Hong Kong

  • Contenu des rubriques sur la Chine

    Vieilles femmes dongs

    Aussi décriée puisse t’elle être, la Chine ne cesse de fasciner par l’étrangeté de sa culture, l’immensité de ses territoires, la diversité de ses peuples… Je la découvrais pour la première fois en avril 2008, au départ de Hong Kong. Je me suis ensuite dirigée via Canton et Guilin vers le Qiandongnan, le pays des Dong et des ponts du vent et de la pluie. Ce fut l’occasion de rencontrer et voyager avec mon très cher ami Lei, qui est devenu comme mon petit frère. En septembre 2010, Lei m’accueillait à l’aéroport de Shanghaï où il avait emménagé après notre rencontre. Cette fois, direction le Qinghaï et le Gansu, dans l’ancienne province tibétaine de l’Amdo. Au programme, fabuleux monastères et culture tibétaine. J’ai malheureusement perdu l’ensemble du récit de ce voyage, le site chine-informations.com ayant supprimé sa plateforme de blogs sans daigner prévenir l’ensemble de ses utilisateurs !!!

    Dans les différentes rubriques sur la Chine, vous trouverez le récit de mon premier voyage, des vidéos, des bons plans, des photos envoyés par d’autres voyageurs et des avis sur mes lectures de littérature chinoise.  

  • Peng Chau et Lantau Islands.

    Je prends le ferry pour la dernière randonnée de mon voyage. Destination la petite île de pêcheurs de Peng Chau, tout près de celle de Lantau, puis le monastère trappiste sur cette dernière. De petits autels aux couleurs vives accueillent les visiteurs, qui trouvent facilement le chemin pour faire le tour de l'île.

    Autels peng chau hong kong

    Le sentier longe la côte joliment découpée, offrant de beaux points de vue sur les îles environnantes et le Disneyland chinois. De ce côté, quelques plages sauvages attirent le regard : sable blanc, végétation, jolis gros cailloux couleur sable... et dépotoir. Quel dommage de ne pas mettre en valeur et préserver un si bel environnement ! J'arrive au village principal, d'abord un bidonville avant d'atteindre une plage de sable fin où baignent de vieilles barques à moitié coulées.

    L'ensemble dégage un charme bucolique qui ne me laisse pas indifférente, d'autant qu'il n'y a pratiquement personne ici. Je repère sur une carte le temple du village et l'embarcadère du bac pour Lantau, avant de grimper dans les hauteurs, au milieu de la végétation et des champs de bananiers, pour jouir d'une vue plongeante sur la baie.

    Temple peng chau island

    Le sentier poursuit dans les hauteurs et offre un panorama exceptionnel.

    J'embarque ensuite pour l'île de Lantau. Notre bac fait une première escale près de Disneyland, avant de repartir pour sa prochaine destination : la mienne.

    Après une jolie traversée, paysage d'îlots et bateaux flottant tranquillement sur la Mer de Chine, mes compagnons me déposent au départ du chemin de croix pour le monastère. Je suis la seule à descendre ici, où seule une route sinueuse monte dans les hauteurs, au milieu de la végétation toujours omniprésente. Je me fais l'effet d'un Robinson, qu'un équipage qui n'a plus assez de vivres a déposé à l'autre bout du monde. De l'autre côté de la mer : la civilisation. Du mien, quelques cartons déposés sur le sol, qui ont été descendus en même temps que moi. Je commence mon ascension, découvrant en contrebas une belle côte déchirée aux criques paradisiaques et inaccessibles.

     Lantau island hong kong

    Je me délecte du silence de ce paradis du bout du monde, les sens éveillés par la moindre chenille colorée et poilue. Je parviens au monastère, idéalement situé au sommet de la colline et dominant la mer. Je traverse un joli pont pour me rendre vers l'église que je visite. De là, j'aperçois le monastère, dont l'accès est interdit. Je retrouve le chemin de crêtes, accompagnée de la douce musique de cascades.

    Le paysage s'ouvre à nouveau, laissant apparaître la mer et les îlots. Bientôt, le retour à la civilisation, ce sportif faisant son footing, cette femme promenant ses chiens, les bruits ne seront plus les mêmes. Alors je m'attarde, je m'assied au bord de ce chemin, un magnifique panorama se déroulant devant de moi, la végétation m'entourant, et je m'imprègne une dernière fois de ce paradis du bout du monde...

    Les photos de Peng Chau

    Les photos de Lantau

  • Central, Sheung Wan et Western.

    Aujourd'hui, je suis impatiente de découvrir Hollywood Road et Cat Street. La première est réservée aux antiquaires et j'adore les beaux objets anciens, la seconde à un petit marché aux puces. Entre les deux, je pourrai aussi visiter le Man Mo Temple, le plus vieux temple de Hong Kong, datant de 1848. Man est le Dieu des Lettres, des Mandarins et des Fonctionnaires. Quant à Mo, c'est la divinité des Arts martiaux et il fait l'objet d'un culte, à la fois de la part de la pègre locale, mais aussi de la police !
    J'opte bien sûr pour le ferry plutôt que le métro pour me rendre à Central, qui sera mon point de départ. Je marche le nez levé, admirant les eaux immeubles modernes du quartier, pour me rendre sur Des Voeux Road, d'où part le plus grand escalier mécanique extérieur du monde (800 mètres) en direction du Victoria Peak. De 6h à 10h, il fonctionne dans le sens de la descente, pour emmener les employés des quartiers riches à leur travail; alors que le sens s'inverse de 10h20 à minuit. Il transporte près de 40 000 personnes chaque jour.

    Parfois, il faut revenir en arrière pour emprunter la sortie souhaitée, mais il présente le grand avantage de pouvoir découvrir sans peine les différentes strates de la ville et de se repérer à travers les jolies artères qui le bordent avant de partir les explorer.

    Hong kong central

    Je descends au niveau des ruelles pentues et étroites encombrées d'échoppes traditionnelles et souvent basiques. Chaque ruelle a sa spécificité : ici, ce sont des petites gargotes, là les marchands de volailles, puis ceux de poissons, de viande, la suivante est réservée aux légumes, cette autre aux fruits, plus loin ce sont les plantes, puis vient le tour des marchands d'artisanat, décoration et souvenirs... Tout cela au milieu de l'agitation et à deux pas des grands immeubles et des écrans géants numériques du quartier de Soho.

    Je replonge dans la modernité des grandes artères modernes, aux belles devantures et aux hauts immeubles aux vitres colorées. Je visite le Western Market, dont seul le style extérieur et les tramways environnants, couverts de publicité, valent le détour.

    J'arrive dans un quartier bien plus intéressant, celui de Sheung Wan, typiquement chinois avec ses boutiques de produits médicinaux ou culinaires : bocaux de racine de ginseng, d'hippocampes, de produits médicinaux faits à partir de champignons, plantes ou membres d'animaux, ailerons de requins entassés, brochettes d'animaux étranges, paniers d'oeufs de cent ans. Je retrouve l'ambiance du marché de Qinping à Canton.
    En chemin vers le Man Mo Temple, je découvre les magasins de cadeaux pour les tombes des ancêtres et de rutilents cercueils. Juste à côté, les boutiques de tissus pour fabriquer... les robes de mariée ! En levant la tête un peu plus loin, je suis étonnée de la présence incongrue d'un temple au premier étage d'une habitation. J'arrive au Man Mo Temple, en plein coeur d'une large artère. Les statues ont la peau de couleur foncée, noire pour certaines, et la construction respecte les principes traditionnels : une porte à l'intérieur, à quelques centimètres de l'entrée, permet de fermer les lieux sans enfermer, pour empêcher les esprits d'y pénétrer. Comme à Bali, les esprits ne savent pas tourner et ne font qu'avancer droit devant eux. Les serpentins d'encens portent les noms de leur donateur sur du papier rouge porte-bonheur.

    Man mo temple

    Je suis finalement assez déçue par le quartier des antiquaires et le marché aux puces, où les boutiques de luxe cotoient les étals attrape-touristes. Peut-être avais-je vu toute la journée beaucoup trop de choses dépaysantes pour apprécier vraiment le lieu...

    Les photos de Hong kong

  • Cheung Chau Island, un petit bout de paradis.

    Changement d'ambiance, direction une des nombreuses îles de Hong Kong : Cheung Chau. Le ciel bleu est idéal pour découvrir ce petit coin de paradis et la traversée en ferry ajoute au charme de la découverte. On ne cesse de découvrir de nouveaux îlots verdoyants et de croiser des embarcations flottant paisiblement sur le beau bleu de la Mer de Chine.
    Je remarque les décorations rouges et jaunes des bateaux et les fanions accrochés sur le rivage.

    Je scrute la côte, à la recherche d'une quelconque procession, sans succès. A peine débarquée, je découvre un grand panneau en chinois. Impossible de comprendre ce qui est inscrit, hormis les dates des 23 et 24 avril; zut, les festivités sont prévues demain !


    Je me repère rapidement sur un plan, puis décide de longer la côte, à la recherche des nombreux temples de l'île. Au bout de quelques mètres, je visite le marché aux poissons. J'ai du mal à reconnaître certaines de ces créatures aquatiques. Sur plusieurs étals, je vois ce que j'ai pu lire : des poissons tranchés en deux vivant, dont le coeur bat encore... En Chine, on pense en effet que plus on fait souffrir une bête au moment de sa mort, meilleure sera la chair. J'entends soudain de l'animation dans la rue. J'écourte ma visite pour suivre la musique et je rejoins rapidement une procession : des panneaux décorés, des offrandes, et même un lion. Arrivée au débarcadère, elle stoppe et le lion se lance dans une danse frénétique et acrobatique, au son des instruments : un tambour, des cymbales et un gong qui suivent le rythme de ses mouvements. Les danseurs, généralement des pratiquants de kung Fu, sont d'une habileté remarquable. Un homme m'aborde et m'explique qu'il s'agit des festivités en l'honneur de la Déesse de la mer, Tin Hau; ceci explique les préparatifs au temple de Tin Hau la veille... Il m'invite à les rejoindre à l'autre bout de l'île, où les danses vont se poursuivre. Le lion reprend sa danse pour monter sur un bateau. Une fois installé, il se tourne vers moi et continue sa danse endiablée. Au bout de quelques minutes, le bateau prend le large, le lion, les panneaux et les offrandes à son bord. Je longe le mer pour les rejoindre, je ne sais pas exactement où ils se rendent.

    Danse du lion

    En chemin, je m'arrête aux nombreux autels disposés à l'extérieur ou dans les temples et je croise la route de gens chargés d'offrandes... parfois vivantes. Il semble que chaque groupe familial ou associatif rivalise d'offrandes ou d'animations pour offrir la plus belle procession. Les statues de Tin Hau ont été parées de leurs plus beaux atours et certains temples ont été richement décorés.

    Même les bateaux arborent leur tenue de fête et j'admire la baie cerclée de tous ces îlots pendant ma longue marche vers le temple principal. Au loin, j'aperçois le lion dansant sur son bateau, avant que tout ce petit monde descende à terre. A mon arrivée, je retrouve le lion se prosternant devant l'autel et une profusion d'offrandes a été disposée sur une grande terrasse dominant la mer. Des hommes lancent des sortes d'osselets, sous les exclamations des spectateurs : jeu d'adresse ou autre façon de prédire l'avenir, je ne le saurai que quelques années plus tard en Birmanie. Cela sert à la divination.

    C'est maintenant l'heure pour le lion de se reposer et je suis le conseil de me diriger vers les hauteurs et des grottes mystérieuses. Le paysage, ressemblant un peu aux plages des Seychelles avec d'horribles escaliers métalliques en plus, ainsi que le chant des cigales, me charment tellement que je décide de me baigner dans cet endroit... totalement désert ! Je ne pouvais pas rêver mieux pour apaiser la chaleur de cette journée.

    Au bout de quelques heures, le calme est rompu par l'arrivée de touristes chinois et je décide de poursuivre un peu le chemin. J'arrive aux grottes, un étroit passage tout noir qui plonge dans les rochers avant de former un étroit boyau. Bien que d'autres touristes me proposent de les accompagner, munis de leur guide, je préfère m'en abstenir... Je retourne vers le temple, où le lion a cédé la place à un spectacle d'opéra cantonais. J'ai de la chance car j'ai hésité la veille à me rendre à un de ces spectacles pour touristes... J'ai beau ne rien y comprendre, la beauté des costumes, la lenteur des gestes et les sons étranges de la musique me ravissent et je m'attarde un moment, avant de repartir vers les hauteurs.

    Opera cantonais

    Une longue et belle randonnée m'attend pour faire le tour de l'île, entrecoupée de visions de cimetières à la vue imprenable, de beaux jardins au kiosque coloré, de temples de bord de mer, d'improbables quartiers isolés dans les hauteurs et aux villas cossues, de vues plongeantes sur la Mer de Chine et les gros cailloux joliment érodés, de pavillons chinois servant de point de vue, de végétation exubérante. Cette île est un véritable enchantement.

    Avant de me restaurer et de quitter ce petit coin de paradis, je vais voir le dernier temple de l'île et me perds dans le lacis des ruelles du quartier populaire. Ici aussi on a disposé de jolis autels et des offrandes dans chaque recoin...

    Les photos de Cheung chau Island