Magwe, Myanmar

Nouveau reveil matinal pour prendre le bus pour Magwe. Le patron de la guesthouse m'emmène prendre le petit-dejeuner à l'extérieur, puis à la gare routiere. Bien sûr, il me réclamera 1000 kyats pour la course et 100 pour le parking. Il n'y a pas de petit profit...

Les sept heures de route sont plutôt agréables, les pagodes ponctuant un paysage rural : rizieres inondées, paysans cueillant le riz, chars à boeufs, têtes surmontées d'une serviette ou d'un turban, petits hameaux de maisons sur pilotis en bambou et au toit de feuilles ou de tôle... A la gare routière, un homme m'aide à repérer la compagnie de bus pour Bagan. Il propose de m'emmener en ville sur son vélo équipé d'un fauteuil. J'accepte pour lui faire un peu d'argent, bien que j'ai de gros scrupules avec mes deux sacs en plus de mon poids. Il m'emmène dans une première guesthouse miteuse. La chambre est à 18 dollars. Les hoteliers deviennent vraiment fous au Myanmar. Nous tentons une deuxieme guesthouse. Huit dollars pour une cage à poules meublée d'un lit et d'une tablette... Le matelas est d'une finesse à faire peur. Je visite une chambre double avec salle de bains privative pour... 25 dollars. On frise le ridicule quand on voit l'état de délabrement des lieux, mais tous les hotels se valent malheureusement dans cette ville. Je prendrai finalement la cage à poules dont on me change les draps. Un jeune homme passe de la bombe anti-cafards et autres charmantes bestioles sous le lit. Autant dire que la nuit fut rude, entre le "matelas" trop fin et les rêves de bébètes courant sur les murs...

Magwe fut néanmoins une étape agréable. J'ai commencé par traverser le pont de 2,8 kms sur le fleuve... du moins j'ai presque traversé jusqu'au bout puisqu'un jeune homme de Minbu, le village où je me rendais, m'a emmenée sur son scooter. Celle-ci vibrait tellement que tout mon corps suivait le même mouvement, jusque dans mon crâne ! Nous sommes passés à côté d'une belle pagode au bord du fleuve, déjà visible depuis le pont, puis par le typique village avec ses jolies maisons de bambou finement tressé. Plusieurs motifs de tressage sont mélangés pour donner à chaque maison son caractere unique. Alors que j'ai repris ma marche, un jeune m'accoste "si tu veux, je peux t'emmener dans le village où je vais." Sauf que le village en question est à près de quarante kilomètres ! "Je ne peux pas aller visiter ce village. Je dois revenir à Magwe." "Pas de problème, je rentre à Pyay demain matin, c'est sur la route."

Je continue mon chemin. A chaque fois que je demande où est le Nga Ka Pwe Taung, le lac du dragon, on me fait signe que c'est après le virage. Les kilomètres s'égrènent et je maudis le Lonely Planet qui prétend qu'il est à deux kilometres du pont. Un autre jeune me prend sur son scooter et me dépose enfin devant l'entrée. Le lac du dragon est un endroit sacré pour les Bouddhistes. D'ailleurs, de nombreux moines viennent ajouter le pourpre de leur robe au paysage lunaire. Il est particulièrement impressionnant sous le soleil du couchant. Quatre monticules remplis d'eau boueuse noirâtre, grouillant sous l'effet du gaz, ajoutent à l'étrangeté du paysage.

Alors que je viens de retrouver la route principale, un pick-up public m'offre de me raccompagner. Bien que la route soit jolie et que j'aurais aimé visiter quelques unes des belles pagodes qui la bordent, il est plus raisonnable d'accepter et de rentrer...

Stéphanie LANGLET sur Google+

Birmanie Myanmar

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