Bons plans en Thaïlande / Thailand tips

  • Crémation à Mae Sot (avec vidéo).

    Arrivée vers 17h30, je retourne directement à la Ban Thai guesthouse. Je regrette de ne pas retrouver mon grand bungalow, mais le nouveau est également spacieux et possède un charme différent. Bien sûr, le prix est légèrement inférieur, mais même le double ne m'avait pas coûté bien cher... Aussitôt installée, je suis impatiente de retrouver le temple et ses moines birmans. Nyne Chang m'accueille d'un grand rire surpris, il est manifestement aussi heureux que moi de me revoir et de pouvoir reprendre nos discussions sur la culture de nos deux pays. Il me montre fièrement l'ordinateur qu'il a pu acquérir grâce à ses économies et au billet que je lui avais donné avant de partir. Parfois, d'autres moines entrent dans sa cellule, échangent quelques mots avec lui en me regardant bizarrement, puis ressortent. Je sens un certain malaise planer et j'interroge Nyne Chang, y aurait-il un problème parce que je suis là ? "Ne t'inquiète pas, pas de problème". Nous passons deux heures de discussion intense avant mon dîner à la Casa Mia, je retrouve déjà mes habitudes ! Le temple est de plus en plus animé, les fidèles de toute la région sont arrivés pour rendre un dernier hommage à leur ancien leader et assister à la crémation le lendemain soir. Je passe un petit moment dans le cybercafé proche de la Ban Thai avant de retourner m'imprégner de l'ambiance à la fois festive, survoltée, et pleine de ferveur. Alors que je m'apprête à rentrer, Nyne Chang m'interpèle. Il me fait patienter pendant qu'il finit sa conversation téléphonique avec sa soeur qui habite Bangkok, puis nous assistons à une partie du spectacle de danse birmane. Les chanteurs kitsch ont cédé la place aux acrobates humoristes, en fait des sortes de clowns birmans sans nez rouge et aux tenues étranges, réalisant d'impressionnantes cascades. Après un moment, nous rejoignons un des amis de Nyne Chang dans la cellule du moine. Il est birman et vit à Myawaddy, la ville de l'autre côté de la rivière Moei, côté birman. Nyne Chang et les autres se moquent gentiment de lui. Ils m'expliquent qu'il est terrorisé à l'idée de sortir, y compris aux abords du temple : "c'est très dangereux ici tu sais" me dit-il alors que les autres éclatent de rire. Je ris bientôt en leur compagnie en entendant toutes ses questions et ses étonnements dans un anglais approximatif : "Wow, you're so big !" (tu es si grande / âgée) s'exclame t'il quand je lui dis mon âge; "Why are you so small ? European people are very high and big normally" (pourquoi es-tu si petite ? Les Européens sont très grands et gros normalement). Nyne Chang, souvent hilare, écoute mes réponses avec attention et ne pose aucune question personnelle, gardant la distance seyant à son statut de moine.
    Le jour que tout le monde attendait avec impatience est enfin arrivé, ce soir la crémation aura lieu. Pour cette dernière journée, j'ai revêtu mon batik d'Indonésie comme tenue de cérémonie. Je commence par me rendre au marché, espérant y trouver un dictionnaire ou phrasebook de birman ou thaï pour communiquer plus facilement avec mon nouvel ami. J'en emporte normalement toujours un avec moi, mais cette fois je me suis décidée trop tard sur ma destination et aucun n'était disponible en France. Malheureusement, je ne trouve que des livres d'initiation aux langues étrangères pour les Birmans ou Thaïlandais. Tant pis, nous continuerons à communiquer en anglais ou par écrit ! Après un bref passage au temple où je trouve Nyne Chang très occupé avec les derniers préparatifs, je décide de me promener le long de la rivière. Je m'arrête un long moment au petit temple dont une nonne birmane prend soin. Un groupe d'hommes et de femmes m'y invite en effet à discuter avec eux.  

    Vers midi je retourne au Wat Aran Ya Khet. Les danseuses s'adonnent à la dernière séance de photos souvenir après les récompenses offertes par les moines, et l'animateur en profite pour me mitrailler. Je me venge en le photographiant à mon tour. Il est vêtu tout de blanc, la couleur des funérailles dans la plupart des pays d'Asie. Il a en effet un rôle très important à jouer ce soir...  Il m'invite ensuite à rejoindre les autres dans la cour intérieure du
    temple pour le repas. De vieilles dames m'offrent d'abord de la salade
    épicée au crabe. Je n'ai pas pour habitude de faire les difficiles,
    mais ça aurait sans doute été délicieux... si le crabe n'avait pas été
    écrasé tout entier, carapace comprise ! Je ne sais pas si certaines
    d'entre elles comprennent mon désarroi, mais elles insistent lourdement
    sur les épices, m'invitant à ne pas finir mon assiette pour ne pas être
    malade. C'est un cas de force majeure Clin d'oeil. Elles m'offrent ensuite des nouilles au poulet et à la noix de
    coco, puis un bol d'un dessert étrange qui s'avère un vrai délice avec son goût de lait concentré sucré et de noix de coco.  

    Je passe une grande partie de l'après-midi au temple, admirant la ferveur des fidèles. Les arbres à billets sont de plus en plus feuillus, et les fils tendus vers le temple en papier n'auront bientôt plus de place pour accueillir les derniers billets. J'interroge Nyne Chang, vont-ils brûler l'argent avec le moine ? Il éclate de rire, l'argent est pour le temple. Le vieil homme qui m'avait offert la glace au riz au début des festivités m'invite à me recueillir moi aussi devant le moine décédé. Difficile de se défiler même si je sais que tous les yeux seront rivés sur mes gestes maladroits. J'observe une dernière fois les gestes de mes prédécesseurs puis je me lance en compagnie d'une famille, j'espère naïvement passer inaperçue ! Bien que j'ai déjà réalisé un don pour le temple, je décide d'en refaire un et accroche un billet sur un des fils. Tout le monde me regarde, essayant de voir la couleur du billet que j'agrafe. Le moine qui tient le micro aujourd'hui interpèle le vieil homme. Ce dernier me demande le montant de mon billet et le moine poursuit triomphalement "100 baths, thank you !" pendant que je ne sais plus trop où me mettre.
    Vient ensuite le moment de préparer le bûcher. Les fidèles se relaient pour remplir des sceaux de sable et les verser dans le temple de papier. Les moines sont installés sous les tentes et bénissent les fidèles en recevant leurs offrandes. J'aide un moment à leur distribution, avant d'aller dîner dans un des restaurants du centre. Au menu, poisson chat et jus de fruits à la banane, mangue, ananas et tamarin.
    Le moment de la crémation arrive enfin. Le service d'ordre dépose tout le mobilier, les objets précieux et les fleurs hors du temple. Les moines se recueillent une dernière fois puis sortent le corps de la boite et le déposent sur la litière. Nyne Chang m'invite à monter sur l'estrade mais le service d'ordre m'en interdit l'accès. Je confie mon appareil photo à mon ami. Il est aux premières loges pour photographier l'allumage du bûcher. Alors que le brasier est de plus en plus intense, je suis autorisée à le rejoindre. Il m'explique à quel point les gens sont heureux. Cette crémation est extrêmement importante car le moine décédé va maintenant pouvoir exaucer les prières qu'ils ont faites en se recueillant. Demain, une fois que tout le corps sera consumé, les cendres seront placées dans une urne et déposées dans un des bâtiments du temple. Tous les moines n'ont pas ce privilège, la plupart d'entre eux étant enterrée. Je remarque la présence de l'animateur et comprend sa tenue blanche : il est chargé d'entretenir le brasier à l'aide d'un jet d'eau. Je passe un long moment à m'imprégner de l'atmosphère avant de rejoindre Nyne Chang et un de ses amis. Je m'assied un peu à l'écart. Il n'est en effet pas convenable pour une femme de s'asseoir sur une chaise dans la même pièce ou à proximité d'un moine. Mon ami semble bénéficier d'une aura particulière, dont je ne suis pas étonnée, auprès des fidèles. Nombre d'entre eux viennent le trouver pour discuter, lui demander conseil, se faire bénir, et se prosternent à terre devant lui. Il fait preuve d'une grande douceur et sollicitude avec chacun d'entre eux. A l'écart, un autre groupe n'attire aucun fidèle. C'est un groupe de moines thaïlandais à l'abord particulièrement antipathique. Parmi eux se trouve le moine ivre du premier soir. Je trouve son regard particulièrement malsain, et son attitude à mon égard tout autant. Qui se ressemble s'assemble... Une sorte de marabout africain à l'allure particulièrement louche passe une grande partie de son temps avec lui. Celui-ci m'évite depuis qu'il sait que je suis Française et évite systématiquement l'objectif de mon appareil photos, mais Nyne Chang veut absolument une photo de lui et je m'exécute.
    La nuit est bien avancée et il est temps pour les moines de commencer à remettre de l'ordre; du moins les plus vaillants d'entre eux comme mon ami !

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  • Mystérieuse Thewet.

    Arrivée à destination, je suis assaillie de propositions de transport. Comme je déteste qu'on me harcèle avec tant de vigueur, je décide de me mettre à l'écart des autres touristes. Mon ami Phil m'a chaudement recommandé la Sabaidee House, "the Must in the World" m'a t'il dit. Mon bungalow est donc déjà réservé depuis la veille et je les appelle pour savoir comment m'y rendre. Les chauffeurs de tuk-tuk et songthaew me proposant des prix exorbitants, je décide de parcourrir à pieds le petit kilomètre qui m'en sépare. Alors que j'avance sur la route, j'ai la surprise de voir un songthaew m'y conduire gratuitement : il fait partie de la famille du propriétaire !
    Je découvre un vrai petit havre de paix agrémenté d'un grand jardin tropical superbement entretenu. Pour 500 baths (environ 10 euros), je m'installe dans un beau bungalow climatisé et joliment décoré en plein coeur du jardin. 

    Alors que je dîne d'un pad thaï assez ordinaire, le Chilien de la table d'à côté m'aborde. Voilà plusieurs mois qu'il est sur les routes et son parcours ressemble à un vrai marathon. Nous échangeons sur nos projets, il me dit qu'il se laissera peut-être tenté par le même parcours que moi mais je me doute bien qu'il n'en prendra pas le temps...

    Le lendemain, je décide de marcher le long de la rivière en direction du nord. J'ai repéré qu'un chemin la longe sur plusieurs kilomètres, et je suis curieuse de découvrir où il mène. Peut-être parviendrais-je jusqu'à ce mystérieux sanctuaire bouddhiste dont j'ai vu des photos sur un livre de la guesthouse. L'air est plus respirable qu'à Bangkok, bien qu'on se dirige vers les jours les plus chauds. A la mi-avril, la fête de Songkran aura lieu et ce sera l'occasion de fêter le nouvel an bouddhique en s'aspergeant d'eau : il s'agit du jour le plus chaud de l'année.
    La rivière longe d'abord un paisible quartier et un joli temple chinois que je visite. Quelques personnes escaladent les murs pour aller pêcher, d'autres discutent tranquillement au bord de la route ou jardinent. Au bout d'un moment, le paysage devient beaucoup plus sauvage et le chemin se transforme en sentier. La végétation se fait plus dense, les plantations de tabac et les hangars de séchage  se succèdent. Des groupes s'affairent à trier les feuilles séchées sous les maisons sur pilotis. Des baraques sommaires en bois et des ponts suspendus complètent le tableau. Je traverse le premier d'entre eux pour visiter le temple en face.


    Les quelques personnes que je croise sont surprises de me voir marcher et me demandent où je me rends. L'une d'entre elles s'exclame : "Thewet ?" Il semble que je me dirige bien vers le sanctuaire aux mystérieuses statues... Je continue à marcher plusieurs heures, la rivière toujours à ma droite, la végétation toujours aussi belle et les maisons en bois généralement sur pilotis. Je ne me lasse pas du calme de l'endroit et des bruits de la nature. De temps à autre, j'aperçois une frêle embarcation sur l'eau boueuse.


    Alors que j'approche d'un autre pont suspendu, un très vieil homme me fait signe de grimper... sur le porte-bagages avant de son vélo ! Il s'arrête même pour s'assurer que tout va bien, et je lui explique que je me promène. Quelques mètres plus loin, j'arrive au sanctuaire de Thewet. Alors que je m'interrogeais la veille sur l'authenticité de ce lieu, je le découvre en pleine nature, complètement désert et presque à l'abandon. La nature semble reprendre peu à peu ses droits et recouvre même certaines des statues.


    Je me promène tranquillement au milieu des nombreuses statues qui représentent différentes scènes des réincarnations de Bouddha. Le lieu est chargé d'une grande spiritualité, mais certaines scènes sont assez incompréhensibles à notre esprit occidental.


    Je profite longuement du calme du sanctuaire avant de rejoindre la route principale. J'espère y trouver un bus pour rejoindre Sukhothaï. Alors que je marche depuis quelques minutes et que je salue les gens que je croise, un vendeur à l'étalage m'interpelle. Il me demande où je vais et, lorsque je lui réponds "Sukhothaï", il fait de grands signes à sa fille qui grimpe dans une grosse voiture climatisée et me raccompagne !
    Encore une belle journée bien remplie et je compte bien passer une soirée calme et reposante avant de découvrir la vieille ville demain.

  • Ayutthaya.

    Difficile d’obtenir des informations fiables, même par l’Office de Tourisme. Je voudrais prendre un des bateaux pour les locaux, mais on m’indique que ce n’est pas le jour pour le bateau des touristes. Je me résous donc à faire le trajet par le bus qui emprunte la quatre voies jusqu’à Ayutthaya, à 75 kilomètres de là. On nous dépose à l’entrée de la ville, et la jeune caissière du bus tente de persuader tous les touristes de la nécessité d’utiliser un tuk tuk. Ma guesthouse, qu’un jeune Allemand arrivé quelques jours plus tôt m’aide à trouver, est en réalité à quelques rues de là…
    La Baan Suan Guesthouse, située dans la partie historique de la ville, est une belle et grande maison en teck au milieu d’un jardin tropical. Quelques bungalows de charme ont été également aménagés dans le jardin. Seule une
    chambre, climatisée mais sans salle de bain (350 baths, non négociée), est
    disponible. Le lieu est agréable avec sa grande terrasse surplombant le jardin, et je décide donc de m’y installer. Après une douche très appréciée, je profite un peu de la terrasse avant de partir explorer les environs. Les temples les plus importants de la ville ne se trouvent qu’à quelques mètres de là.

    Ayutthaya, dont le nom complet est « Phra Nakon Sri Ayutthaya » (ville sainte d’Ayutthaya) fait partie des trésors du patrimoine thaïlandais et est classée au patrimoine mondial par l’Unesco. Avant-poste commercial et militaire khmer, elle devint la capitale de Rama Thibodi Ier en 1351. La cité bénéficiait d’une situation géographique idéale, protégé par plusieurs rivières dont le cours fut dévié et canalisé afin de créer un réseau de communications et une forteresse qui se voulait imprenable.

    Rama Thibodi lui donna le nom d’un royaume mythique décrit dans le Ramakien, (version siamisée de l'épopée hindoue du Ramayana) puis
    entama la construction de palais et de temples. Fervent adepte du bouddhisme Theravada, il invita des moines de Sri Lanka à venir administrer la plupart des activités religieuses de la cité royale.

    Durant ses quatre siècles d’existence, Ayutthaya vit se succéder trente-trois rois, qui érigèrent chacun de nouveaux temples et palais tout en embellissant les édifices existants.

    Après quatre siècles de pouvoir et de gloire, Ayutthaya connut le déclin. Durant deux ans, la cité résista au siège des Birmans avant de s’avouer vaincue en 1767 (Extraits du National Geographic). Bangkok devint la nouvelle capitale.

    A la fin du XVIIème siècle, la ville comptait plus d’un million d’habitants, environ 1 700 temples et 30 000 moines, et plus de 4 000 bouddhas, en or
    massif ou dorés à l’or fin. En plus des destructions opérées par les Birmans,
    les Siamois utilisèrent les matériaux des anciens temples et pagodes pour
    construire ceux de Bangkok. Ils laissèrent le reste à l’abandon. Seuls une
    cinquantaine de temples ont survécu, ainsi que certains monuments et bouddhas couchés.

    Je visite d’abord le Wat Phra Mahatat, qui renferme un des plus célèbres sujets de photo de Thaïlande : une tête de bouddha en pierre, enserrée dans les racines d’un vieux et gigantesque figuier. Au moment des fouilles, on y
    découvrit nombre de bijoux et objets religieux de grande valeur.



    Dans un grand parc agrémenté d’odorants frangipaniers, des prang, hautes tours-reliquaires en pierre ou en briques, entourent de grandes statues de bouddhas plus ou moins bien conservées, auxquelles les fidèles viennent rendre hommage. De l’autre côté d’un mur, on peut observer les beaux prang d’un autre temple, le Wat Ratchaburana. Ce dernier doit uniquement sa célébrité à la découverte, en 1 957, d’un fabuleux trésor caché dans une crypte : des objets en or et en bronze, des bouddhas et autres merveilles provenant d’Angkor Thom ou créés par les artisans de la ville.

    Je décide de faire une grande boucle pour découvrir les principaux temples de la ville.
    Mon étape suivante est le Wat Phra Ram, construit en 1 369 à l’emplacement du tombeau de Rama Thibodi, entouré d’un bassin couvert de nénuphars géants. Un groupe de touristes monté sur des éléphants vient d’y faire une halte et j’en profite pour photographier les retardataires.



    Je poursuis ma route vers le Wat Phra Si Sanphet en traversant le parc de la villa Khum Khum, construite en 1 894 pour accueillir la prison locale. Du temple qui le jouxte, la vision de ses trois chedi blancs (tour-reliquaire en forme de cloche, ce qu’on appelle « stûpa » en Indonésie, notamment à Borobudur) attire irrésistiblement. Le coucher du soleil enveloppe le lieu d’une atmosphère particulière. Seuls quelques Thaïlandais venus déposer des offrandes ou vêtir un bouddha pour accroître leur mérite, s’y promènent.



    Le soir, je décide de me rendre au marché de nuit. Je passe à côté du Wat Ratchaburana, qui paraît hanté sous son éclairage faisant ressortir ses pierres et ses arbres décharnés. Au marché, le sourire bienveillant d’une mamie me donne l’envie de goûter ses spécialités. Pour 27 baths (0,50 euros), je déguste des bouchées vapeur colorées, avant de finir la soirée sur l’agréable terrasse de ma guesthouse.

    Le lendemain, alors que je me rends vers la gare et d'autres beaux temples de l'autre côté de la rivière, je croise un joyeux défilé. Il s'agit en fait de Chinois, déguisés et portant force offrandes et fleurs. La plupart pose volontiers devant mon objectif avant de grimper dans des camionnettes pour un autre quartier. En chemin, je visite plusieurs temples. Dans l'un d'eux, je découvre des tombes en forme de chedi : les Thaïlandais les plus fortunés s'offrent ce type de sépulture.



    Je m'imprègne de l'atmosphère d'un marché traditionnel. Je n'ai jamais pu résister à ce genre d'ambiance et à la curiosité suscitée par tous les parfums, couleurs, sons et formes inconnues. J'y découvre des spécialités culinaires assez déroutantes : des oeufs peints en rose, des crapauds éventrés, des petites tortues de Floride qui se mangent avec la carapace, des nouilles roses ou vertes, des poissons séchés à l'air libre ou dans des paniers en osier, des monticules de pâte épicée, des sachets et de grosses marmites de plats cuisinés, des confiseries aux formes, couleurs et consistance étranges... Soudain, l'hymne national retentit et je me souviens qu'à Bangkok tout le monde s'était arrêté de marcher lorsque j'étais à Chatuchak avec Pat. Sur une passerelle au-dessus de moi, une femme me sourit d'un air approbateur en me voyant stopper.

    J'arrive à l'embarcadère du bac que j'emprunte pour me rendre à la gare. J'y achète mon billet pour le lendemain, avant de poursuivre vers le Wat Yai Chaya Mongkol. Je m'arrête dans un premier temple, où de jeunes fidèles prient et font des offrandes à un très vieux moine ressemblant à Gandhi.

    Avant que la batterie de mon appareil photos ne me prenne en défaut, je photographie le grand chedî entouré de grands bouddhas drapés d'orange, ainsi que le grand bouddha blanc couché.




    J'admire ces bouddhas que je ne peux photographier, avant de grimper au sommet du chedî, d'où la vue me fait regretter encore plus mon imprévoyance. Je me promène dans le parc, où une nonne assise dans un cabanon, me fait des signes : veut-elle me chasser ou me faire approcher ? Impossible de le déterminer... D'autres magnifiques statues blanches, rassemblées en prière, attirent mon regard. La nonne insiste, je m'approche, nous verrons bien... Je suis les gestes qu'elle me demande de faire pour l'honorer et me bénir, et je comprends vite qu'elle souhaite de l'argent. Elle me tend une enveloppe où je glisse un billet, et elle me remet un sachet qu'elle me demande de cacher dans mon sac... J'y découvrirai deux bananes... et des médicaments !
    Je continue par la visite du Wat Phanan Choeng. Ce temple renferme un énorme bouddha assis de 19 mètres de haut, don d'un empereur chinois. Lorsque j'arrive près de la salle qui le renferme, je n'ose entrer tant la ferveur des fidèles est impressionnante. Ils sont assis sur le sol, face à la gigantesque statue. Un moine prononce quelques paroles et psalmodies. Puis deux hommes grimpés sur la statue déroulent un immense tissu orange dont les fidèles se couvrent pour prier. Les deux hommes hissent à nouveau le tissu sur l'épaule gauche de la statue, comme pour la draper. J'entre après que les fidèles soient sortis et je m'assied sur les marches de l'entrée pour observer le nouveau groupe. Chacun porte au moins un plateau sur lequel est posé un tissu orange et se recueille, assis aux pieds de la statue. Les tissus sont lancés aux deux hommes sur la statue qui les nouent les uns aux autres et les hissent sur l'épaule de la statue. Une fois l'opération terminée, ils déroulent le long tissu obtenu, d'une taille encore plus impressionnante que le précédent.

    Je prends le temps d'admirer les superbes statuettes précieuses détenues par le temple, avant de visiter le reste du temple, aux magnifiques bâtiments et statues de style chinois. Le parc est superbement entretenu et au bord de l'eau. Je m'y promène un moment, avant d'y reprendre un bac pour l'autre côté.
    Le soir, je mange mon premier et le plus délicieux pad thaï de mon séjour au restaurant Malakor. Ici, le cuisinier le prépare avec des noodles de différentes largeurs, des crevettes, des cacahuètes, du tofu, des épices et du citron vert, et je le relève d'une bière, le tout pour 90 baths. La vue sur le Wat Ratchaburana éclairée est de surcroît splendide. Je laisse un billet de 100 au serveur, qui me remercie comme si je lui abandonnais une fortune. On m'expliquera plus tard que rares sont les touristes laissant un pourboire... Je finis tranquillement la soirée par une promenade autour des deux temples, bercés par le chant des oiseaux, grenouilles et cigales. Demain, c'est le départ pour Phitsanulok et Sukhothaï.