Croyances animistes birmanes

Le quotidien des Birmans est encore aujourd'hui très marqué par leurs croyances animistes et les superstitions.

Dans les villages shan, on trouve toujours au moins un kin-gyiao. Il s'agit d'une sorte d'autel, dans lequel un phallus en bois se dresse vers le ciel. On peut parfois apercevoir l'urne remplie d'huile végétale placée en-dessous. L'ensemble est sensé assurer la fertilité de la terre.

Kin-gyiao birman

On trouve également un peu partout, et surtout dans les villages shan autour de Hsipaw où les gens sont très pauvres et peu éduqués, des sanctuaires dédiés aux nats, les esprits. Ce peut être l'esprit d'un site, d'une personne comme un personnage historique mort d'une mort violente ou injuste, d'un arbre, etc.

Mais on trouve également des sanctuaires pour les nats dans les grandes pagodes du pays. Pour faire accepter le bouddhisme, le roi Anawrahta a en effet introduit un 37ème nat, Thagyamin, divinité hindoue inspirée d'Indra et roi des nats. Indra étant traditionnellement un serviteur de Bouddha, cela permit à la fois d'introduire le bouddhisme et de faire des nats des serviteurs du bouddhisme. Ce syncrétisme se retrouve dans tout le pays, où un temple peut renfermer à la fois des statues de Bouddha, des nats et des divinités hindoues.

Les sanctuaires des villages shan sont reconnaissables aux rubans rouge et blanc disposés un peu partout. On peut voir aussi ces bandes de tissu aux rétroviseurs des véhicules. Ces deux couleurs sont sensés attirer la protection des nats. L'esprit d'un grand banian peut aussi être honoré à l'aide de ces couleurs et d'un ou plusieurs autels. L'esprit ainsi honoré étendra son influence bénéfique sur le voisinage.

Sanctuaire nat

Dans des sanctuaires et les maisons, le nat le plus vénéré, Eindwin-Min Mahagiri, le Seigneur de la grande montagne dans la maison, est représenté par une noix de coco recouverte d'un gaung baung, un turban rouge. Ici, il est entouré de deux nats humains.

Souvent, des lits sont disposés dans des cages dédiés aux nats. Des gens viennent y passer la nuit sous la protection des esprits... et des moustiquaires.

La vie des Birmans est aussi marquée par les HUIT jours de la semaine. Huit, pour correspondre aux huit planètes (on retrouve ces huit planètes dans les croyances hindoues, les pélerins tournant dans les temples autour d'autels dédiés à ces huit planètes). A chaque jour correspond un chiffre, une planète et un animal mythologique.

Un : Dimanche, soleil, Garuda.

Deux : Lundi, lune, tigre.

Trois : Mardi, Mars, lion.

Quatre : Mercredi matin, Mercure, éléphant avec défenses.

Huit : Mercredi après-midi, Yahu, éléphant sans défenses.

Cinq : Jeudi, Jupiter, souris.

Six : Vendredi, Vénus, Cochon.

Sept : Samedi, Saturne, le dragon et Ya Hu.

Stéphanie LANGLET sur Google+

Myanmar