Aït Benhaddou et l'oasis de Fint.

Après une nouvelle nuit passée à dormir sur la terrasse, il a bien fallu se décider à refaire nos sacs à dos mais j'avoue que la motivation n'était pas au rendez-vous; dur de quitter un endroit aussi chaleureux. Je téléphone à divers offices de tourisme pour savoir comment rejoindre M'hamid depuis ici. On m'annonce que sans véhicule de location, ce sera quasiment impossible de rejoindre le désert (chouette alors Embarrassé). Je déploie alors une belle énergie (si si, je vous assure) pour essayer de trouver une solution de rechange et une autre route sympathique pour rejoindre Marrakech en quelques jours, mais on m'explique qu'il n'y a guère que la route que nous avons prise à l'aller... Nous voilà contraintes et forcées Clin d'oeil de nous rallier aux conseils de nos hôtes qui, dans leur grande prévenance, ont tout prévu pour que nous partions pour une excursion des plus agréables à l'oasis de Fint. Notre guide, Abdou, est chauffeur guide. Il nous explique le système des permis au Maroc. Il fait partie de ces rares chauffeurs à avoir le droit de promener les touristes à travers tout le pays.

A chaque fois que nous nous exclamons sur la beauté du paysage, Abdou s'arrête et nous prenons quelques jolies photos.

 
A quelques kilomètres de l'oasis, la route se transforme en piste et semble réservée aux seules jeeps des touristes. Sous nos yeux ébahis, Abdou continue à avancer et nous explique qu'il suffit de savoir conduire sur ce genre de piste pour pouvoir l'emprunter en taxi. Nous traversons même un petit oued avant de nous garer à l'ombre d'une maison traditionnelle.
Cette magnifique oasis abrite 1200 habitants et fut le lieu de tournage de plusieurs films dont Astérix, mission Cléopâtre (je sais, ce n'est pas une référence mais c'est le seul dont je sois sûre du lieu de tournage!). Abdou nous parle avec passion des cultures, du système d'irrigation, de la vie locale et nous finissons la promenade accompagnés de deux adorables gamins qui nous offrent à chacune une superbe rose très parfumée. La faune et la flore sont très riches et Abdou capture de drôles de petits vers (ça ressemblait un peu à des sangsues) pour mettre...dans sa piscine, bizarre!

De retour à la voiture, Abdou nous demande si nous avons le temps d'accepter l'invitation à boire le thé du propriétaire de la maison. Nous nous empressons bien sûr d'accepter et nous retrouvons à partager une agréable collation assises sur le sol de la pièce principale de la maison : thé à la menthe, pain et fruits secs. Comme à chaque fois, nos hôtes ne possèdent quasiment rien, mais sont d'une extrême gentillesse et hospitalité.
Abdou nous aide gentiment à faire quelques courses. Il nous offre même des pâtisseries marocaines, avant de nous faire visiter la kasbah de Tifoultoute. 
Nous passons une nouvelle nuit bien agréable la tête dans les étoiles filantes.
La journée du lendemain est consacré à la piscine et même la lessive devient un moment convivial puisque tout le monde nous aide (là, c'était un peu gênant je l'avoue...). Comme d'habitude, nous sommes gentiment invitées à partager le déjeuner des garçons : des sardines grillées au barbecue. Tous ces petits doigts d'une propreté parfois douteuse s'activent pour nous préparer de petits morceaux de pain farcis aux sardines. Et évidemment, ce qui devait arriver arriva le lendemain, je n'étais pas en état de passer plusieurs heures dans un bus pour repartir vers Marrakech ! Il faut dire que ces délicieuses sardines avaient été mises sur le barbecue ni vidées ni lavées...
 
Pour la plus grande joie de nos hôtes, nous passons donc une dernière journée en leur compagnie et décidons de fêter dignement notre départ par l'achat d'une bouteille de vin rouge au prix exorbitant. Jalil, le jeune serveur toujours tiré à quatre épingles, improvisera même une entrée des plus remarquées, portant dignement un plateau et deux verres de vin. Demain, ce sera le vrai départ et je ne suis pas impatiente de retrouver Marrakech Arnakech comme tout le monde dit ici...
Quand je repense à ce merveilleux voyage et que je regarde mes photos, je n'ai qu'un seul regret... pas celui de ne pas avoir vu le désert, ça non, mais celui de ne pas avoir su mettre davantage ma pudeur de côté pour immortaliser le sourire de chacune de ces belles rencontres...
Les photos : https://skydrive.live.com/?cid=4391f06a356f4ffc&sc=photos#cid=4391F06A356F4FFC&id=4391F06A356F4FFC%215691&sc=photos

Stéphanie LANGLET sur Google+

Maroc