverser tout le pays et à dépenser une somme exorbitante pour interroger les plus célèbres d'entre eux. Ceux-ci exercent dans les principaux temples, mais on peut trouver dans la rue aux abords de ces temples, d'autres personnes proposant le même service. La mère de Lei est allée trouver l'un des plus fameux, pour savoir si ses rapports avec son fils allaient s'arranger. A son grand dam, "l'oracle" lui a annoncé que leurs rapports seront toujours compliqués et tendus. Lei m'avait également expliqué que la principale pression exercée sur les jeunes par leurs parents, est d'acquérir une maison et de l'argent pour pouvoir se marier. Il m'avait aussi avoué souhaiter consulter un diseur de bonne aventure réputé, afin de le questionner sur un sujet important.
Sur des tables, les baguettes de divination sont rangées dans leur pot. Le client prend ce pot à deux mains et s'assied au pied de l'autel. Il l'agite longuement, jusqu'à ce qu'une baguette tombe. Il amène cette baguette à l'oracle, qui va se contenter de remettre une feuille explicative, ou va fournir une interprétation détaillée lors d'une consultation en face-à-face.

Dans le deuxième temple, les gens s'affairent pour préparer les prochaines festivités. Ils fabriquent des maisons et bateaux en papier ou en carton, qui seront promenés dans toute la ville le lendemain.

A quelques rues, le contraste est saisissant. Moi qui n'aime pas les grandes villes, je tombe sous le charme de ces grands immeubles modernes, dont les vitres colorées reflètent la lumière du soleil couchant et je rebrousse même chemin pour les photographier.

Immeubles Hong Kong

Il fait nuit lorsque je reprends le bateau et j'en profite pour prendre des photos de la belle baie illuminée.

Baie de Hong Kong de nuit

Les photos de Hong Kong

Stéphanie LANGLET sur Google+

Chine Hong Kong