Pyi, Pyia ou Pyay...

A quelques kilomètres de différence, la prononciation peut beaucoup varier. Je ne m'étonne plus que le merci birman qu'on a voulu m'apprendre une première fois n'ait rien eu à voir avec le second, puisqu'à Yangon pour la ville que je rejoins on me disait Pyi, à la gare routiere Pyia... et dans la ville même Pyay !

Je décide d'acheter tout de suite mon billet pour Magwe, la destination du lendemain. Heureusement, un chauffeur de trishaw m'aide à trouver la compagnie dont les billets sont à 4100 kyats... alors que la première me réclame 8000 ! Pour le remercier, j'accepte ses services pour aller en ville. Il me dépose à la Myat Lodging House où le propriétaire tente de gonfler exagérément les prix. Je ne suis pas surprise, j'avais lu la mésaventure d'un Français à qui il avait tenté d'estorquer 30 dollars au lieu des 13 demandés au début... Je décide d'aller ailleurs. Le propriétaire me retient en baissant le prix. "Petit déjeuner compris ?" "Non, ce n'est déjà pas cher." Les hôteliers birmans feraient bien d'aller voir l'offre hôtelière d'autres pays d'Asie ! Je m'en vais a nouveau. "Ok, breakfast." souffle t'il désabusé...

La principale attraction de Pyay est la Paya Shwesandaw, un des plus importants lieux de pèlerinage bouddhique du pays. Son stûpa est construit dans le style classique bamar et présente la particularité d'être couronné de deux htis - couronne du stûpa en forme d'ombrelle. Il renfermerait quatre mèches de cheveux du Bouddha. Un de ses bâtiments abriterait une dent du Bouddha dans une cloche dorée cadenassée conservée dans une vitrine.

Pagode Shwesandaw Pyay

La pagode domine le paysage depuis sa colline. En contrebas, un immense Bouddha s'élève jusqu'à la Shwesandaw, semblant veiller sur elle. Le paysage est particulièrement joli : fleuve, monastères, montagnes, pagodes.

Paya Shwesandaw Pyay

On accède à la Paya Wunchataung, depuis laquelle la vue sur la Shwesandaw est magnifique, par une petite route ponctuée de maisons sommaires en bambou tressé. J'emprunte les escaliers couverts d'une première pagode que je prends pour la Wunchataung. Des moines sont montés à califourchon sur des arbres, les coupant. Je ne suis pas très rassurée pour eux, ce que note un vieux moine. Il m'invite à monter vers la paya. Le panorama me laisse perplexe. Avec les arbres, on ne voit pas la Shwesandaw. Le vieux moine est toujours dans les escaliers. Nous discutons un moment avant qu'il ne comprenne ma méprise et me conduise jusqu'à la bonne pagode. Il me questionne sur son pays. Je lui parle de Nyne Chang, à qui je pense forcément très souvent depuis que je suis ici, de cette envie d'autant plus forte qu'il m'a donnée de découvrir sa culture et son pays, de sa gentillesse et de sa capacité à irradier le bonheur autour de lui, de cette sérénité et de ce sourire qui ne le quittaient jamais malgré les épreuves qu'il avait traversées. Le vieux moine saute sur l'occasion : il me demande mon adresse mail et veut devenir mon ami. L'attention est sympathique mais comment peut-il croire qu'au bout de quelques minutes de discussion on puisse construire une relation aussi forte que celle que j'ai eue avec Nyne Chang... Il est de ces rares personnes qui vous transmettent sans même s'en rendre compte leur sérénité et leur joie de vivre, de ces précieuses relations qui vous apportent un grand bonheur tranquille sans que vous sachiez vraiment expliquer pourquoi. C'était généralement auprès de lui que les habitants de Mae Sot venaient prendre conseil, alors que le temple était plein de moines bien plus âgés et avancés dans la pratique que lui. Avec ses amis, nous pouvions passer des heures à parler de tout et de rien, juste pour le plaisir d'être ensemble. Nyne Chang et ses amis ont été un très beau cadeau de la vie.

Nyne Chang

Les photos de la Pyay et de la Paya Shwesandaw

Stéphanie LANGLET sur Google+

Birmanie Myanmar

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