Java et Bali

  • Cérémonies familiales balinaises

    A peine installées à la guesthouse recommandée par Guiseppe, je sors de la chambre pour explorer le jardin... et je tombe à nouveau nez à nez avec Patrick, le jeune Suisse croisé à Yogya et Amed. Il doit exister près de 200 hôtels à Ubud mais c'est la chambre au-dessus de la nôtre qu'il occupe et, à notre grand dam, il recherche désespérément la compagnie des autres touristes !

    Alors que la nuit tombe, Guiseppe nous fait une visite surprise, bientôt suivi de Ketut et de sa jolie épouse, Made. Le couple est magnifiquement assorti. Ils ont sorti leurs plus beaux habits pour honorer leurs invités, Guiseppe et ses amis. Ketut porte un beau batik d'un blanc immaculé, une longue chemise blanche et une coiffe traditionnelle de la même couleur. Made ne porte que du blanc également : un batik, une chemise traditionnelle en dentelle et une longue ceinture en tissu. Leur sourire en dit long sur leur complicité et leur joie de nous voir. Nous ne pensions pas nous revoir et une franche amitié est en train de naître entre nous.
    Guiseppe nous avait promis de nous faire découvrir l'authentique Ubud et il n'avait pas menti. Le lendemain, nous nous retrouvons dans le village de Bedulu, où habitent Ketut et Made. Ketut a revêtu une tenue de cérémonie : batik à dominante marron, t-shirt et coiffe traditionnelle. Il nous fait découvrir avec fierté ses oeuvres. Il est sculpteur sur bois et possède un talent indéniable. Ses représentations de Dieux et Déesses hindouïstes, notamment la Déesse préférée du couple, Saraswati la Déesse des Arts, sont d'une finesse incroyable et contrastent avec la plupart des oeuvres grossières qu'on peut voir dans les magasins d'Ubud et des environs. Il nous explique ensuite l'histoire des reliefs de Yeh Puluh, des gravures anciennes creusées dans la roche, à l'endroit de son échoppe. Plusieurs légendes circulent à leur sujet et certains pensent qu'un géant est à l'origine de ces dessins, représentant Ganesh, le Dieu à tête d'éléphants et des scènes de la vie quotidienne..
    Il est temps de rejoindre la maison familiale de Made. Comme à l'accoutumé, plusieurs batiments entourent une vaste cour intérieure. La richesse d'une famille se voit à la grandeur de son temple familial et, bien que Made soit issue comme Ketut de la basse caste, le temple est entouré d'un vaste enclos. Toute la famille s'y réunit pour la prière et les offrandes dirigées par le pemangku local et son épouse. Une grande sérénité illumine les visages et les gestes plein de grâce font de ce moment de ferveur un magnifique spectacle. De nombreuses offrandes sont faites aux Dieux et on bénit les jeunes qui vont être célébrés : eau bénite, aiguille tapée sur les dents... La prière se fait au son de l'orchestre de gamélan installé sous une véranda et des cris des coqs alentour.
    La bénédiction se poursuit dans la cour. Pour l'occasion, une multitude d'offrandes variées a été disposé sur plusieurs tables : montagnes de fruits, de fleurs, de gâteaux multicolores, feuilles de palmiers et bananiers; pattes, ailes et cous de poulets crûs montés en pyramides; paniers tressés en feuilles de bananiers remplis de gâteaux, bonbons, riz.... Il y en a tellement que les yeux se perdent dans ce feu d'artifices de couleurs. Elles doivent être aussi agréables à regarder pour les humains que pour les Dieux. Une grande estrade décorée a été dressée et un matelas y a été installé. Les jeunes sont tous vêtus d'un batik blanc et d'un corsage jaune orangé. Ils se positionnent en cercle autour d'un bac à encens et d'offrandes. Leurs gestes parfois maladroits traduisent la complexité des traditions hindouïstes et leurs rires ponctuent leurs erreurs. Même Ketut qui étudie pour devenir Pemangku m'avouera ne pas connaître la signification ni l'ordre de tous ces rites.
    Le moment du limage de dents arrive et, lorsque vient le tour de Made et de sa soeur, on m'invite à monter sur l'estrade pour y assister aux premières loges. Les deux jeunes femmes s'allongent sur le matelas. Le pemangku les recouvre d'un drap orange puis y dépose un papier doré ainsi que des offrandes dans de la feuille de bananier. Il coince ensuite une sorte de grosse noix entre les dents de derrière. Il étale un liquide incolore sur leurs dents, avant de se saisir d'un pic en métal et d'une sorte de maillet pour leur frapper et aligner les dents. Lorsqu'elles sont suffisamment alignées, il se met à les limer afin qu'elles perdent leur aspect pointu et qu'elles soient toutes à la même hauteur. Une fois terminé, les jeunes femmes se relèvent et boivent une boisson anesthésiante. Le large sourire de Made contraste avec les mots de Ketut qui résonne dans ma tête : "la souffrance est tellement forte que mon cerveau s'en souvient encore, ici". Pendant toute la cérémonie, Ketut tenait les chevilles de son épouse, et son visage exprimait son empathie pour elle. Quant à Made, ce sourire final montrait bien à quel point elle était fière de rejoindre le monde des humains. Tant qu'un Balinais n'a pas eu les dents limés, on le considère en effet comme un démon. Il peut se marier, avoir des enfants mais ne pourra être brûlé s'il meurt. Cette cérémonie est donc la plus importante dans la vie d'un Balinais


    Nos amis voudraient partager leur repas traditionnel avec nous, mais ils savent que nos estomacs d'Européens ne supporteront pas les plats de porc qu'ils s'apprêtent à déguster. L'après-midi, nous revenons pour célébrer le grand anniversaire de Made. Tout comme le limage de dents, cette cérémonie n'arrive qu'une fois dans la vie d'un Balinais, mais leur existence est ponctuée de petits anniversaires tous les six mois. Les habitants du quartier nous invitent gentiment dans leur maison pour que nous assistions aux célébrations de leur famille. On nous apporte systématiquement à boire et manger, et on nous installe toujours devant. Pour limiter les lourds frais occasionnés par ces cérémonies, les villages les groupent et presque chaque famille est en fête. Le pemangku le matin, le brahmane l'après-midi, vont donc de maison en maison pour pratiquer les rituels. Dans la famille de Made, c'est le 25ème jour de cérémonie. Le premier jour avait été marqué par la crémation du papa de Made, qui attendait en terre l'année des crémations de son village. Les jeunes sont habillés différemment, même si Made porte toujours la grosse pièce en or massif montée sur une bague qu'elle m'avait fièrement montrée. Les offrandes, notamment le poulet crû, embaume de plus en plus l'air ambiant. La beauté de la cérémonie nous fait bien vite oublier ces désagréments. Les jeunes sont à nouveau bénis. On leur fait manger des restes d'offrandes plus très fraîches et embrasser une tête de poulet crû. Ma mimique de dégoût n'échappe pas à Made qui éclate d'un rire complice. Des processions de nouvelles offrandes passent devant nos yeux étonnés. La cérémonie se clôture sur l'estrade. Le brahmane coupe une mèche de cheveux à chacun des jeunes, qui la garde dans de la feuille de bananier. Il les asperge d'eau, dispose des pièces de monnaie sur leurs mains...

    La journée aura été très riche en émotions et nous la finissons tranquillement dans le magnifique grand temple d'un autre village, à admirer les Balinais en prière et à discuter de la culture balinaise.
    Après un moment aussi riche, je commence à m'imprégner réellement de l'ambiance d'Ubud et de ses environs. Je vis au rythme de l'île des Dieux, alternant ballades dans les rizières seule ou avec Ketut, visite des villages ponctuée par les processions animées et colorées, rencontres impromptues toutes en sourire comme celle de Wayan, cette artiste peintre fascinée par Chirac et avec qui j'ai passé plusieurs heures à discuter, tranquillement installées sur la terrasse de son échoppe au milieu des rizières d'Ubud. Ou comme cette rencontre incongrue et ubuesque, alors que je rentrais d'une longue promenade et que je m'étais délectée d'une superbe procession... Je marchais tranquillement le long d'un petit cours d'eau, à l'heure où les Balinais font leur toilette dans les rivières. Je vis soudain devant moi un jeune homme totalement nu, de dos et debout dans le cours d'eau. Je n'avais pas le choix : il me fallait passer à côté de lui. Heureusement, il me vit et s'asseya avant mon passage. Ma pudeur occidentale me fit ne pas oser le saluer, mais il m'interpela d'un grand "hello" et je dus me retourner pour me mettre à discuter le plus naturellement du monde avec lui. Apprenant que je rentrais à Ubud, il me proposa même une course sur son scooter pour gagner quelques roupies, proposition des plus surréalistes dans la position dans laquelle il se trouvait. Incroyable et délicieuse Bali, à la culture si fascinante, que Ketut s'est appliqué à me faire découvrir et expliquer.
    Magnifique Bali, où les gens s'habillent en blanc avec leur coeur blanc pour prier, en noir pour les crémations, et avec un batik pour les mariages et les cérémonies diverses.
    Etonnante Bali, où les offrandes jonchent les trottoirs et sont dévorées par les chiens errants.
    Mystérieuse Bali, qui ne se laisse découvrir que petit à petit et qui reste un mystère même pour ses habitants.
     
  • Retour tranquille vers la turbulente Ubud.

    Nous quittons Munduk avec un peu de regrets, nous ne sommes pas vraiment pressées de retrouver la touristique Ubud. Assez rapidement, nous nous arrêtons près des lacs Buyan et Tramblingan et décidons d'effectuer une randonnée avec un guide local. Il nous explique à quel point la forêt tropicale peut être dangereuse et nous comprenons pourquoi j'ai été si malade après mon expédition à Ubud. Parfois, c'est le tronc de l'arbre qui est extrêmement venimeux, tantôt ce sont ses feuilles. Crocodiles (et oui, il y a des crocodiles à Bali, du bois de crocodile!), orchidées épiphytes, plantes médicinales; la végétation tropicale est particulièrement riche. Parvenus à un temple perdu au milieu de la végétation, nous dégustons la mangue et les bananes apportées par notre guide, avant de repartir vers le lac, où nous découvrons des barques faites de troncs d'arbre.
     
    Avant de rejoindre notre point de départ, une halte au temple des voyageurs nous permet de goûter à une offrande : un gâteau de riz cuit dans de la feuille de bananiers. Une fois l'offrande offerte aux Dieux, ceux-ci en prennent toute la substance et les humains... ou les chiens peuvent librement les consommer.
    Nous testons également une étrange plante sensée colorer les lèvres comme celles des danseuses balinaises. On mélange cette herbe à de l'eau, on verse un peu de citron, et le breuvage change de couleur. Le résultat sur nos lèvres n'a pas été très concluant... Mon ami balinais Ketut m'a expliqué plus tard que cette plante s'appelle "Cicang" en Balinais et qu'elle est utilisée par les habitants de Singaraja pour faire un thé gratuit (cette plante se trouve très facilement mais uniquement là-bas) et très bon pour la santé.
    Nous faisons une seconde halte dans un village où se tient le plus joli et authentique des marchés que j'ai pu voir en Indonésie. Les étals sont très colorés et les fruits et légumes de consommation courante y cotoient tout le nécessaire pour fabriquer des offrandes : fleurs de toutes les formes et couleurs, crackers colorés, paniers tressés,encens... Et même des offrandes toutes prêtes pour ceux qui n'auraient pas le temps de les préparer. Les touristes semblent être rares ici et les vendeurs nous interpellent avec de larges sourires pour que nous les prenions en photo. Une étrange mode y sévit : le port d'une serviette de toilette comme couvre-chef, mode que je retrouverai dans les villages typiques de Chine du Sud...
    Nouvelle halte au Pura Ulu Danu, un des temples les plus importants de Bali, au bord du lac Batan, construit pour rendre hommage à la Déesse de l'eau.
    Nos estomacs crient famine mais notre chauffeur nous fait patienter. Il connait un petit warung au bord de la route qui devrait combler notre attente d'authenticité. De prime abord, le lieu semble peu accueillant et nous sommes les seuls clients. Et pourtant, nous allons y faire le plus délicieux de tous nos repas indonésiens en y dégustant la spécialité locale, le cochon, apprêté de différentes façons : en fines lamelles, en boudin,... Derrière la maison, nous découvrons le cuisinier assis à même le sol, préparant le repas du lendemain. Il nous explique qu'il travaillait pour un hôtel très prisé et qu'il a décidé un beau jour de tout arrêter pour s'installer à son compte. Heureuse décision ! L'odeur qui se dégage de la préparation nous fait regretter de ne pas pouvoir y revenir.

    Nous poursuivons notre route à travers de magnifiques paysages pour nous rendre aux rizières de Jatiluwith. Ces rizières, certes très jolies, sont tellement prisées qu'il faut désormais y payer un droit d'entrée...
    Nous nous y promenons juste un petit moment car nous voulons absolument faire un détour par le Pura Batukau, un temple au milieu de la jungle, et sans doute l'un des plus beaux visités de par son emplacement. Comme à l'accoutumée, nous sourions devant les habituelles interdictions :
    "Ceux qui ne sont pas autorisés à entrer dans le temple sont :
    1. Les femmes enceintes.
    2. Les femmes dont les enfants n'ont pas eu leur première dent.
    3. Les enfants dont la première dent n'est pas encore tombée.
    4. Les femmes durant leurs menstruations.
    5. Les dévots impurs à cause de la mort.
    6. Les hommes / femmes fous.
    7. Ceux qui ne sont pas correctement habillés.
    Le temple est absolument magnifiques et de nombreuses Balinaises, dans toute la grâce de leurs gestes, préparent les offrandes pour la grande fête de la pleine lune qui a lieu dans quelques jours.
    Nous y croisons également des prêtres, nous invitant gentiment à les prendre en photos. Dure vie de pemangku, parlant et plaisantant à l'ombre de leur cabanon...
    Mais il nous faut partir : Ubud et nos nouveaux amis nous attendent.
  • Lebaran à Borobudur.

    Mon ami Javanais Hatta m'a envoyé quelques photos de cette fête appelée Lebaran. Vous pouvez les voir dans l'album du même nom.
    Cette fête est à la fois une fin et un début. Une fin, car elle signifie la fin et le succès de l'épreuve du Ramadan. Un début, car c'est le moment pour faire en sorte d'avoir une vie meilleure. C'est aussi une période de vacances, permettant à ceux qui sont partis travailler en ville de retrouver leur famille. Tout le monde se retrouve dans les champs pour prier et prendre un petit-déjeuner. Vient ensuite le moment du pardon, lors d'une visite aux plus âgés de la famille et aux voisins.
    Les deux dernières photos montrent l'affluence au temple de Borobudur pendant la semaine qui suit Lebaran. Il y a environ 235 000 visiteurs et il est très difficile de profiter de la vue une fois au sommet, et de pouvoir redescendre... 
    My Javanese friend Hatta sent me a few pictures of this festival called Lebaran. You may see it in the album with the same name.
    This festival is both an end and a beginning. An end, because it means that people passed Ramadan. A beginning, because it's the time to make a better life. It's also a holiday time, allowing migrants to come back home. Everybody meet in the fields to pray and take a breakfast. Then it's time for apologize, during a visit to the older family and neighbours.
    The two last pictures show the crowd in Borobudur temple during the week after Lebaran. There's around 235 000 visitors and it's very difficult to benefit the view once at top, and to go down the stairs...
  • Le Nord de Bali.

    Le lendemain matin, j'ai la surprise de découvrir un véritable aquarium juste à quelques mètres du rivage devant notre bungalow. Est-ce l'effet de l'éthanol qui se prolonge? Sous mes yeux ébahis et dans une eau chaude et limpide, une myriade de grosses étoiles de mer bleues (c'était la première fois que j'en voyais), de coraux bleus, violets, pourpres, roses, jaunes, des poissons chirurgiens, perroquets, bref une explosion de couleurs dans quelques centimètres d'eau... Je passerais des heures à contempler ce spectacle mais malheureusement il nous faut reprendre la route...
    La diversité des paysages me fait vite oublier ma tristesse de quitter Amed. A droite, le bleu turquoise de l'océan; à gauche, les cultures, palmiers et montagnes se succèdent, bientôt remplacées par un paysage semi-aride où les montagnes servent toujours de toile de fond. Puis c'est le retour d'une végétation exubérante : manguiers, papayers, rizières en terrasses bien vite à nouveau gorgées d'eau. On ne peut se lasser d'un tel spectacle, auquel les photos ne rendent malheureusement pas justice.
    Indonésie Septembre 2007 544
    Nous prenons de l'altitude et le paysage devient complètement différent. Toujours un écrin de volcans et de rizières, mais aussi des plantations de café, cacao, clous de girofle, de vanille, des vergers, des pins, des cascades, de la jungle...
    Arrivées à Munduk en milieu d'après-midi, nous nous installons à l'hôtel Guru Ratna, où on nous indique un joli itinéraire de randonnée. Très vite, des enfants se joignent à nous et nous guident jusqu'à une première grande cascade. Leur joie de se promener avec nous est évidente et c'est un régal de les voir éclater de rire en se découvrant sur les écrans de nos appareils photos. Avec les plus grandes difficultés, je parviens à leur faire comprendre que j'aimerais les filmer pendant qu'ils chantent à nouveau une mélodie enfantine, ce qu'ils s'empressent de faire. Lorsqu'ils se voient à l'écran, leurs fous-rires couvrent complètement le son de leur mélodie! Nous continuons notre promenade, communiquant par quelques mots en anglais, balinais et par des signes. Les enfants nous quittent un à un, arrivés à leur domicile. A chaque arrêt, c'est avec une véritable surprise et un pincement au coeur que nous découvrons les conditions dans lesquels vivent ces enfants : au beau milieu de la jungle, sans autre moyen de locomotion que leurs jambes, dans des bâtisses faites de bois et de tôles sans aucun confort; et pourtant quelle joie de vivre évidente, encore une belle leçon de vie... Ma petite protégée, cette jolie balinaise si gracieuse, nous quitte la dernière, nous saluant d'une jolie pause de danseuse, sous les rires de ses parents.
    Indonésie Septembre 2007 5721
    Un peu plus loin, une autre adorable fillette nous accueille avec le sourire, bientôt rejointe par son petit frère et sa maman. Cette dernière est très fière de constater que nous trouvons ses enfants si beaux et de les voir sur nos écrans d'appareil.
    Nous arrivons à une deuxième grande cascade. Le soleil commence à disparaître derrière les montagnes et il nous faut nous hâter si nous ne voulons pas finir la nuit au milieu des bruits et des bestioles inquiétantes de cette jungle soudain devenue un peu angoissante, d'autant que Valérie se demande si nous sommes toujours sur le bon chemin. Bientôt, nous voilà à la hauteur d'une bâtisse, où deux jeunes s'entraînent au tir. Ils nous interpellent gaiement, nous demandant où nous allons et nous indiquent que c'est le bon chemin. "See you later, miss!" Quant à nous, nous ne sommes pas pressées de les revoir avec leurs fusils! Un peu plus tard, nous créons l'animation auprès de quelques habitations isolées, avant de découvrir un des nombreux temples de la jungle. Bien qu'hindouïstes dans leur grande majorité, les Balinais mêlent de nombreuses croyances animistes à leur religion. Tous les six mois, on fête les animaux ou encore les plantes. Les éléments et la nature sont extrêmement respectés, à tel point que la plupart des Balinais préfèrent se laver dans la rivière plutôt que dans leur salle d'eau. Dans certains endroits, on peut encore trouver des "medecine men" et la croyance dans le mauvais oeil ou la magie noire est encore très vivace, ce qui peut surprendre sur une île aussi touristique que Bali. C'est que les Balinais ont su conserver leurs traditions malgré le modernisme galopant...
    Guru Ratna et le délicieux dîner qui nous attend ne sont plus qu'à quelques pas.  
    The next morning, I have the surprise to discover a genuine aquarium just at a few meters of the shore in front of our bungalow. Is it still the effect of the ethanol? Under my amazed eyes and in a hot and limpid water, a miriade of large blue starfishes (it was the first time that I saw some), of blue, purple, pink, yellow corrals, of surgeon fishes, parrots, in short an explosion of colors in a few centimetres of water... I would stay some hours to contemplate this spectacle but unfortunately we should take again the road... The diversity of the landscapes quickly makes me forget my sadness to leave Amed. On right-hand side, the turquoise blue of the ocean; on left, the cultures, palm trees and mountains succeed one another, soon replaced by a semi-arid landscape where the mountains are always used as back drop. Then it is the return of an exuberant vegetation: mango trees, papaw trees, rice terraces full of water. One cannot weary of such a spectacle, to which the photographs don't do unfortunately justice to.
    We gain altitude and the landscape becomes completely different. Always a marvellous landscape of volcanos and rice plantations, but also of coffee plantations, cocoa, clove, vanilla, orchards, pines, cascades, jungle... Arrived at Munduk in the middle of the afternoon, we settle in the hotel Guru Ratna, where a pretty road of excursion is indicated to us. Very quickly, some children join us and guide us to a first large cascade. Their joy of walking with us is obvious and it is a treat to see them bursting of laughing while being discovered on the screens of our cameras. With the greatest difficulties, I manage to make them understand that I would like to film them while they sing a childish melody again, which they hasten to do. When they saw then on the screen, their uncontrollable laughs completely cover the sound of their melody! We continue our walk, communicating by some words in English, Balinese and by signs. The children leave us one by one, arrived at their house. At each stop, it is with a true surprise and a pinching in the heart that we discover the conditions under which these children live: in the beautiful middle of the jungle, without another transport that their legs, in wood and sheet metal houses without any comfort; and yet what an obvious joy of life! Still a beautiful lesson of life... My small protégé, this pretty and so gracious Balinese, leaves us the last, greeting us of a pretty pause of dancer, under the laughter of her parents.
    A little further, another adorable young girl welcomes us with a smile, soon joined by her little brother and mom. Their mom is very proud to note that we find her children so beautiful and to see them on our screens. We arrive at a second large cascade. The sun starts to disappear behind the mountains and it is necessary for us to hasten if we do not want to finish the night in the middle of the noises and the worrying small beasts of this jungle suddenly become a little distressing; the more so as Valerie wonders whether we are always on the good way. Soon we are close to a house, where two young guys practices shooting. They call on us merrily, asking us where we go and indicate that it is the good way. "See you later, miss!" As for us, we are not in a hurry to meet them again with their rifles! A little later, we create animation in some isolated dwellings, before discovering one of the many temples of the jungle. Although hindouïsts in their great majority, the Balineses put many animist beliefs in their religion. Every six months, one celebrates the animals or the plants. The elements and nature are extremely respected, so much so that the majority of the Balineses prefer to wash them in the river rather than in their water room. In certain places, one can still find "medicine men" and the belief in the evil eye or the black magic is still very long-lived, which can surprise on an island as touristical as Bali. It is that the Balineses knew to preserve their traditions in spite of the galloping modernism...
    Guru Ratna and the delicious dinner which awaits us are just in a few steps.

    Les photos : https://skydrive.live.com/?cid=4391f06a356f4ffc&sc=photos#cid=4391F06A356F4FFC&id=4391F06A356F4FFC%214691&sc=photos