Aït Benhaddou. A suivre...

Guesthouse d'Aït Benhaddou : La Kasbah du jardin.

Aït Benhaddou... Il nous en aura fallu du temps pour prononcer à peu près convenablement son nom... Et si peu pour ne plus vouloir en partir!

Levées très tôt ce matin-là; l'autobus partait vers 6h. Je dis bien vers, car tant qu'il n'est pas plein... Nous avons de la chance, il démarre à 6h30. Nous nous rendons cependant vite compte que nous avons choisi deux des plus mauvaises places : une vitre est cassée juste derrière nous et à une heure pareille, à moitié réveillées... Nos compagnons de route sourient de voir les deux seules touristes, et deux seules femmes!, de l'autobus se couvrir de tout ce qu'elles peuvent pour ne pas trop se geler, y compris les capuches de leur coupe-vent. Arrivées à Marrakech, après avoir profité à moitié du magnifique paysage, nous avons à nouveau beaucoup de chance puisqu'on nous attire vers un autre autobus pour Ouarzazate. A peine le temps de récupérer nos sacs à dos et de monter, que nous voici déjà parties. Les paysages sont à couper le souffle et je lutte continuellement pour piquer du nez le moins possible. Cette route, qui passe par le col du Tizi n'Tichka, est en effet réputée pour être une des deux plus belles du pays. Une route difficile, toute en lacets, entourée de verdure, de montagnes aux reflets tantôt ocres, tantôt roses, de petits villages de montagne, de cîmes enneigées. Heureusement que j'ai le sommeil léger, j'entends ainsi nos voisins s'extasier devant la splendeur du paysage et j'en profite pour l'admirer à mon tour.


Nous faisons une halte (ça tombe bien, nous n'avons rien mangé depuis la veille) un peu avant le sommet et acceptons l'invitation des plus insistantes du vendeur d'une boutique. Mélanie réussit à s'échapper rapidement tandis que notre hôte me harcèle de compliments et de propositions plus ou moins douteuses. Ah elle est belle, la solidarité féminine ! Je réussis enfin à me sauver, non sans avoir dû laisser un gri-gri peu inspiré sur le mur du magasin ("en souvenir de ton passage") et la carte de visite de la "Kasbah du jardin" d'Aït Benhaddou en poche. "Dis que tu viens de la part de Omar, on te fera un prix". Ca tombe bien, c'est l'auberge où nous souhaitions nous rendre...

Notre autobus finit par nous laisser à une dizaine de kilomètres d'Aït Benhaddou, au milieu de nulle part. juste quelques boutiques et deux taxis collectifs vides. Un chauffeur arrive enfin et nous emmène au complexe hôtelier "la Kasbah". Je lui remontre la carte de visite, doutant fortement que nous soyions au bon endroit, et il finit par nous déposer devant l'auberge où nous accueille Houssine. Son frère, Ibrahim, nous fait visiter les différentes chambres, et nous optons finalement pour la solution la plus économique, non sans avoir négocié avec Houssine. Nous avons l'intention de visiter le vieux ksar ce soir, de randonner vers Tamedaght demain et de partir plus au sud le surlendemain, soit deux nuits et une journée ici. Nous resterons finalement 5 nuits et 6 jours...

Nous nous installons et Houssine partage avec nous le thé à la menthe de bienvenue. Comme je cherche des cartes postales du coin, pour changer de celles achetées à Fès, Ibrahim m'emmène gentiment à la boutique d'un autre fils de la famille puis me fait visiter les jardins. La vue sur les environs y est magnifique.

Nous passons la fin d'après-midi à discuter tranquillement avec les uns et les autres, à goûter le tajine maison qu'ils se partagent (pas évident de manger avec les doigts...)  et à leur montrer les photos de notre voyage. Nous sommes tellement bien que nous ne reparlons même plus d'aller visiter le ksar ce soir, ça attendra demain!

Pour le dîner, nous avons opté pour la soupe et le tajine. Nous finissons par des oranges accompagnées de cannelle, et l'habituel thé à la menthe (whisky berbère). Les garçons se mettent à jouer du djembé et chanter des chants berbères, et nous proposent de les rejoindre. Aïe aïe aïe... C'était bien plus agréable de les écouter jouer...

Les clients désertant la salle à manger les uns après les autres, nous décidons, à contre-coeur, de nous mettre au lit également; mais c'était sans compter sur Houssine, qui m'invite à déguster un dernier thé à la menthe sur la terrasse. Mélanie décide de se rhabiller pour nous rejoindre et nous passons une soirée des plus agréables : thé à la menthe, un ciel clair plein d'étoiles (on voit même les petites) et d'étoiles filantes, le croassement des crapauds. Qu'on est bien ici !

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Stéphanie LANGLET sur Google+

Maroc