Kerala

  • Kérala : le maquillage noir des enfants...

    Petite fille du Kerala maquillée au khôl

    Au Kérala notamment, les très jeunes enfants sont magnifiquement parés de khôl. Celui-ci est sensé protéger les yeux de l'ardeur du soleil, mais on voit bien sur cette photo qu'il est aussi utilisé comme maquillage.

    Cette photo a été prise sur le ferry public se rendant à Allepey. Je venais du Tamil Nadu via la réserve de Péryar. Ces ferrys ne coûtent que quelques roupies pour un voyage très pittoresque. Nombre de touristes louent des house boats, de grands bateaux en bois pour une croisière romantique de plusieurs jours sur les backwaters. On voit défiler ces belles et grandes embarcations au fil de l'eau, leurs occupants paisiblement installés sur le pont. J'avoue qu'au charme de ce moyen de locomotion, je préfère l'ambiance des ferrys publics. Le contact avec la population, l'observation de la vie à bord, les sourires, les péripéties, les arrêts toutes les quelques minutes... C'est tout le charme de ces bateaux publics, impossible à trouver même à bord du plus luxueux des house boats des backwaters. L'aller retour Allepey / Changanessery fut un vrai bonheur pour ça.

     

  • L'occidentalisation à outrance, Kochi

    Cochin ne restera assurément pas le meilleur souvenir de mon voyage. A peine arrivée à la guesthouse recommandée par Biji à Allepey, je sens bien que tout n'est que business. Les touristes et Occidentaux installés ici élisent généralement domicile dans le tranquille quartier de Fort Kochi, qui serait très agréable si on n'avait pas le sentiment que le grand jeu des locaux est de tirer un maximum d'argent de nos forcément très attractives personnes...
    Les principales attractions ici sont les filets, ou carrelets, chinois, qui nécessitent plusieurs personnes pour les manoeuvrer. Malheureusement là encore, c'est le touriste qui en est devenu la proie et non plus les poissons...
    [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=HGms1F7bVvM&hl=fr_FR&fs=1&color1=0xcc2550&color2=0xe87a9f&border=1]J'ai été également fascinée par la découverte des églises colorées et par l'assimilation des rites hindouistes dans la pratique chrétienne. Comme à Allepey et dans les environs, de nombreux Indiens se sont convertis au christianisme, tout en conservant une grande partie des superstitions et gestes de la religion hindouiste.

    [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=bU8WMfImcW4&hl=fr_FR&fs=1&color1=0xcc2550&color2=0xe87a9f&border=1]
    La dernière attraction majeure de la ville, ce sont les spectacles de théatre kathakali (on peut néanmoins voir ces spectacles dans d'autres villes du kérala).

  • Les backwaters entre Allepey et Changanassery

    Avant de partir d'Allepey, je voulais retourner à Kottayam pour participer à la procession des éléphants (Arratu). Lors de ces festivités, la divinité du temple principal est sorti de son sanctuaire par l'ancien maharaja. A côté de lui se dresse un éléphant magnifiquement caparaçonné, suivi de plusieurs autres. La procession d'environ deux heures parcourt la ville jusqu'à la mer. La statue est alors immergée pour les ablutions rituelles. Le cortège rejoint le temple par le même chemin, mais cette fois à la lueur de flambeaux.
    Malheureusement, la veille, un terrible accident d'autobus causa la mort d'une vingtaine de personnes et les festivités furent annulées.
    Je décide donc de me rendre d'abord à Marari Beach, à 10 kilomètres au nord d'Allepey. En allant à Kochi, je découvrirai que les bus qui s'y rendent desservent également cette plage plutôt paradisiaque, sable blanc, cocotiers et bateaux de pêche colorés... et peu de touristes ! 

    A 13h, je suis de retour à l'embarcadère pour emprunter la splendide ligne Allepey - Changanassery. Pendant trois heures, le ferry public sillonne les backwaters à travers des paysages variés. Tantôt les canaux sont larges, ressemblant à un immense lac, voire une mer, parfois ils se font beaucoup plus étroits et le ferry ne cesse de frôler la végétation luxuriante. De nombreuses églises catholiques sont éparpillées sur tout le parcours, parfois au milieu de la jungle. Quelques minutes avant l'arrivée, nous traversons même toute une zone où la végétation a totalement recouvert l'eau. Au retour, cela vaudra à un des hommes d'équipage de se mettre nu et de s'introduire par le trou des toilettes pour aller couper les herbes prises dans le gouvernail ! [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=c5I1TDIRveM&hl=fr_FR&fs=1&color1=0xcc2550&color2=0xe87a9f&border=1]
    Nous débarquons à l'embarcadère, un grand bassin autour duquel s'ordonnancent de jolies maisons kéralaises et une église bleue et blanche. La vision que je garderai de ce lieu sera celle d'un tranquille village rural des backwaters. Grossière erreur : près de 52 000 personnes y résident, et la ville est très réputée pour ses écoles et collèges d'un excellent niveau. Par rapport à la moyenne nationale, elle bénéficie aussi d'un excellent taux d'alphabétisation (86% contre 59,5%), et de nombreux habitants ont émigré vers le Golfe, l'Europe et l'Amérique. Elle est aussi connue pour la coexistence pacifique des Hindous, Musulmans et Chrétiens.
    A peine les pieds sur la terre ferme, j'entends la musique d'une procession que j'ai aperçue depuis le bateau. J'accours pour filmer, avant de me rendre compte une fois de plus de ma méprise : il s'agit d'un enterrement !
    Une partie du retour s'effectue de nuit. La vie des backwaters suit toujours aussi paisiblement son cours et la lumière du soir ajoute une touche magique aux maisons éclairées. Dans les entrées, la plupart d'entre elles possèdent une sorte de chandeliers munis de bougies.
    Sur la vidéo (en préparation), vous entendrez le son d'une clochette. Dans la 1ère vidéo, vous remarquerez que le pilote du ferry se trouve au milieu et n'a donc aucune visibilité. Son collègue à l'avant, qui dirige le bateau, utilise la clochette pour lui signifier d'avancer, reculer ou stopper.

    [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=evO6_v_BX7U&hl=fr_FR&fs=1&color1=0xcc2550&color2=0xe87a9f&border=1]

  • Peryar Wildlife sanctuary

    J'ai quitté Madurai comme prévu pour le Kerala et Peryar. Il s'agit d'une réserve naturelle, dans laquelle on peut admirer la faune et la flore d'Inde. Je me suis installée dans une guesthouse magnifique, avec vue directe sur la réserve mais en dehors de celle-ci, Meadow View Inn, un vrai havre de paix au milieu de la nature.


    J'occupe un bungalow en bois, ils appellent ça maison-arbre. Tout est fait en bois de teck et en bambou. La fenêtre de ma grande chambre donne sur les montagnes et la réserve. Toute la journée, c'est le concert de la nature, et les bisons, sangliers, cochons sauvages, daims et oiseaux viennent régulièrement nous rendre visite.


    J'ai la chance d'être là en même temps qu'un jeune Allemand qui connaît très bien le propriétaire (il est associé sur un projet de guesthouse avec lui) et donc tous les gens du coin. Avant-hier, il m'a proposée, ainsi qu'à Sarha, une Suisse-Américaine, de partir dans l'après-midi pour le lieu de leur projet et y profiter du coucher du soleil. Nous avions vue a la fois sur le Tamil Nadu et le Kérala, c'était magnifique.


    Comme Sarha et moi voulions faire un treck dans la jungle, il nous a mis en contact avec un de ses amis guide avec qui il fait régulièrement des trecks. Nous sommes donc parties hier à 5h du matin. Nous avions deux guides avec nous et nous sommes allés dans une partie de la réserve assez particulière... Il faisait nuit quand nous sommes partis, juste les bruits de la nature tout autour de nous. Nous avons eu rapidement la chance de voir un oiseau magnifique, et qu'on voit très rarement, le calao (il ne vit que dans cette partie du Kérala en plus). Il fait environ 1m50 d'envergure et le bruit de son vol est hallucinant : on dirait presque un hélicoptère. Il a plusieurs couleurs, une longue queue pleine de plumes terminée par des sortes de boules de plumes. Vraiment superbe.

    Alors que nous traversions un cours d'eau et nous concentrions pour ne pas tomber, nous avons entendu un cri bizarre : un tigre !!! En fait, ils étaient deux, vraisemblablement un mâle et une femelle, et c'est la saison des amours. Ils étaient à quelques mètres de nous mais nous ne les avons malheureusement pas vus, eux si ! Comme ils sont très timides, ils se sauvent très vite. Nous avons tenté de suivre leurs traces une bonne partie de la journée et nous avons même grimpé dans un arbre et attendu un long moment en espérant leur retour : il y avait leur point d'eau et ils avaient tué un sanglier qu'ils avaient à peine commencé à manger. Même si nous ne les avons pas vus, les entendre et être aussi près d'eux a été une chance incroyable qui ne se reproduira sûrement jamais dans nos vies. Un peu plus tard, nous avons fait deux groupes, Sarha était avec le pisteur. Au bout de 5 minutes, il nous a appelés : il venait de trouver un éléphant ! Nous avons pu l'admirer, a quelques mètres de nous, manger les arbres. Babou, notre guide, a pris des branches pour nous cacher derrière pour le moment où il sortirait du bosquet. Quand il est sorti, j'ai commencé à faire du film. Quelle émotion ! Tout a coup, il nous a repérés et a commencé à avancer vers nous. Babou a agité les branches et crié pour l'effrayer, mais il lui a fallu un certain temps avant de l'impressionner.

    [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=p4M4EWZUfc4&hl=fr_FR&fs=1&color1=0xcc2550&color2=0xe87a9f&border=1]

    Il s'est sauvé puis s'est mis derrière les arbres. Soudain, il s'est mis à barrir... et à charger. Babou nous a crié "run, run", et nous avons détalé comme des lapins. Même s'il s'agissait d'un adolescent, sa taille et ses défenses étaient fort impressionnantes. Babou nous a expliqué que les éléphants en troupeaux sont inoffensifs, contrairement à un éléphant seul. Celui-ci était très en colère. Nous avons continué à le suivre. A un moment, on se serait cru dans un scène de Jurassic Parc, où les héros attendent, cachés comme ils le peuvent et en s'étant ménagé une sortie, que le gigantesque dinosaure réapparaisse de l'arbre qui le dissimule. Sauf que là on y était !!!

    On a passé toute la journée à crapahuter dans la jungle, mon pantalon a plein de trous maintenant... A un moment, j'étais seule avec Babou. Nous avions un tigre à quelques mètres, mais là encore nous l'avons juste entendu et vu ses traces fraîches. Nous avons grimpé à un arbre, mais comme il n'y avait aucune prise j'étais morte de trouille et je suis restée installée à califourchon entre deux grosses branches. Impossible de me faire monter plus haut, et je me demandais comment j'allais redescendre. Nous avons également dormi autour d'un feu de camps. Les guides nous ont cuisiné un super plat, ils avaient tout prévu, une super organisation.


    Ils se sont relayés pour entretenir le feu. Sarha a très bien dormi, moi pratiquement pas, d'autant que nous avions un singe roulé à nos pieds : Babou. D'ailleurs, nous avions vu un singe noir également le matin.

    Ce matin, levés tôt. Les garçons nous ont préparé un super petit déjeuner puis nous sommes repartis à la chasse : bisons, traces et crottes d'éléphants, de tigres, et même de jaguars !!! Bref, Babou était super content car nous avons vu tout ce que nous pouvions voir ici, et nous aussi bien sûr ! En prime, la vue sur le lac de la réserve depuis le haut de la montagne était magnifique et la promenade du matin a été moins difficile malgré la fatigue.


    Voilà une expérience inoubliable...

    [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=2ji3csf7mIY&hl=fr_FR&fs=1&color1=0xcc2550&color2=0xe87a9f&border=1]