Le festival de Tabaung

Après un copieux petit-déjeuner composé de mohinga (soupe traditionnelle avec des nouilles, du bouillon de poisson, du citron et je ne sais trop quels autres ingrédients), d'une sorte de crêpe, de thé et de papaye, j'ai voulu aller réserver mon billet de bus pour Pyay (prononcez... Pyi). Avec la foutue carte du Lonely, je me suis paumée une fois de plus, ce qui m'a donné l'occasion de rencontrer un jeune Birman travaillant à la réception d'un hôtel de luxe. Il m'a gentiment emmenée dans un autre hôtel pour s'assurer du lieu de la société de bus (il connaissait mais voulait être sûr de ne pas se tromper !) et m'a aidée à acheter mon billet pour un départ à 8 heures demain matin. Pyay se trouve à 6 heures de Yangon et sur la route pour Bagan, ce qui me permettra de couper le voyage et de profiter des paysages plutôt que d'emprunter un dangereux bus de nuit. Je vais déjà tester la conduite birmane à droite avec un volant... à droite ! Alors les bus de nuit me paraissent encore moins adaptés ici qu'ailleurs...

Than Htike m'a ensuite emmenée jusqu'à l'arrêt de bus pour Shwedagon pagoda. Comme il prenait le même bus pour rentrer chez lui, il m'a donc accompagnée jusqu'à l'entrée pour les étrangers, soit la porte... ouest (original quand on sait qu'on est souvent surnommé les Westerners, puisque venant des pays de l'ouest !). Cette porte a l'avantage d'avoir toutes les installations nécessaires (casiers pour les chaussures, toilettes), mais ce n'est pas l'arrivée la plus spectaculaire sur cette magnifique pagode. L'entrée est l'est bien plus, avec ses élégantes tours en bois et tous les monuments qui vous assaillent dès votre arrivée.

J'ai dû passer quatre bonnes heures à faire un premier tour du grandiose stûpa central de 98 mètres de haut et tout en or. Tout autour, de petits sanctuaires renferment différentes statues de Bouddha devant lesquels les fidèles prient après avoir offert encens, nourriture, fleurs et boissons. Des sanctuaires en plein air, manifestement ceux réservés aux jours de la semaine, sont l'objet d'un culte encore plus important. De nombreux fidèles se pressent autour et offrent de l'eau à la statue de marbre centrale.

Offrande d'eau aux divinités de Yangon

Plus le temps passe, plus les pélerins sont nombreux. Il faut dire que mon deuxième jour à Yangon, au lieu d'aller vers Bagan directement, s'explique par la tenue du festival de Tabaung, lors de la pleine lune de mars, soit aujourd'hui cette année. Le désordre se fait de plus en plus grand. Alors que les plus disciplinés tournent dans le sens des aiguilles d'une montre, d'autres tournent en sens inverse, ce qui crée de gros bouchons et des collisions. Bientôt, une procession de statues de Bouddha protégées par des parasols blancs, fait le tour avec nous.

Procession paya Shwedagon Yangon

Lors de mon deuxième tour de l'édifice, je m'aperçois qu'il est bien plus grand que je ne l'imaginais. Derrière la plupart des édifices de la deuxième ceinture, d'autres édifices plus ou moins grands sont éparpillés sur tout le site de plusieurs hectares.

Les heures passent et je marche toujours pieds nus sur le marbre de plus en plus chaud, jusqu'à l'overdose de bouddhas !!! Il y a tellement de sanctuaires et tant de statues que je finis par ne plus savoir ce que j'ai déjà vu. Il est temps de redescendre sur le sol collant. Pour Tabaung, tout le monde se voit en effet offrir des jus de fruits et de l'eau.

Parvenue à l'entrée, je discute un long moment avec le jeune de la réception. Nous échangeons sur nos deux pays et il m'indique les endroits que je devrais visiter. Il me propose de m'accompagner après son travail à la pagode Chauktathyi, trop loin d'après lui par ce soleil.

Je décide de me rendre au mausolée du dernier Moghol, Bahadur Shah Zafar, exilé ici quatre ans avant sa mort. Le site est loin d'être aussi impressionnant que le mausolée musulman que j'avais visité à Bombay... A la sortie, je suis interpelée par une touriste que j'avais aperçue à Shwedagon. Il faut dire que son look de "Madame Irma" (turban coloré, longue robe ample et nombreux bijoux voyants) est loin de passer inaperçu. Elle est Suisse mais vit à Shiraz avec son fils pakistanais. Tous deux m'offrent un thé et des bananes pour me remercier d'avoir rendu visite au Shah. Peu de touristes s'aventurent jusqu'ici et tous deux aiment tellement cet homme, grand érudit de son époque, qu'ils se montrent particulièrement touchés quand un rare touriste vient lui rendre un dernier hommage. L'intermède est plaisant tant le duo est hors norme et Madame Irma à la fois cultivée et quelque peu illuminée... Je décide de poursuivre vers deux autres pagodes plutôt que de les suivre vers la rivière. Deux nouveaux bouddhas méritent une visite : l'impressionnant bouddha assis de Chauktahyi et le bouddha incliné de Ngahtatgyi.

Bouddha assis

Alors que je m'apprête à repartir vers le lac et la Shwedagon, je suis abordée par deux vieux messieurs et un jeune. Malgré leur gentillesse, je suis sur la défensive : l'un d'entre eux a fait demi-tour pour marcher avec moi et tous ne cessent de me demander si je suis heureuse... Après une promenade agréable au milieu des monastères, nous arrivons au lac et à la porte est de la Shwedagon. Le premier plus âgé nous a quitté depuis un moment, le deuxième s'apprête à faire de même. Le discours bien huilé commence : lui aussi est très fatigué pour travailler beaucoup et gagner peu, et puis surtout il doit se faire opérer des yeux; c'est un homme bon et gentil, il peut bien sûr compter sur ma charité... Je demande froidement "You want money, right ?" "Yes" "I'm sorry but my answer is no. Thank you for your help, bye bye." Je déteste ce genre d'individus mais on en trouve malheureusement partout...

Cette "mésaventure" ne m'arrête pas pour autant. Je retourne prendre un bain de foule à la Shwedagon. Les pélerins sont tellement nombreux qu'il est très difficile d'accéder jusqu'au stûpa, mais quelle récompense !!!

Le dôme est totalement différent sous les lumières artificielles et tout n'est que débauche de guirlandes lumineuses de toutes les couleurs. Mais il est déjà presque 20 heures, je n'ai rien mangé depuis le petit-déjeuner et ici on se couche tôt. J'ai la chance de pouvoir sauter tout de suite dans un bus pour Sule pagoda et d'aller dévorer un chicken bryani dans un des restaurants indiens de mon quartier. Demain, le réveil sera très matinal...

Toutes les photos de Yangon

La vidéo du festival :

Stéphanie LANGLET sur Google+

Birmanie Myanmar

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