Angkor

  • Bagan. Ah, Bagan...

    C'est mon dernier jour à Bagan et j'ai décidé de buller; enfin, tout est relatif puisque j'ai commencé par aller en ville réserver mon billet pour le Lac Inle - environ quatre kilomètres à pied, puis j'ai pris un pick-up pour visiter le musée archéologique de Old Bagan avant de poursuivre ma marche vers un vieux monastère découvert la veille. Du haut de son toit terrasse, on a une des plus belles vues sur une centaine de temples perdus dans la végétation et la brume, dont certains des plus beaux et plus importants du site. De temps à autre, un vendeur de souvenirs m'apercevant de la petite route en contrebas me rejoint, mais l'importun comprend vite que j'ai envie de rester seule et de reprendre mon récit...

    Bagan depuis une terrrasse

    Lorsque j'ai rejoint en moto-taxi la gare routière de Magwe, nous avons rattrapé des moines marchant silencieusement en file indienne, serrant contre eux leur bol à aumônes. Un, dix, vingt, cent, deux cents... Impossible de tous les compter tant ils étaient nombreux. Le silencieux cortège était d'autant plus impressionnant qu'il n'y avait pas un bruit dans cette nuit noire...

    Les quatre heures de route pour rejoindre Bagan sont passées vite, les paysages et les villages se succédant étant de toute beauté. Le Myanmar semble ne pas avoir changé depuis l'époque de Bagan, comme en attestent les nombreuses maisons de bambou tressé et au toit en feuilles de palme qui existaient déjà ainsi au 11eme siecle. Certains hameaux sont faits de constructions encore plus rudimentaires. Les habitations ressemblent à des toiles de tente faites de palmes. Pas d'électricité ni d'eau courante. Ici comme à la période Bagan, on utilise de grandes cruches artisanales pour conserver l'eau dont on a besoin. Les toilettes sont un luxe connu seulement de quelques uns, qui ont construit de petits cabanons en bambou et sur pilotis. Parfois, le paysage prend des airs de savane africaine. Tout y concourt, de la végétation brûlée par l'ardeur du soleil aux récoltes rangées en forme de huttes; puis, alors que le climat est toujours aussi aride et après de nombreux kilomètres dans cet étrange désert de terre rosée, les palmiers reprennent leurs droits, nous rappelant sur quel continent nous sommes...

    Charrette de buffles Bagan

    Bagan séduit rapidement. Non seulement le site comprend près de trois mille temples et monastères, mais il est en plus très préservé. Les autorités ne se sont pas senties obligées de construire des routes goudronnées partout et on emprunte souvent des sentiers de terre pour se rendre vers les restaurants, guesthouses et temples. Après mes expériences hôtelières peu attrayantes, j'ai décidé de me faire plaisir avec une belle chambre dans un beau complexe verdoyant avec piscine (Golden Express, de 21 a 35 dollars, pdj compris). Le matin, le copieux déjeuner buffet se prend sur une belle terrasse d'où on voit quelques temples.

    Temples de Bagan

    J'ai sillonné les nombreux sentiers du site, tantôt à pied, tantôt à l'arrière d'un scooter ou même d'un vélo, en pick-up; j'ai grimpé sur beaucoup de terrasses offrant des panoramas magnifiques sur d'autres temples; j'ai troqué mes pantalons contre un longgy, le tissu traditionnel que l'on drape autour de la taille pour s'en faire une jupe longue; je me suis extasiée sur des peintures et sculptures habillant certains temples; j'ai ri avec des Birmans, parfois recueilli leurs confidences à l'ecart d'oreilles indiscrètes - je ne peux en dire plus pour l'instant... ; j'ai vu quelques jolis couchers de soleil; je me suis étonnée qu'une Birmane ne puisse toucher une représentation de Bouddha alors que moi...; j'ai lutté à ma facon, proposant la voie du milieu - mais n'est-ce pas justement la définition que donnent les Birmans à leur type de bouddhisme...; j'ai même été malade, à croire mon estomac blindé après toutes mes expériences culinaires aventureuses à moins que, plus probablement, je ne supporte pas cette nourriture trop riche et trop grasse; je me suis parfois agacée d'être sollicitée régulièrement pour des achats... Bref, j'ai expérimenté Bagan de près et je l'ai trouvée peut-être encore plus belle qu'Angkor !

    Coucher de soleil Bagan

    Je finis ces quelques lignes sur la terrasse d'un autre temple à deux pas de mon hôtel, face au coucher de soleil sur quelques temples embrumés. Pyay était le temple de grosses chauve-souris qui peuplaient ses arbres au bord de la rivière Ayearvady. Bagan est le paradis des écureuils s'ébattant dans une nature préservée. Les montagnes au loin se drapent d'orangé et ce sera bientôt l'heure pour moi de revenir à la réalite et d'envoyer enfin toutes ces impressions de voyage...

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  • Les temples d'Angkor : Préah Khan

    Le temple du glaive sacré  est un des plus célèbres du complexe. Il fut édifié à Nagarajayashri, l' "heureuse cité de la victoire" par Jayavarman VII. Il est dédié à la fois à son père et à 515 personnes divinisées par des représentations hindoues et bouddhiques.

    97 840 personnes y vivaient, dont un millier d'étudiants et autant de danseuses. On pense qu'il s'agissait d'une université bouddhique.

    Un bâtiment à deux étages faisant penser à une structure gréco-romaine se tient vers le nord. Il abritait vraisemblablement le glaive sacré. Cette épée d'acier longue de 108 centimètres, à la garde incrustée de pierres et au fourreau d'or et d'argent figurant des scènes du Râmâyana, a disparu du palais royal de Phnom Penh à l'arrivée des Khmers rouges au pouvoir.

    Selon les inscriptions, les murs étaient ornés de pierres et de métaux précieux, ainsi que de 1 500 tonnes de bronze. Le stupa du sanctuaire aurait le pouvoir d'exaucer les voeux d'après les Bouddhistes. Au nord, à l'ouest et au sud, on trouve un temple dédié à Shiva, un autre à Vishnou et le dernier aux anciens rois d'Angkor. Partout, les murs sont splendidement décorés.

    Parmi les plus belles gravures, on trouve un fronton décoré de Vishnou couché sur un naga. La fleur de lotus qui pousse au-dessus de lui symbolise le début d'un nouveau cycle cosmique de l'Univers.

    Un mur couvert d'ascètes méditant sous des jaquiers est également particulièrement impressionnant. Ils sont reconnaissables à leur posture yogique et leurs cheveux coiffés en chignon.

    Sur la muraille de grès intérieure, on peut voir 72 Garuda  de 5 mètres de haut. Le long de la chaussée, on retrouve les devas et asuras du barattage de la mer de lait.

    Toutes les photos : https://skydrive.live.com/?cid=4391f06a356f4ffc&sc=photos#cid=4391F06A356F4FFC&id=4391F06A356F4FFC!14397&sc=photos

  • Les temples d'Angkor : Neak Pean

    Construit par Jayavarman VII avant la fin du XIIème siècle, le "Neak Poan" ou "Nâga enlacés" est une île artificielle d'environ 350 mètres de côté, érigée au milieu d'un réservoir.

    Il doit son nom aux motifs de serpents (les nâga mythologiques) encadrant le soubassement du sanctuaire central. Une inscription le mentionne comme "une île éminente, tirant son charme de ses bassins et nettoyant la boue des péchés de ceux qui l'abordent". Les bassins en question sont au nombre de quatre. Ils étaient alimentés par un système complexe de fontaines anthro et zoomorphes. Au Nord, c'est un éléphant.

    A l'Est, une tête d'homme.

    Au Sud c'est une tête de lion; et à l'Ouest une tête de cheval.

    La fonction mystique curative de ses eaux était dès lors probable pour les croyances de l'époque, d'autant que le mythe de la délivrance d'un groupe de naufragés par le cheval Balâha, métamorphose de Lokesvara, y est représenté. Les sculptures surmontant les quatre chapelles et ornant le prasat central illustrent des épisodes de la vie de Bouddha.

     

  • Les temples d'Angkor : Prasat Krol Ko

    Lorsqu'on continue sur la route principale du grand circuit en direction de Neak Pean et de Preah Khan, on trouve à droite un temple bouddhiste très paisible, tellement paisible qui j'y étais seule.

    La lumière de début d'après-midi lui donnait en plus une très jolie teinte dorée.

    En recherchant des informations sur ce temple sur internet, j'ai réalisé encore plus la chance que j'avais eu de le voir ainsi.

    La luminosité à cette heure-là frisait la perfection et le temple baignait littéralement dans la lumière.

    La photo suivante représente vraisemblablement un rite de fertilité.

    Prasat Krol Ko fut construit à la fin du XIIème siècle par Jayavarman VII.

    Krol Ko signifie "le parc à boeufs".