Myin Dike et Thit La.

La gare de Myin Dike se trouve à plusieurs kilomètres au sud de Kalaw. Lorsque je m'aventure près des voies, je m'attends à ce qu'un agent des chemins de fer me sermonne de mon inconscience. Mais bien sûr, ici personne ne réagit à ce comportement habituel pour eux. Malgré tout, pendant les premiers kilomètres, je ne peux m'empêcher d'imaginer qu'un agent surgi de nulle part va donner un gros coup de sifflet et m'intimer l'ordre de sortir immédiatement de là. Il faut dire que le trafic est à flux tendu et que la voie est largement rentabilisée par un cadencement impressionnant... Au minimum chaque quart d'heure, on croise au moins une personne seule, des enfants, des familles, des groupes, des couples, des buffles au milieu des rails !

Marcher sur les voies en Birmanie

Pendant mon long périple, je ne croiserai que trois trains. Parvenue à la gare, je décide d'emprunter un chemin au hasard.

Une femme pa-o et une danu sont attablées autour d'un verre de thé. Au croisement suivant, alors que je suis arrêtée plus loin pour profiter du paysage, leur chemin se sépare. C'est la femme pa-o qui emprunte le mien. Après une longue marche dans la montagne, je parviens en fait dans un village partagé par des pa-o, danu et Taung yo. 

De retour à la gare de Myin Dike, tous s'étonnent que je sois allée si loin et que je sois parvenue à me repérer dans ces montagnes. Même réaction de la part d'une vieille femme née d'un père indien, qui me proposera même de rester vivre avec ses sœurs et elle, et de nous occuper ensemble des cochons et cultures. A côté de moi, Frédéric Lopes chez les Lolos noirs du Vietnam auraient assurément fait figure de pro lorsqu'il s'occupait des cochons !

Les photos de Myin Dike et Thit La.

Stéphanie LANGLET sur Google+

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