Tranches de vie cambodgienne au Ratanakiri.

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Il y a encore quelques années, la province du Ratanakiri, à l'extrême nord ouest du Cambodge, devait être un véritable paradis ethnologique et naturel. Aujourd'hui malheureusement, la déforestation, en grande partie organisée par les élites du pays, a fait son oeuvre et le tourisme a fait le reste pour transformer les environs de Banlung en véritable Disneyworld pour les touristes en quête de facilité... Le parc national de Virachey n'est accessible qu'à des tarifs totalement disproportionnés par rapport à la faune et à la flore qu'on peut y voir, et la découverte des villages des minorités ne se fait que dans le cadre des packages proposés par les guides locaux. Mais qu'importe, la voyageuse que je suis aime prendre son temps, marcher et sait qu'à quelques mètres des circuits classiques on peut découvrir une vie encore pleine d'authenticité...

J'ai donc décidé de me rendre à pieds au lac volcanique de Yeak lom et d'en rentrer par les petits sentiers passant par les petits villages. A quelques mètres de la route principale, un village est fait de maisons traditionnelles. Ici, lorsqu'une jeune fille atteint la puberté, on lui construit une maison à proximité de l'habitation principale. Elle est alors libre d'y recevoir les jeunes hommes qu'elle souhaite et il n'est pas rare que ses parents élèvent l'enfant qu'elle a eu d'un amant de passage.


Alors que je cherchais le sentier, j'ai rencontré un groupe de femmes et d'enfants près du point d'eau. Les femmes, vêtues d'un simple sarong leur couvrant le bas du corps, faisaient la lessive, la vaisselle, préparaient les légumes pour le repas du soir. Les enfants se lavaient et s'amusaient dans l'eau, aidaient les adultes et profitaient de plaisirs simples.

Un peu plus loin, des femmes travaillaient dans les champs, pendant qu'un homme se reposait tranquillement à l'ombre d'un arbre. Il n'est pas rare de voir en Asie les femmes réaliser les plus durs travaux...

A quelques mètres de l'entrée de Banlung, un groupe d'enfants jouaient à l'écart, pendant qu'en ville se préparaient une grande fête d'anniversaire pour une fillette de deux ans, et de nombreux mariages. En ce moment, c'est en effet la saison des mariages...

Le lendemain, ma promenade m'a menée encore plus loin, aux cascades de Katieng et Kachang, très certainement beaucoup plus impressionnantes à la saison des pluies. A proximité, la jungle a fait place aux plantations d'hévéas, une vraie mine d'or pour les investisseurs... Je ferai le retour à l'arrière du scooter d'un jeune homme, heureux et fier de me montrer à toutes ses connaissances et me faire visiter sa maison. L'oubli de mes lunettes de soleil sur une marche de ses escaliers sera une aubaine pour lui, lui donnant l'occasion de nous faire faire un tour complet du village !

Le lever matinal du jour suivant me permet d'aller prendre quelques clichés de l'immense marché de la ville. Le khrama, le tissu traditionnel khmer, enroulé autour de la tête des femmes, ajoute encore plus de couleurs à leur tenue déjà très colorée et aux stands de fruits et légumes exotiques, de viande, poissons et autres articles flambants neufs. Certaines portent le sarong, mais il n'est pas rare de les voir se promener ou travailler... en simple pyjama ! Les plus frileuses portent un bonnet de laine sur la tête, d'autres des chapeaux traditionnels, mais jamais le chapeau conique réservé aux Vietnamiennes. Souvent, elles sont assises à la façon asiatique, accroupies dans une posture qui nous serait assez inconfortable...

Sur le marché, on peut presque tout trouver : alimentation, articles ménagers, bijoux, et même coiffeur-maquilleur-vernisseur d'ongles de pieds ! On y prend souvent le petit-déjeuner : soupe de nouilles, porridge khmer, riz, nouilles ou mets plus exotiques comme les alvéoles remplies de miel et d'abeilles grillées.

Je me rends ensuite à quelques kilomètres au sud de la ville, au Wat Thmey ou nouvelle pagode, où je passe de longues heures à discuter avec les moines. Le terme pagode (Wat) est en effet utilisé ici pour désigner les lieux où vivent les moines, alors que le temple (Prasat) n'en accueille plus.

Voici les quelques clichés de cette agréable promenade : http://cid-4391f06a356f4ffc.photos.live.com/browse.aspx/Cambodge%20mars%202011.%20Ratanakiri

Stéphanie LANGLET sur Google+

Cambodge