Meiktila, f****** Town.

Il y a des jours où on sent très vite que la journée va être pourrie et que tout va nous échapper...
Après un léger petit-déjeuner à la Guesthouse, il me restait un peu de temps pour me ballader aux alentours. Je suis arrivée jusqu'au marché, où les gens n'ont manifestement pas trop l'habitude de voir les touristes qui ne passent qu'entre deux trains. Ici plus qu'ailleurs, les coups de coude pour me montrer à son voisin inattentif à ma présence, les rires qui fusent à mon passage, les regards curieux et envieux de l'épaisseur de mes cheveux et de ma peau légèrement tannée par le soleil sont constants. Il faut dire que le marché est étendu et je suis la seule touriste. Je rends les sourires et les "mingalabar", prends quelques photos et il est déjà temps de préparer mon sac et aller en gare.

Enfants birmans

On m'y annonce que le prochain train pour Mandalay est à 19h ! Autant prendre le bus. Je n'aurai donc pas le plaisir d'admirer une fois encore l'animation des petites gares de village à chaque arrêt du train. Un chauffeur de calèche m'explique que les horaires ont changé cette nuit. Peut-être le train vient-il de Yangon et a t'il accusé un gros retard... Dans la rue principale, je questionne un moto taxi sur l'arrêt de bus. N'étant pas d'humeur à supporter son rire bête et quelque peu moqueur après 20 mns de marche avec mes deux sacs et sous un soleil de plomb, je finis par l'envoyer promener et retourner à ma Guesthouse juste en face. L'explication est simple : le gouvernement change régulièrement les horaires, sans préavis et alors que la période de festival qui commence remplit davantage les trains. Parfois, il n'y a même qu'un seul train par jour ! Le propriétaire me conduit jusqu'au Pick-up pour Meiktila. Au lieu des trois heures de train sans changement, il faut me rendre à une heure de là pour prendre le bus pour Mandalay. Au lieu des 500 kyats de trajet, j'en paye le double pour voyager à l'arrière. A l'avant, on m'aurait réclamé 2000, alors que le prix ne change pas pour les locaux. Ma voisine considère que j'ai payé pour elle, ce qu'accepte le préposé. Si au moins elle n'avait pas un air si renfrogné ! A Meiktila, la gare routière pour Mandalay est sensée être proche et à la Guesthouse on m'a prévenue de ne pas prendre de moto taxi qui arnaquent les touristes. Suivant les indications des locaux, je me retrouve à faire trois fois le tour du même quartier et je suis de plus en plus excédée. Mon sourire m'a définitivement quittée et je commence à répondre en français à ceux qui rient de me revoir passer. J'en arrive même à leur dire que leur ville est pourrie. Ayant pitié de moi, un jeune m'accompagne jusqu'aux bus. Je me vois réclamer 5000 kyats au lieu des 3000 prévus. Bien que je connaisse le prix exact, rien n'y fait. J'entre à la gare routière. Tous m'indiquent le minibus et me confirment le prix de 3000 mais personne ne m'aide... Je ressors. Un homme m'accoste "5000 ou rien." Je lui crie dessus : "réalises-tu que le train depuis Thazi est moins cher, met moins de temps et est direct ?" "5000" "non mais vous êtes tarés dans cette p***** de ville !" Hé oui, ça soulage parfois... Tant pis, je tente le stop ! En chemin, j'explique ma mésaventure à ceux qui me demandent où je vais. Désolés pour moi, ils me confirment le prix et la route. J'attends de sortir de la ville pour commencer le stop. Je sais que me prendre à bord ici pourrait attirer des problèmes à mon chauffeur. Je revois le minibus "5000" "va te faire voir."- en français... Je continue ma route. Quelques minutes plus tard, le minibus me rejoint "5000" montrés de la main. Je n'ai même plus envie de m'occuper d'eux et je ne réalise pas tout de suite que le 5 vient de se changer en 3. A peine montée, je paye mon dû, sans manquer de faire l'appoint...
Vive le train !

Stéphanie LANGLET sur Google+

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