Yangon

Ce matin à l'aéroport de Bangkok, j'ai retrouvé Tatiana, une Russe rencontrée la veille lors de la collecte de mon visa. On savait qu'on prenait le même vol. Son mari américain est diplomate au Kazakhstan et elle venait au Myanmar pour la deuxième fois pour acheter des pierres précieuses ! Elle a gentiment demandé à son chauffeur de me conduire jusqu'à mon hôtel et m'a donné tout un tas de tuyaux; vraiment une rencontre sympathique une fois de plus.

Mon hôtel est situé en plein centre, près de Sule Pagoda, une pagode au stupa en or au beau milieu d'un rond point. Je trouve le prix un peu élevé pour l'Asie, mais le personnel est adorable et j'aurai droit demain matin au petit-déjeuner traditionnel. J'ai donc pu passer une partie de la journée à me promener dans le centre. Je dis depuis des années que les Birmans sont les gens les plus gentils que je connaisse et que j'ai vraiment eu un gros coup de coeur pour ce peuple en Thaïlande; c'est au-delà de toute mesure. Même a Yangon, alors que dans les grandes villes des autres pays les gens sont généralement beaucoup moins accueillants, il est impossible de regarder sa carte ou son guide de voyage sans que les gens se précipitent pour proposer leur aide. Bien sûr, c'est toujours difficile de faire comprendre qu'on a juste envie de fureter. C'est aussi inconcevable ici qu'ailleurs en Asie de marcher juste pour le plaisir. Alors j'écoute complaisamment les explications de mes guides improvisés qui veulent bien sûr me faire prendre le plus court chemin. Comment pourrais-je leur faire comprendre que je suis une adepte du chemin des écoliers ? J'écoute, je souris, je remercie, me contentant d'apprécier le moment de partage plutôt que de vraiment m'intéresser au nouvel itinéraire. En fin d'après-midi, je suis retournée dans le quartier chinois. Tout au long du chemin et dans une bruyante agitation, les stands de fruits et légumes, de nourriture traditionnelle, dégageaient mille parfums enivrants, ajoutant au charme de la promenade. Dans le principal temple chinois, une femme m'a expliqué en détail ses croyances religieuses. Dès que son travail à l'ambassade le lui permet, elle s'échappe pour venir prier dans ce beau temple dédié à la déesse de la rivière. Avant notre discussion, elle utilisait les bâtons de divination pour connaître son avenir. Juste avant, c'était deux bouts de bois oblongs qu'elle jetait à terre après avoir prié. Elle m'explique qu'elle pose une question à la déesse. Si les bouts de bois tombent tous deux sur la même face, la réponse est négative. Trois essais sont autorisés à chaque fois. Le meilleur moment pour demander un service est le matin. Si la mer se met à être très agitée, c'est que la déesse a accédé à la prière. Elle me montre également un petit sanctuaire sous l'autel principal. Les gens y déposent des offrandes à deux petites statues de tigre (un mâle et une femelle) pour chasser le mauvais oeil. Cette pratique est selon elle répandue dans tout le sud asiatique et en Chine. Lorsqu'une personne sent qu'une autre (souvent un riche homme d'affaires pour faire prospérer son affaire...) lui a jeté un mauvais sort, il vient s'en défaire auprès du couple de tigres. Elle m'assure que ces pratiques marchent à tous les coups et elle conclura en me recommandant de mettre un citron dans mon sac afin que personne ne me touche pour essayer de me voler ! Alors que cette femme a conscience que la jeune génération, chinoise notamment, ne croit plus et se moque de telles croyances, j'ai vraiment été admirative de l'entendre m'en parler aussi facilement... Mon voyage ne fait que commencer et ce peuple m'a complètement conquise.

Temple chinois yangon

Stéphanie LANGLET sur Google+

Birmanie Myanmar