Des avancées significatives pour les droits de l'Homme en Chine.

Peine de mort en chine

Au printemps dernier, le nouveau Premier Ministre chinois Li Kegiang avait annoncé une réforme majeure pour la fin d'année. Le Parti communiste s'apprête à diminuer l'usage de la peine de mort, à fermer les camps de rééducation par le travail et alléger la politique de l'enfant unique.

La condamnation à mort.

La République populaire de Chine est le premier pays au monde en nombre d'exécutions de condamnés à mort. Elle est cependant 7ème en proportion de sa population, derrière Singapour (réputé aussi pour ses atteintes aux droits de l'Homme - manifestations sans autorisation et grève interdites, censure, auto-censure, contrôle de la natalité...), l'Arabie Saoudite, la Biélorussie, le Sierra Léone, le Kirghizistan et la Jordanie.

Depuis une dizaine d'années, on observe un net ralentissement du nombre d'exécutions. Il y en aurait eu encore cependant 4000 en 2011...

En février 2011, une première avancée avait pu être notée, avec l'abolition de la peine de mort pour 13 crimes dits non-violents. Les sentences de mort sont essentiellement appliquées aujourd'hui pour des crimes suivis de mort (la peine est cependant parfois diminuée si le criminel s'est confessé honnêtement ou a dédommagé la famille à temps)  ou des trafics de drogue (la quantité de drogue étant l'élément déterminant de la condamnation).

Cette peine serait appliquée avec plus de souplesse et jugée plus rare au Tibet.

La mort par injection létale, jugée moins violente pour les proches et les personnes présentes, est de plus en plus utilisée et devrait à terme remplacer totalement l'exécution par arme à feu. Des raisons médicales expliqueraient aussi cet abandon progressif (propagation du virus HIV).

Avant 2007, l'exécution s'accompagnait de ce que certains ont qualifié de double peine : le prélèvement d'organes. Aujourd'hui, le condamné doit avoir donné son autorisation préalable et une campagne de communication incite au don d'organe.

Les camps de rééducation.

Le laogai - camp de rééducation par le travail - a été instauré en 1957 sous Mao Tsé Toung pour punir des délits mineurs. Il est utilisé aujourd'hui à la fois par la police contre les délinquants, mais aussi par les autorités locales pour se débarrasser des contestataires, sans même avoir à passer par les tribunaux.

La durée de travail forcé est sensé être de 4 ans. En réalité, on pourrait encore y trouver des Chinois emprisonnés suite aux évènements de 1989 sur la place Tian'Anmen. De nombreux pratiquants du Falun Gong - Roue de la Loi, école Qi Gong visant à cultiver l'esprit et le corps - y seraient également détenus par peur du gouvernement de les voir s'organiser pour renverser le pouvoir.

Le laogai fonctionne également comme une entreprise, avec un Directeur à sa tête, et permet de produire sans coût de main d'oeuvre diverses marchandises (jouets, thé noir, amiante, pièces automobiles...). Ce business rapporterait en moyenne 200 millions par an !

Les estimations sont très variables : 1 000 camps d'après le gouvernement, 4 000 selon la Fondation de recherche sur le laogai. Des centres de détention et des prisons fonctionnent en effet comme ces camps et sont transformés en mines, fermes, usines. 190 000 personnes y seraient enfermés selon le Nouvel Obs, entre 4 et 6 millions selon la Fondation pré-citée. Plus de 50 millions de Chinois y auraient fait un séjour, et 20 millions y seraient morts de faim, fatigue, froid, exécutés etc...

La politique de l'enfant unique.

Depuis 1979, un couple de l'ethnie Han (majoritaire) ne peut avoir deux enfants que si les parents sont eux-mêmes enfant unique. Cette règle ne s'applique donc pas aux autres ethnies, dont le taux de fécondité est 8 fois supérieur aux Han. Bien que ces derniers représentent plus de 90% de la population,  48% des nouveaux-nés étaient issus des ethnies minoritaires entre 2000 et 2005.

En parallèle, la politique du wan xi shao - mariage tardif, naissances peu rapprochées et peu nombreuses - a imposé un âge légal de mariage de 22 ans minimum pour les hommes, 20 ans pour les femmes. De surcroît, l'enfant de sexe masculin est privilégié, d'autant plus que celui-ci restera dans sa famille pour prendre soin de ses parents.

55% des Chinoises ont subi au moins un avortement, et 70% d'entre elles déclarent souhaiter plus d'un enfant sans le pouvoir.

Ces lois s'accompagnent de stérilisations et avortements forcés, d'enfants "noirs" (cachés), d'infanticides, de trafics de femmes (suite au déséquilibre entre le nombre d'hommes et de femmes, certaines d'entre elles sont enlevées puis vendues à de riches célibataires) et d'enfants (entre 30 000 et 60 000 enfants disparaissent chaque année), de corruption (les nouveaux riches peuvent payer l'amende encourue en cas d'inobservation de cette politique).

Avec la réforme, un couple dont un seul parent est enfant unique, pourra avoir deux enfants.

Et vous, que pensez-vous de ces annonces ?

Stéphanie LANGLET sur Google+