Le train au Myanmar.

Après ma ballade de la veille, je comprends mieux pourquoi on est chahuté dans tous les sens dans les trains ici. Nombre de feux sont allumés pour assurer la culture sur brûlis, sans se soucier de savoir si on se trouve aux abords d'une voie. Souvent, les traverses brûlent en partie et le seul poids de mon corps a souvent suffit à soulever les rails... N'empêche qu'il serait bien dommage de ne pas découvrir le reste de la ligne panoramique jusqu'à Thazi. Plus que les beaux paysages, c'est l'activité à chaque arrêt qui me passionne.

Animation en gare birmane

Dès qu'on arrive à proximité d'une des nombreuses gares, l'animation bat son plein. Des femmes et enfants portant eau ou nourriture sur leur tête arpentent le quai pour vendre leurs produits, d'autres ont improvisé un petit marché de plein air, les passagers chargent ou déchargent leurs volumineux sacs de riz, légumes et marchandises les plus diverses par les portes et fenêtres. Quand ça ne va pas assez vite, les marchandises sont brutalement jetées au sol. Certains courent même avec leur lourd chargement sur la tête, le jettent dans le train et sautent à l'intérieur en marche.

Vendeuse birmane

Quant à certains tronçons de la ligne, la voie unique se coupe parfois en deux. Rapidement, je comprends à quoi sert cette deuxième ligne : il s'agit uniquement pour le train de pouvoir faire demi-tour ! A chaque aiguille, un jeune homme attend patiemment le passage d'un rare train pour l'acheminer vers le cul-de-sac avant de le faire repartir vers la deuxième voie. Quand il a de la chance, le demi-tour ne servait qu'à desservir un village lointain et la manoeuvre est répétée pour que nous puissions repartir par l'endroit d'où nous sommes arrivés. Nous revenons souvent sur nos pas dans la montagne, la ligne faisant souvent un Z dont les deux lignes horizontales sont bien plus longues que la petite oblique, permettant à certains employés de descendre en marche, dévaler la pente et nous attendre à la gare suivante !

Alors que je prends des photos dans une gare, deux collègues birmans arrivent devant moi pour poser. Je discute avec eux mais ils ne comprennent pas tout. Une fois le train reparti, l'un d'eux vient régulièrement s'asseoir à mes côtés. Toutes les photos de la famille y passent : femme, enfants, petits-enfants... Pour me débarrasser de lui, je lui dis que j'ai un petit ami en France mais rien n'y fait et il me drague de plus belle jusqu'à ce qu'il me demande mon métier et que je lui dise que je travaille aussi en gare. Tout content, il part annoncer la nouvelle à ses collègues. Du coup, à l'arrivée à Thazi, le responsable du train m'accompagnera jusqu'à ma Guesthouse pour s'assurer que j'arrive à bon port !

Les photos prises durant le trajet en train de Kalaw à Thazi

Stéphanie LANGLET sur Google+

Birmanie Myanmar

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