Premiers contacts avec une Chine d'antan.

Pour ma plus grande joie, Lei m'annonce qu'il a décidé de m'accompagner à Chengyang. Ce qu'il a lu dans mon Lonely Planet lui a donné l'envie de découvrir cette région si typique et il sait que, lorsqu'il aura son nouveau travail, il pourra assez peu voyager.

Le propriétaire de notre guesthouse nous conduit jusqu'au bus. Lui aussi se rend à Longsheng. Nous atteignons Longsheng en un peu plus d'une heure, avant d'emprunter un autre bus pour Sanjiang, à travers un magnifique paysage de montagnes boisées, de petits villages et le long de la rivière remplie d'or. En plus d'être d'une agréable compagnie, Lei s'avère un guide très utile, nous faisant passer de minibus en tricycle et de tricycle en bus. Après avoir déposé mon sac à dos en consigne à Sanjiang, nous prenons un bus pour Linxi en début d'après-midi. Nul doute que seule, j'aurais dû me rendre directement à Chengyang. Nous voulons nous rendre au marché du village. Nous traversons de nombreux villages dongs typiques, avant de nous rendre compte que Chengyang est en fait sur la route pour Linxi ! Mais qu'importe, les paysages sont sublimes : rizières, roues à aube sur la rivière, plantations de thé dans les hauteurs, maisons en bois, ponts couverts. Linxi est le terminus du bus et nous comprenons vite pourquoi : la route se transforme en piste et seuls quelques véhicules s'y risquent. Le village est très vivant, même si le marché touche plutôt à sa fin. Les tenues colorées des femmes miaos et yaos ont cédé la place à des tenues plus sobres, d'un bleu profond, et les femmes portent la coiffe traditionnelle. Dans cette région pauvre, l'artisanat tient une place fort importante et les mamans rivalisent de dextérité pour coudre de magnifiques portes-bébé brodés.

Les rues secondaires sont faites de terre battue et on se demande comment certaines maisons tiennent encore debout tant elles semblent faites de bric et de broc. Pour la première fois, je me sens dans la Chine d'antan, aussi attractive que je le suis pour ces paysans peu habitués aux visites des touristes. Seuls les plus jeunes ne portent pas la tenue traditionnelle et les poules envahissent les rues. Sur les étals ou à même le sol, les marchandises ont de quoi surprendre par leur diversité et leur aspect vieillot. Les gens continuent à se réunir sur un pont pour jouer aux cartes en écoutant de la musique d'un autre temps, ou à l'intérieur de la tour au tambour pour palabrer et fumer d'anciennes pipes. Les femmes du marché portent d'appétissants canards laqués ou de grosses bottes de légumes frais. Les habits et les récoltes pendent aux fenêtres et aux façades des maisons pour y sécher.

Bienvenu dans cette autre Chine...

  

Villages dongs : https://skydrive.live.com/?cid=4391f06a356f4ffc&sc=photos#cid=4391F06A356F4FFC&id=4391F06A356F4FFC%213114&sc=photos

Stéphanie LANGLET sur Google+

Chine