Les alentours de Mae Sot.

Alors que je passe dire au revoir à mon ami pour me diriger vers le sud, il me convainc de m'attarder davantage dans la région pour découvrir les temples des alentours. Je ne me fais pas prier, appréciant d'apprendre en compagnie si insolite. Jamais en tant que femme je n'aurais pensé être accueillie ainsi par des moines et je ne suis pas pressée de mettre fin à ces moments que je n'oublierai jamais. Nyne Chang appelle son copain de la veille. Maintenant que celui-ci n'est plus moine, nous pouvons librement louer un scooter et découvrir les environs ensemble. Nous visitons un premier temple birman. Leur particularité, contrairement à ceux de Thaïlande, c'est que toute l'enceinte est sacrée, même l'extérieur. On doit donc s'y déplacer pieds nus. La partie la plus importante est également interdite aux femmes; il s'agit de l'estrade où reposent les divinités et où les moines officient. Nous visitons le premier étage, aux murs couverts de mosaïques brillantes et décoré de nombreuses statues de Bouddha en or et en marbre. L'une d'elles a 60 ans, et la plus ancienne 150. Un vieux moine nous donne sa bénédiction et nous offre un collier de prière, toujours constitué de 108 perles de bois, chiffre sacré pour les Asiatiques mais aussi pour de nombreuses civilisations. Nous faisons un détour par un temple chinois et le Moei Market avant de nous rendre à Mae Ramat visiter le Wat Don Kaew. Le village est entouré par les montagnes. Les belles maisons en bois sont fleuries et les rues sont d'une impeccable propreté. Un singe accueille les visiteurs du temple. Il est habitué à l'homme et me laisse lui toucher les mains sans aucune peur. Un peu plus loin, les moines creusent le sol pour mettre à jour d'anciens vestiges. Le lieu est vraiment paisible et nous passons un long moment à discuter avec le doyen. Au retour, la chaleur est propice à une halte rafraîchissante au bord de la rivière. Pendant que les enfants se baignent dans une eau boueuse, les adultes sont confortablement installés sous des constructions en bambou. Notre dernière halte me mettra particulièrement mal à l'aise. Dans un temple en construction, deux moines me harcèlent de questions. Le plus jeune traduit les questions du doyen dans un anglais parfait : combien ai-je dépensé depuis mon arrivée, ai-je fait des donations aux temples, combien je gagne, quelle est la valeur de l'euro. Leurs intentions sont claires : la culture occidentale ne les intéressent absolument pas et ils n'ont qu'une idée en tête : me convaincre de faire une donation. Je refuse poliment en leur expliquant que j'ai passé des instants privilégiés au Wat Aran Ya Khet, ce qui lui a valu ma générosité à diverses reprises...

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Stéphanie LANGLET sur Google+

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