Angkor Thom

Angkor Thom est surtout connu pour le célèbre Bayon, avec ses tours-visages. Mais son nom signifie la "grande ville" et le site est immense.  Il fut édifié à partir de 1181 après que le Roi Jayavarman VII ait défait les Chams qui avaient envahi Angkor (Yasodharapura). Il est entouré d'une douve de douze kilomètres de long, comprenant cinq chaussées et portes, une à chaque point cardinal et la cinquième menant au palais royal. La chaussée et la porte sud étant les mieux conservées, c'est par là que j'ai commencé ma visite. A gauche, les deva (dieux) tiennent la tête du serpent Vâsuki, le roi des nâgas. A droite, ce sont les asura (démons) avec la queue de l'animal. Il s'agit bien sûr du barattage de la mer de lait (http://haidaloup.wordpress.com/2011/05/12/le-musee-de-siem-reap-et-la-legende-du-barattage-de-la-mer-de-lait/).

Les 54 démons de cette porte forment la scène avec les 54 dieux de la porte nord et le centre de la cité, Angkor Thom, représente donc le mont Mandara, pivot du barattage. Ils forment ainsi le chiffre mystique 108. Il en va de même pour les 54 dieux du côté gauche.

Sur le côté des portes, des éléphants tricéphales cueillent des fleurs de lotus. Il est possible de se rendre, en montant sur les remparts, de la porte sud à celle de l'est ou porte des Morts, qui servait peut-être aux processions funéraires. La promenade est très agréable, avec la rivière en contrebas, Angkor Vat en toile de fond, et une faune et une flore très colorées.

De cette porte, on peut ensuite se rendre au Bayon. A l'origine, ce temple-Etat dédié à Bouddha était plat et ses tours étaient des représentations pyramidales du mont Meru. Par la suite, trois terrasses, divers vestibules et pièces ont été ajoutés par les souverains ultérieurs.

Il est probable que le Roi Jayavarman VII, profondément bouddhiste, se soit représenté en Lokesvara (Bodhisattva de la compassion) ou Bouddha, à travers ces visages orientés vers les quatre points cardinaux. A sa mort, l'hindouïsme reprit de l'ampleur et un troisième oeil fut ajouté à certains visages.

Le Bayon comporte aussi des galeries aux bas-reliefs très intéressants. On y trouve des Chinois sous diverses représentations : corps de fantassins, commerçants mariés à des femmes khmères, ivrognes sur un bateau, hommes sacrifiant un buffle ou préparant un repas ; des représentations de la vie quotidienne : saltimbanques sur la place du marché, ouvriers traçant une route, femmes préparant des brochettes de poisson, femmes malades, moine grimpant à un arbre pour échapper à un tigre, artistes de cirque...

Le Baphuon, le temple-pyramide au nord du Bayon et antérieur à la construction de la cité, est un gigantesque puzzle à ciel ouvert. Ses 300 000 pierres ont été déposées en 1960 pour le rénover. Les Khmers rouges ayant détruit le plan pendant la guerre civile, son remontage est un vrai case-tête pour l'équipe qui travaille sur le projet...

En face de la terrasse des éléphants, les tours des danseurs de corde (Prasat Suor Prat) doivent leur nom à une légende : des funambules marchaient sur des cordes tendues entre elles. Selon l'émissaire chinois Zhou Daguan, contemporain de cette période, elles auraient permis de régler les conflits. On enfermait à l'intérieur leurs protagonistes. Le premier à tomber malade était le coupable...

Les photos : http://cid-4391f06a356f4ffc.photos.live.com/browse.aspx/Cambodge%5EJ%20mars%202011.%20Angkor%20Thom

http://cid-4391f06a356f4ffc.photos.live.com/browse.aspx/Cambodge%5EJ%20mars%202011.%20Angkor%20Thom%20en%20noir%20et%20blanc

Stéphanie LANGLET sur Google+

Angkor Cambodge