Bons plans en Egypte / Egypt tips

Tout un périple pour rejoindre Louxor.

Je me lève tôt le lendemain. Ashraf a promis de m'emmener à la station de bus pour prendre le tout premier, à 7 heures, mais il n'est pas là. Je finis par le trouver endormi sur une des banquettes en pierre du toit, la couverture lui recouvrant la tête. J'essaie de le réveiller, sans succès. J'en profite pour prendre quelques photos du désert et des montagnes. 

Je redescends à la réception, toujours personne et il est de plus en plus évident que je n'aurai pas mon bus. Je remonte sur la terrasse et parviens enfin à réveiller Ashraf. Le jeune homme prend son temps et me prépare un petit-déjeuner, qu'il me presse d'ingurgiter à peine servi. La journée comme bizarrement, dans une ville qui s'avèrera tout aussi bizarre à mon retour de Louxor...
En route pour la station de bus, Ashraf passe un coup de téléphone. Il me dit que le bus de 7h est reporté à 10h. Nous patientons donc à la terrasse d'un des coffee shops de la station, écrivant et observant l'animation de la gare routière.

Les heures passent, d'autres touristes (deux Hawaïens et un couple d'Allemands) nous rejoignent mais toujours pas de bus. Ceux qui viennent de Louxor ou du sud décident généralement de poursuivre vers Le Caire à cause de la fin du Ramadan, il y a plus de demande. Je commence à me lasser de ce qui m'entoure et j'ai faim. Ashraf m'emmène déguster un délicieux kochery dans une petite gargotte. Ce plat traditionnel est servi dans de petits restaurants du même nom, qui n'ont rien d'autre à la carte. C'est un mélange de riz, de lentilles brunes, de macaronis, de quelques bouts de spaghettis, d'oignons frits, le tout arrosé de sauce tomate et relevé de quelques gouttes de sauce pimentée ou de sauce à l'ail. Après un tel repas, autant dire qu'on n'a plus faim !
L'attente reprend. Ashraf nous propose d'organiser un convoi en taxi, mais le prix ne convient pas aux Allemands qui se targuent de bien connaître le pays et d'être des pros de la négociation. Nous envisageons un moment de prendre un autre bus pour la ville de Qena, proche de Louxor, mais on nous en dissuade : nous risquons de rester coincés là-bas. Quand les Allemands réalisent leur erreur de stratégie quelques heures plus tard, il ne reste plus qu'un taxi, et il faut décider qui partira avec moi. Le sort désigne le couple d'Hawaïens, beaucoup plus discret, ce qui n'est pas pour me déplaire. Alors que les autres s'apprêtent à acheter un ticket pour les nombreux bus vers Le Caire, on nous annonce qu'un bus arrive enfin. Nous n'y croyons plus et pourtant il arrive enfin ! Nous longeons la côte vers Safaga au sud. La nuit tombe rapidement et nous ne distingons que peu de détails du paysage; tantôt une ville balnéaire, plus tard le désert : nous bifurquons vers Qena. La grande ville, pleine de décorations lumineuses, me semble charmante et je tente d'apercevoir les villages aux alentours. Ici, l'Egypte est plus authentique et je prendrais sûrement le train pour y revenir dans quelques jours.
Enfin, c'est Louxor. Le bus nous dépose au bord de la route, où des minibus attendent. La ville, joliment éclairée, est très animée en cette fin de Ramadan. Nous traversons des ruelles encombrées par la foule avant de parvenir sur la place du temple, magnifique dans son habit de lumière. Le bac public nous mène sur la rive ouest et je m'empresse de rejoindre mon hôtel, épuisée par deux courtes nuits. Le lieu me séduit d'emblée. Le Gezira Garden porte bien son nom. Les deux bâtisses blanches et bleues entourent un grand jardin avec piscine.

 


La multitude de lumières nappe le lieu de féérie et je suis accueillie à l'aide d'un karkadé frais. Je vais déposer mes affaires et prendre un bon bain délaissant, avant de m'installer autour d'une des petites tables du jardin à moins que... Totalement épuisée, je m'endors dans la baignoire et décide de rejoindre mon lit pour une bonne nuit de sommeil bien nécessaire.

Mes astuces pour bien vivre l'Egypte.

A bannir si on n'est pas un adepte de la plongée (et encore...) : l'arrivée à Hurghada, ville balnéaire sans grand intérêt, chère et envahie par les touristes russes en recherche d'"amours" exotiques. Eviter de discuter avec les chauffeurs de taxi, les questions se faisant très vite indiscrètes. L'attente d'un bus pour se rendre à Louxor peut prendre... toute une journée, surtout en période de Ramadan. Plus de desserte dans le sens contraire, les bus venant de Louxor décidant souvent de poursuivre vers le Caire.
Préférer : arriver à Louxor, le musée à ciel ouvert : nombreux monuments célèbres en ville et dans les environs (temple de Louxor, de Karnak, Ramesseum, Medinet Habou, Vallée des Rois, temple d'Hatchepsout...), beaucoup de possibilités de randonner dans les environs et la montagne thébaine sur la rive ouest, marché de Kornah... La compagnie low cost Transavia (Air France et KLM) dessert ces deux destinations.
Transavia : ponctualité, flotte correcte, aucun service (tout est payant) mais personnel prévenant, bas prix évidemment. Par contre, zéro pointé en ce qui concerne l'acheminement des bagages et les explications données à l'enregistrement. D'ailleurs, j'attends toujours qu'ils daignent répondre à ma réclamation sur leur site et qu'ils me dédommagent de la casse de ma shisha...
Hébergement à Louxor : Gezira Garden, sur la rive ouest très tranquille. Une dizaine de chambres et quelques appartements. L'intérieur et l'extérieur sont aménagés avec beaucoup de goût. Le personnel et le propriétaire sont extrêmement prévenants. Deux jolies terrasses sur les toits, dont une avec restaurant. Grande piscine, laverie, internet haut débit (un peu cher et en supplément), navette gratuite pour la rive est, grand buffet pour le petit déjeuner. 20€ la chambre simple, petit déjeuner gratuit.
La rive ouest de Louxor : un must pour ceux qui recherchent le calme et aiment marcher. La plupart des monuments sont accessibles depuis ici. Ne pas hésiter à emprunter les cabouts (prononcer longuement la deuxième syllabe, sinon ça veut dire capote !), minibus ouverts qui circulent partout sur cette rive, y compris les sites à visiter. 25 piastres le trajet, autant dire quelques centimes. Idéal pour se déplacer, mais aussi pour discuter avec les Egyptiens.
Sécurité : l'Egypte est un pays extrêmement sûr. La seule fois où j'ai eu un soucis (je suis tombée sur l'idiot du village...), tous les gens du village sont intervenus pour m'aider.
La présence des militaires et policiers tient plus du folklore pour touristes.
Voyage au féminin : ma vie s'est considérablement améliorée le jour où j'ai eu un mari et deux enfants Clin d'oeil. Avec le statut de célibataire, on me proposait le mariage; de femme mariée, on me répondait "try an Egyptian" (essaie un Egyptien); une fois mariée, j'avais le statut enviable de maman et la distance se mettait tout naturellement.
Voyage en solo : idéal pour pouvoir aller et photographier presque partout. Presque tout est permis quand il n'y a pas d'autre témoin que le gardien.
Bakchich : Etonnamment, on m'en a très peu réclamé. Je n'ai pas l'explication : respect de me voir voyager seule ? Remerciement de prendre le temps d'admirer longtemps les sites visités, de m'intéresser aux explications qu'ils me donnaient spontanément, de connaître un peu l'histoire de l'Egypte ancienne, de prendre le temps d'échanger quelques mots, d'apprendre de plus en plus de mots arabes grace à eux ? Tenue vestimentaire : pantalon long, chemise à manches longues ? Me voyant marcher, on m'a même offert plusieurs fois de me transporter gratuitement, de prendre des photos dans des lieux pour lesquels je n'avais pas le ticket d'entrée, etc.
Carte sim égyptienne : lorsqu'on possède un téléphone non bridé, on peut obtenir un numéro et une carte sim pour 3-4 €. Les recharges s'achètent très facilement, sont bon marché, ce qui permet d'envoyer facilement et à moindre coût des SMS vers l'étranger.
Les souks : A Louxor, continuer au-delà du souk touristique pour arriver à celui plus authentique. Le souk de Kornah est vraiment très intéressant (attention, ouvre et ferme tôt le matin) : bétail, tondeurs pour bête, vêtements, légumes, graines, épices, ustensiles, bric-à-brac, le tout à même le sol.
Abou Simbel : Prendre le bus local au départ de la gare routière (à 8h actuellement). 4 heures de route à travers le désert, en dehors du convoi. Retour le lendemain (départ vers midi). Peu de touristes (on était 5 Français). Les hôtels sont chers (pour l'Egypte) et tout le monde essaie de soutirer un maximum d'argent aux rares touristes qui logent ici (bien se faire préciser le prix avant). L'auberge "L'Eskaleh" est très jolie et au bord du lac, mais le prix des chambres a tendance à flamber si vous ne vous le faites pas préciser avant. Toutes les boissons doivent être payées en supplément, même le café du petit-déjeuner. On peut simplement y manger, comme je l'ai fait (délicieuse cuisine maison). J'ai logé à l'hôtel Nobaleh Ramses, grande chambre, propreté correcte. Nourriture plus que quelconque et à peine tiède. Prendre le temps de flâner dans le village et au bord du lac Nasser (inutile d'essayer de sortir de la ville, les policiers m'en ont empêchée après avoir marché pendant quelques kilomètres le long de l'aéroport Agressif). Aller au Son et Lumière le soir et surtout se lever très tôt (ouverture à 5h) pour pouvoir se tenir seul face aux quatre colosses de Ramses et dans le grand temple (les autres touristes venus en groupe tôt restent au bord du lac pour attendre le lever du soleil). On peut aussi grimper en haut du site (porte sur le côté droit) pour admirer le lever du soleil (c'est fermé après).
Assouan : J'y suis restée trop peu de temps pour apprécier vraiment. Les hôtels essaient de caser des excursions avec insistance, je n'ai pas trouvé d'hôtel convenable (hormis peut-être le Memnon Hôtel à 65 LE), les douches sont généralement couleur rouille (l'eau est sale), les propriétaires de bateaux vous donnent de fausses informations et tentent de vous faire peur... J'ai néanmoins aimé aller à pieds à l'embarcadère de l'île de Philaé et visiter le temple puis revenir en cabout. J'ai beaucoup moins aimé ne pas pouvoir partager de bateau avec les locaux et être obligée de traverser avec un homme antipathique qui empêchait les autres de m'accepter. Le soir, manger au restaurant '"Le Panorama", personnel très gentil, dont un parlant très bien Français. Regarder le coucher du soleil sur l'île Eléphantine et le ballet des felouques. Visiter le Musée nubien, ouvert tard. Prendre un thé ou un café à la Maison nubienne : superbe vue et beignets à volonté.