Mae Sot - Chiang Mai par le chemin des écoliers.

A 7 heures, je me rends au marché. J'espère pouvoir y prendre quelques jolis clichés de scènes de vie et de tenues traditionnelles. Les étals explosent de couleurs : le vert des tortues de Floride à déguster, les ocres des épices, le vert et le rouge des légumes frais, le jaune et le orange des fruits, les colliers d'offrande, les fleurs, la viande, les poissons de toutes les formes, frais ou séchés, les filets de crapauds, les originaux balais thaïs... Les femmes vêtues de batiks colorés portent de lourdes charges sur leur tête, pendant que les moines aux robes oranges ou marrons et les nonnes aux robes rose clair mendient leur nourriture ou se promènent sous leurs ombrelles marrons.Je me promène longuement, avant d'aller au temple saluer Nyne Chang. Il est surpris de me voir partir dès le deuxième jour des festivités : "c'est dommage, tu ne seras pas là pour la crémation, c'est un grand évènement intéressant". Je n'en doute pas et, même si j'apprécie l'originalité de découvrir cette culture inconnue en discutant avec ces moines, j'ai fait le tour de cette petite ville frontalière. Sur le chemin de la gare routière, on m'interpelle d'un "hello, temple !" C'est le vieux monsieur à la glace au riz qui passe sur un scooter. Les Birmans sont décidément très attachants, et c'est le coeur gros que je quitte la ville.
Je m'installe du côté gauche d'une camionnette orange (200 baths, soit environ 4€) : un jeune homme m'a parlé d'un village à quelques kilomètres, que je ne dois pas rater. Ma première étape, Mae Sariang, se trouve à sept heures de là. La route de montagne longe la frontière birmane, à travers un paysage qui a conservé toute son authenticité. Les maisons des villages sont faites de minces planches de bois, de tiges de roseaux et leurs toits sont en feuilles séchés. Des pagodes sont perdues en pleine nature. Notre songtaew ne cesse de s'arrêter au milieu de nulle part pour embarquer ou débarquer ses passagers, dont la plupart sont vêtus de vêtements traditionnels.

Nous nous arrêtons dans un village qui constraste avec ceux des tribus que nous avons dépassés jusqu'à présent. Les riches demeures sont faites de bois de teck vernis et les jardins privés sont remplis de fleurs. Ici, la route est bitumée, mais les drapeaux thaïs et birmans continuent à orner les maisons. Si nous nous arrêtons ici, c'est que nous avons crevé, et j'en profite pour me dégourdir les jambes, tout en prenant quelques photos.

Notre camionnette ne cesse de se remplir. Bientôt, des jeunes se tiennent debout sur la marche arrière, et d'autres s'accroupissent au milieu de nous. Notre chauffeur ne cesse de s'arrêter partout, négociant quelques achats au bord de la route, ou simplement discutant tranquillement. Certains passagers observent mes réactions et s'amusent beaucoup de me voir descendre lors d'une halte pour soulager la douleur... de mes fesses !

Après sept heures de spectacle permanent, je suis la dernière à être déposée à la gare routière de Mae Sariang. Je m'installe au River House, une bâtisse en teck dont les balcons donnent sur la rivière Salawin et la forêt. Même si le lieu ne manque pas de charme, je suis surprise d'y payer le même prix que pour mon joli bungalow de Mae Sot. Je suis invitée par des Suisses à partager une bière. L'un d'eux vit à Chiang Maï, et fait découvrir la région en moto à ses amis. Il me conseille de poursuivre dès le lendemain vers Mae Hong Son, Mae Sariang ayant peu d'intérêt selon lui. Le temps maussade me fait suivre son avis, et puis j'ai pris ma décision : il existe des bus entre Chiang Maï et Mae Sot, et j'ai très envie d'assister à la crémation !
Je mange un pad thaï assez quelconque sur la terrasse face à la rivière. Ce périple m'a épuisée...

Stéphanie LANGLET sur Google+

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