Mystérieuse Thewet.

Arrivée à destination, je suis assaillie de propositions de transport. Comme je déteste qu'on me harcèle avec tant de vigueur, je décide de me mettre à l'écart des autres touristes. Mon ami Phil m'a chaudement recommandé la Sabaidee House, "the Must in the World" m'a t'il dit. Mon bungalow est donc déjà réservé depuis la veille et je les appelle pour savoir comment m'y rendre. Les chauffeurs de tuk-tuk et songthaew me proposant des prix exorbitants, je décide de parcourrir à pieds le petit kilomètre qui m'en sépare. Alors que j'avance sur la route, j'ai la surprise de voir un songthaew m'y conduire gratuitement : il fait partie de la famille du propriétaire !
Je découvre un vrai petit havre de paix agrémenté d'un grand jardin tropical superbement entretenu. Pour 500 baths (environ 10 euros), je m'installe dans un beau bungalow climatisé et joliment décoré en plein coeur du jardin. 

Alors que je dîne d'un pad thaï assez ordinaire, le Chilien de la table d'à côté m'aborde. Voilà plusieurs mois qu'il est sur les routes et son parcours ressemble à un vrai marathon. Nous échangeons sur nos projets, il me dit qu'il se laissera peut-être tenté par le même parcours que moi mais je me doute bien qu'il n'en prendra pas le temps...

Le lendemain, je décide de marcher le long de la rivière en direction du nord. J'ai repéré qu'un chemin la longe sur plusieurs kilomètres, et je suis curieuse de découvrir où il mène. Peut-être parviendrais-je jusqu'à ce mystérieux sanctuaire bouddhiste dont j'ai vu des photos sur un livre de la guesthouse. L'air est plus respirable qu'à Bangkok, bien qu'on se dirige vers les jours les plus chauds. A la mi-avril, la fête de Songkran aura lieu et ce sera l'occasion de fêter le nouvel an bouddhique en s'aspergeant d'eau : il s'agit du jour le plus chaud de l'année.
La rivière longe d'abord un paisible quartier et un joli temple chinois que je visite. Quelques personnes escaladent les murs pour aller pêcher, d'autres discutent tranquillement au bord de la route ou jardinent. Au bout d'un moment, le paysage devient beaucoup plus sauvage et le chemin se transforme en sentier. La végétation se fait plus dense, les plantations de tabac et les hangars de séchage  se succèdent. Des groupes s'affairent à trier les feuilles séchées sous les maisons sur pilotis. Des baraques sommaires en bois et des ponts suspendus complètent le tableau. Je traverse le premier d'entre eux pour visiter le temple en face.


Les quelques personnes que je croise sont surprises de me voir marcher et me demandent où je me rends. L'une d'entre elles s'exclame : "Thewet ?" Il semble que je me dirige bien vers le sanctuaire aux mystérieuses statues... Je continue à marcher plusieurs heures, la rivière toujours à ma droite, la végétation toujours aussi belle et les maisons en bois généralement sur pilotis. Je ne me lasse pas du calme de l'endroit et des bruits de la nature. De temps à autre, j'aperçois une frêle embarcation sur l'eau boueuse.


Alors que j'approche d'un autre pont suspendu, un très vieil homme me fait signe de grimper... sur le porte-bagages avant de son vélo ! Il s'arrête même pour s'assurer que tout va bien, et je lui explique que je me promène. Quelques mètres plus loin, j'arrive au sanctuaire de Thewet. Alors que je m'interrogeais la veille sur l'authenticité de ce lieu, je le découvre en pleine nature, complètement désert et presque à l'abandon. La nature semble reprendre peu à peu ses droits et recouvre même certaines des statues.


Je me promène tranquillement au milieu des nombreuses statues qui représentent différentes scènes des réincarnations de Bouddha. Le lieu est chargé d'une grande spiritualité, mais certaines scènes sont assez incompréhensibles à notre esprit occidental.


Je profite longuement du calme du sanctuaire avant de rejoindre la route principale. J'espère y trouver un bus pour rejoindre Sukhothaï. Alors que je marche depuis quelques minutes et que je salue les gens que je croise, un vendeur à l'étalage m'interpelle. Il me demande où je vais et, lorsque je lui réponds "Sukhothaï", il fait de grands signes à sa fille qui grimpe dans une grosse voiture climatisée et me raccompagne !
Encore une belle journée bien remplie et je compte bien passer une soirée calme et reposante avant de découvrir la vieille ville demain.

Stéphanie LANGLET sur Google+