La province de Preah Vihear

Visiter la province de Preah Vihear est vraiment une plongée dans un autre temps... Malgré les nombreuses installations militaires disséminées tout autour, la ville où je loge est un véritable bout du monde. Peu d'hébergements et de restaurants, pas d'éclairage municipal le soir, elle s'anime juste le matin avec son marché très fréquenté par les militaires en uniforme, ses véhicules de transport fantaisistes et son bus direct pour Siem Reap.

Mais la situation change vite : le pays se reconstruit, les routes se modernisent, et un musée est en cours de construction.

Difficile encore de nos jours de trouver un moyen de locomotion et un taxi me propose ses services pour un marathon des temples avec retour à Siem Reap. Je décide donc de faire du stop, ça me rappellera Sulawesi et puis j'ai le temps ! Ca vaut d'ailleurs mieux pour moi parce qu'il n'y a pratiquement pas de véhicules...  Au bout d'une dizaine de minutes, mon chauffeur de la veille passe par là sur son scooter :

- qu'est-ce que tu fais là ?

- Je fais du stop. Je voudrais rejoindre Koh Ker (prononcez Korr Ké) mais il n'y a ni bus ni taxi collectif.

- Tu es en train d'écrire Koh Ker sur ta feuille ? Attends, je te l'écris en khmer, ce sera mieux. Voilà, j'ai écrit "je veux aller au temple de Koh Ker".

- Merci !

- Tu sais, ça risque d'être dur de trouver un transport direct, tu ferais mieux d'essayer de trouver une voiture pour Kulen, à l'embranchement.

- Ok, puisque c'est plus simple !

Une voiture s'arrête. Le chauffeur me questionne et passe un coup de téléphone. L'interlocuteur au bout du fil refuse d'aller à Koh Ker. Puis un vieux monsieur passe sur son scooter. Il s'arrête et discute avec le jeune. Il repart dans l'autre sens puis revient à nouveau... avec un taxi collectif ! La gentillesse des Khmers n'a décidément aucun équivalent ! Quatre personnes s'entasse à l'arrière du taxi. Le passager à l'avant descend pour me faire une place sur son siège. Nous éclatons de rire en nous reconnaissant : c'est la personne à qui j'avais refusé une place sur mon siège la veille ! Il me demande si c'est un problème de se serrer. Cette fois, ça m'est bien égal puisque je paierai à peu près le même prix qu'eux. Quelques minutes plus tard, nous sommes entassés à 8 dans une voiture de 5 places ! Un dernier adulte partage le siège du conducteur qui se retrouve coincé entre le frein à main et son voisin... Une course de scooter plus loin et je me retrouve installée dans une maison d'hôtes en bois et prête à visiter le site de Koh Ker. Là encore, alors que je parcours le long sentier vers le premier vestige, deux jeunes femmes en scooter s'arrêtent et me font signe de grimper. Nous voilà à quatre sur l'engin, la passagère portant son bébé dans les bras !

Le site s'avère décevant. Un couple de jeunes polonais m'explique qu'ils ont dû payer très cher pour voir Prasat Thom ("Grand Sanctuaire"), une pyramide à sept degrés qui ne se visite plus. Je décide donc de simplement faire le tour du site avec eux, une agréable promenade sous les bois ponctuée de quelques sites en ruine et peu entretenus...

Les photos : http://cid-4391f06a356f4ffc.photos.live.com/browse.aspx/Cambodge%5EJ%20mars%202011.%20Koh%20Ker

Stéphanie LANGLET sur Google+

Angkor Cambodge

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