Retour tranquille vers la turbulente Ubud.

Nous quittons Munduk avec un peu de regrets, nous ne sommes pas vraiment pressées de retrouver la touristique Ubud. Assez rapidement, nous nous arrêtons près des lacs Buyan et Tramblingan et décidons d'effectuer une randonnée avec un guide local. Il nous explique à quel point la forêt tropicale peut être dangereuse et nous comprenons pourquoi j'ai été si malade après mon expédition à Ubud. Parfois, c'est le tronc de l'arbre qui est extrêmement venimeux, tantôt ce sont ses feuilles. Crocodiles (et oui, il y a des crocodiles à Bali, du bois de crocodile!), orchidées épiphytes, plantes médicinales; la végétation tropicale est particulièrement riche. Parvenus à un temple perdu au milieu de la végétation, nous dégustons la mangue et les bananes apportées par notre guide, avant de repartir vers le lac, où nous découvrons des barques faites de troncs d'arbre.
 
Avant de rejoindre notre point de départ, une halte au temple des voyageurs nous permet de goûter à une offrande : un gâteau de riz cuit dans de la feuille de bananiers. Une fois l'offrande offerte aux Dieux, ceux-ci en prennent toute la substance et les humains... ou les chiens peuvent librement les consommer.
Nous testons également une étrange plante sensée colorer les lèvres comme celles des danseuses balinaises. On mélange cette herbe à de l'eau, on verse un peu de citron, et le breuvage change de couleur. Le résultat sur nos lèvres n'a pas été très concluant... Mon ami balinais Ketut m'a expliqué plus tard que cette plante s'appelle "Cicang" en Balinais et qu'elle est utilisée par les habitants de Singaraja pour faire un thé gratuit (cette plante se trouve très facilement mais uniquement là-bas) et très bon pour la santé.
Nous faisons une seconde halte dans un village où se tient le plus joli et authentique des marchés que j'ai pu voir en Indonésie. Les étals sont très colorés et les fruits et légumes de consommation courante y cotoient tout le nécessaire pour fabriquer des offrandes : fleurs de toutes les formes et couleurs, crackers colorés, paniers tressés,encens... Et même des offrandes toutes prêtes pour ceux qui n'auraient pas le temps de les préparer. Les touristes semblent être rares ici et les vendeurs nous interpellent avec de larges sourires pour que nous les prenions en photo. Une étrange mode y sévit : le port d'une serviette de toilette comme couvre-chef, mode que je retrouverai dans les villages typiques de Chine du Sud...
Nouvelle halte au Pura Ulu Danu, un des temples les plus importants de Bali, au bord du lac Batan, construit pour rendre hommage à la Déesse de l'eau.
Nos estomacs crient famine mais notre chauffeur nous fait patienter. Il connait un petit warung au bord de la route qui devrait combler notre attente d'authenticité. De prime abord, le lieu semble peu accueillant et nous sommes les seuls clients. Et pourtant, nous allons y faire le plus délicieux de tous nos repas indonésiens en y dégustant la spécialité locale, le cochon, apprêté de différentes façons : en fines lamelles, en boudin,... Derrière la maison, nous découvrons le cuisinier assis à même le sol, préparant le repas du lendemain. Il nous explique qu'il travaillait pour un hôtel très prisé et qu'il a décidé un beau jour de tout arrêter pour s'installer à son compte. Heureuse décision ! L'odeur qui se dégage de la préparation nous fait regretter de ne pas pouvoir y revenir.

Nous poursuivons notre route à travers de magnifiques paysages pour nous rendre aux rizières de Jatiluwith. Ces rizières, certes très jolies, sont tellement prisées qu'il faut désormais y payer un droit d'entrée...
Nous nous y promenons juste un petit moment car nous voulons absolument faire un détour par le Pura Batukau, un temple au milieu de la jungle, et sans doute l'un des plus beaux visités de par son emplacement. Comme à l'accoutumée, nous sourions devant les habituelles interdictions :
"Ceux qui ne sont pas autorisés à entrer dans le temple sont :
1. Les femmes enceintes.
2. Les femmes dont les enfants n'ont pas eu leur première dent.
3. Les enfants dont la première dent n'est pas encore tombée.
4. Les femmes durant leurs menstruations.
5. Les dévots impurs à cause de la mort.
6. Les hommes / femmes fous.
7. Ceux qui ne sont pas correctement habillés.
Le temple est absolument magnifiques et de nombreuses Balinaises, dans toute la grâce de leurs gestes, préparent les offrandes pour la grande fête de la pleine lune qui a lieu dans quelques jours.
Nous y croisons également des prêtres, nous invitant gentiment à les prendre en photos. Dure vie de pemangku, parlant et plaisantant à l'ombre de leur cabanon...
Mais il nous faut partir : Ubud et nos nouveaux amis nous attendent.
Stéphanie LANGLET sur Google+

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