Photos du Vietnam

  • Les couleurs de Bac Ha

    Avec l'extrême Nord-Est, Bac Ha est sans conteste une de mes étapes préférées de ce voyage. J'y suis arrivée alors que le marché dominical venait de commencer.

    Les Hmongs fleurs avaient sorti leurs plus beaux atours, entraînant le visiteur dans un tourbillon de couleurs éclatantes. Bébés, petites filles, adolescentes et femmes rivalisent de beauté. C'est à celle qui sera la plus bariolée, qui aura le plus de broderies, de perles, de ceintures, de bijoux, de sacs brodés...

    On les imagine sans peine se préparer pendant des heures : d'abord les guêtres, un ou deux corsages, puis la jupe, voire une deuxième, un tablier ou deux, des ceintures, elles aussi toutes de couleurs différentes, un chauffe-épaules, des petites sacoches artisanales pour l'argent, le téléphone portable, les papiers, parfois encore un ou plusieurs fichus de couleur vive qu'on hésite pas, souvent, à recouvrir d'un chapeau... Celles qui ont de magnifiques cheveux longs les exhibent fièrement. Les bijoux, le parapluie, le panier traditionnel au dos ou le porte-bébé brodé...  La princesse est enfin prête à se rendre au marché... ou aux champs !

    Mais Bac Ha, c'est aussi plein de jolis villages traditionnels tout autour, des paysages montagneux et verdoyants, des rizières en terrasse, une population chaleureuse et accueillante à quelques exceptions près...

    Toutes les photos / the pics : https://skydrive.live.com/?cid=4391F06A356F4FFC&id=4391F06A356F4FFC%2114555&sc=photos#cid=4391F06A356F4FFC&id=4391F06A356F4FFC%2114586&sc=photos

  • Les marchés des minorités.

    Sapa et Bac Ha ont plutôt rimé pour moi avec "marchés" qu'avec randonnées... J'avais choisi cette période de voyage pour découvrir les rizières en terrasses au moment de leur dégradé de couleurs. Bien que Sapa soit réputé pour être un endroit très touristique, j'avais prévu de me balader au gré des villages de minorités éparpillés tout autour. L'après-midi de mon arrivée, je me suis installée dans une guesthouse tout près du marché avec vue sur le mont Fan Si Pan. Heureuse idée puisque le lendemain, la pluie est tombée presque toute la journée et je pouvais aller et venir à mon gré de ma chambre au marché animé surtout par les hmongs noirs et les zaos. L'ambiance y est plus tranquille le matin, les femmes y faisant leurs achats. L'après-midi, les infatigables hmongs noirs marchent aux côtés des touristes, espérant leur vendre des bijoux et tissus artisanaux. Certaines réclament même de l'argent pour avoir simplement marché à vos côtés... J'ai néanmoins fait la jolie rencontre de deux hmongs noirs "montées sur ressort". Elles prétendaient rentrer à pied vers leur village à de nombreux kilomètres de là. Voyant que je les questionnais sur la procession en musique que nous venions de croiser, elles m'ont emmenée au cimetière, où un enterrement se terminait. Un jeune couple zao, vêtu de blanc, la femme ayant la tête recouverte d'une dentelle, venait de perdre leur enfant. Voyant qu'ils ne pleuraient pas, les deux femmes m'ont expliqué que les funérailles hmongs sont très différentes. La famille ne cache pas son chagrin et tout le monde pleure beaucoup. Les lamentations et trois coups de fusil sont également la façon dont est annoncé un décès dans un village. La cérémonie est très traditionnelle. Les hmongs pratiquent en effet l'animisme et le chamanisme. Comme dans certaines cultures que j'ai pu découvrir, on sacrifie des animaux qu'on offre au défunt comme nourriture spirituelle et pour qu'il puisse s'en servir dans le monde des esprits. Les hmongs croient en la réincarnation. Mes deux acolytes étaient aussi curieuses que moi de découvrir cette tradition zao mais je les sentais en même temps assez pressées de partir. Chez les hmongs, ne participent en effet aux funérailles que les gens qui connaissaient le défunt. Pourtant, à peine éloignées du lieu de l'inhumation, elles reprenaient leurs sauts de cabri à grand renfort de rire! De vraies petites boules d'énergie et de bonne humeur...

    Peu de temps après, c'est avec une jeune femme de la minorité zao rouge que j'ai discuté longuement. Elle m'a expliqué comment porter la tenue traditionnelle (un long tablier robe ouvert sur les côtés au-dessus d'un pantalon noir ou bleu foncé, une ceinture large et très travaillée, des bijoux en argent et un turban), la façon dont elles s'épilent la peau et les cheveux, comment elles gagnent leur vie sur les marchés pendant que leurs enfants doivent rester seuls à la maison. Tout en me parlant, elle continuait à broder pour ne pas perdre une seconde de ce temps si précieux...


    Les photos : https://skydrive.live.com/?cid=4391f06a356f4ffc&sc=photos#cid=4391F06A356F4FFC&id=4391F06A356F4FFC%2114555&sc=photos

  • Pourquoi j'ai aimé mon voyage au Vietnam...

    Les sourires et les rires complices dans les villages peu touristiques...
    Les paysages incroyables, la végétation luxuriante, les canyons vertigineux, les déserts minéraux, la diversité des minorités et des costumes, se croire parvenue dans les Andes, que ce soit grâce a la tenue des hmongs fleurs à Bac Ha ou aux paysages de hautes montagnes luxuriantes des environs d'Ha Giang, de Dong Van et Meo Vac...
    L'impression d'être parvenue au bout de la route, du monde... et dans un lieu qui n'a pas changé depuis des années, où les cochons, les chiens, les canards, les poules, les chats, les buffles... s'ébattent ensemble en toute liberté...
    Voir les buffles côtoyer les tombes et les villageois qui discutent tranquillement...
    La vieille ville de Dong Van, un quartier ou règne un autre temps...
    Être totalement immergée dans le pays, sans aucun contact avec d'autres touristes...
    Les marchés colorés des habits traditionnels des minorités... Chaque minorité a son habit et le marché hebdomadaire est l'occasion de revêtir les pièces les plus belles.
    A Sapa, ce sont les costumes noirs ou indigos des hmongs noirs qui dominent, avec leurs bijoux en argent et leurs parures de cheveux argentées. Parfois, elles portent une coiffe assortie au-dessus de ces parures.

    Les tenues très recherchées des dzaos rouges et noirs occupent également une place importante. Les femmes se rasent les cheveux et les sourcils. Leur peau semble incroyablement jeune et lisse. Elles portent de très longues vestes brodées au-dessus de leur pantalon et une grosse ceinture argentée très travaillée. Leur coiffe est rouge ou noire selon leur ethnie. C'est un sous-groupe des hmongs.
    A Bac Ha, ce sont les costumes bariolés des hmongs fleurs qui éclatent de leurs couleurs et donnent au marché un parfum andin.
    On peut également croiser quelques femmes de l'ethnie Ha Nhi, reconnaissables à leur grosse tresse.
    Des Kim Miens, appelées à tort Dzaos par les Vietnamiens.
    A Dong Van, les femmes hmongs blancs portent de magnifiques ceintures colorées, souvent brodées, au-dessus de leur jupe scintillante et de leur chemisier fleuri. Leur tête est souvent couverte de différents fichus, ajoutant encore à tout ce patchwork de couleurs. Il s'agit en fait d'une modernisation de la tenue traditionnelle.
    Les hommes semblent tout droit sortis de Tintin au pays du lotus bleu, avec leur costume Mao et leur béret assorti, parfois de travers lorsqu'ils ont abusé de l'alcool de riz.
    On trouve également beaucoup de femmes de l'ethnie giay.
    A Meo Vac, pourtant à seulement une vingtaine de kilomètres de là, les ethnies sont encore différentes et on croise surtout des dzaos, des nungs et des hmongs blancs. Les gros turbans de certaines femmes dzaos sont particulièrement impressionnants.
    Je n'ai malheureusement pas vu de lolos, ethnie très présente normalement à Dong Van et Meo Vac, à la coiffe particulièrement jolie. http://www.flickr.com/photos/waltercallens/371033897/in/photostream/lightbox/
    Attention, je ne suis pas à l'abri d'erreurs d'identification. Ce lien m'a été particulièrement utile : http://www.flickr.com/photos/waltercallens/371136623/in/photostream/
    La bonne composition des restaurateurs...

    Par deux fois alors que j'entrai dans un restaurant pour manger, j'ai été tout de suite invitée à partager le repas à la table voisine sous les regards amusés et les rires complices du propriétaire des lieux...

    Les "tay Balo, tay Balo" (routard, routard) entonnés par le groupe qui m'a invitée à sa table sur l'île de Quan Lan. Ils étaient aussi contents que moi de partager ce moment, même s'ils espéraient que je poursuive la soirée à boire avec eux...

    L'accueil à la guesthouse de Bac Ha, où le couple prenait soin de moi comme de leur propre fille et a tout fait pour me renseigner malgré leur peu de notions d'anglais...

    L'accueil sur l'île de Quan Lan, la guesthouse Minh Vu, le petit restaurant à l'entrée du village. Je n'ai pas arrêté d'être invitée tout le temps, que ce soit au restaurant ou à la guesthouse.

    Tam Coc, la baie d'Halong terrestre. Les paysages et pagodes y sont somptueux, et j'ai particulièrement été émue par la salle des trois Bouddhas de celle de Bai Dinh...

    Pour toutes ces raisons, tout le négatif qu'on peut entendre ou vivre au Vietnam n'est rien à côté des incroyables découvertes qu'on peut y faire. Dans le nord du Vietnam, on se sent totalement bousculé et comme dans un autre monde...

  • Mon périple de Mai Chau à Dien Bien.

    Le moins qu'on puisse dire c'est que j'ai eu énormément de chance. La plupart des gens sont obligés de parcourir cette longue distance en deux jours alors que j'ai pu la faire en une journée, éviter de passer une nuit a Son La où il n'y a rien a voir ni à faire, et arriver à Sapa la veille du grand marché des minorités !

    On m'a déposée le matin sur la route principale vers Son La, où le bus devait passer vers 9h30 - 10h. J'y suis allée plus tôt en me disant que peut-être j'aurais de la chance... A l'arrêt de bus improvisé, plusieurs jeunes étaient là à je ne sais quoi faire. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'avais pas un très bon feeling les concernant. Quand l'un d'eux m'a questionnée sur le prix, j'ai bien compris que je ne m'étais pas trompée et je l'ai remis à sa place en plaisantant. Il voulait également m'empêcher de tenter ma chance en arrêtant une voiture... Un minibus s'arrête, complètement bondé. Une femme commence à m'expliquer qu'il vaut mieux attendre le prochain. Le jeune lui parle et soudain il devient possible de m'entasser avec les autres... pour 200 000 dongs (soit facilement le double du prix réel)... J'avoue ne pas avoir perdu mon sang froid mais les avoir traités de fous de façon a leur faire comprendre qu'on n'arnaque pas les touristes ainsi. J'ai attrapé mes affaires et j'ai avancé pour faire du stop ou être prise par un minibus sans la mauvaise influence de ce jeune. Mais que nenni, le bougre avait une mobylette et m'a rejointe après quelques minutes... Je commence à me dire que décidément je vais devoir me laisser arnaquer s'il ne me lâche pas. J'ai beau lui dire de me laisser tranquille, il reste là... J'attrape à nouveau mes affaires pour entamer la montée. Il n'était pas dit que je me laisserais faire aussi vite. "Mon" jeune me suit et je commence vraiment a m'énerver et à lui dire d'arrêter de me harceler. Comme je l'ignore ensuite, il finit par partir... Je stoppe à nouveau sur un faux plat. Au bout de quelques instants, un taxi s'arrête. Je m'excuse auprès du chauffeur de l'avoir arrêté pour rien mais il me demande où je vais. Il a deux jeunes Vietnamiens pour clients et ils se rendent... à Son La ! Je parviens à descendre le prix à 100 000 dongs et me voila partie avec ces trois sympathiques jeunes. Tout au long des quatre heures de route que nous faisons ensemble, ils ne cessent de me questionner gentiment. Ils ont d'autant plus de mérites qu'ils ne parlent presque pas anglais ! Ils se font même un devoir de ralentir le taxi pour que je prenne quelques clichés des paysages et des nombreuses personnes en tenue traditionnelle. J'arrive a Son La avant même 13h.

    Mes acolytes me conduisent jusqu'à la station de bus pour Dien Bien et me confie à un des préposés en insistant bien pour qu'il me mette dans le bon bus. Je lui confie mon gros sac sans hésiter et tente de me frayer un passage jusqu'aux toilettes. Heureusement, mon gardien s'aperçoit qu'on ne me laisse pas passer et intervient en m'indiquant où aller. Le bus m'attend quand je reviens près de lui, et mon sac est déjà à l'arrière. Il n'y a que des locaux à l'intérieur. Je suis accueillie par de grands rires surpris et je profite de mon succès pour prendre des photos des chignons des femmes de la minorité thai noir.

    J'ai croisé un nombre impressionnant d'ethnies en tenue traditionnelle. Je n'ai pas pu... ni voulu... toutes les photographier, comme celle-ci, l'ethnie Khang :

    Il y en a d'autres que je n'ai toujours pas reussi a identifier comme celles-ci (je pense que c'est la meme) :

    Je suis arrivée a Dien Bien vers 17h et j'ai pu profiter de l'ambiance du marché, où j'ai mangé une délicieuse soupe traditionnelle, le bun. J'ai même eu droit à un attroupement pour voir comment je m'en sortais avec les baguettes et à des grands rires pour être capable de manger à la vietnamienne (ou "a la Tchoi" pour les inities ;-)).

    J'ai vraiment passé une journée à l'écart de tout touriste, complètement immergée dans ce pays incroyable qui sait préserver au nord sa forte culture malgré l'afflux touristique. Il est  souvent difficile de communiquer (peu de Vietnamiens parlent anglais et c'est généralement très basique) et c'est ce qui fait aussi le charme de ce pays. On a vraiment l'impression parfois que beaucoup n'ont jamais eu de contact avec un Occidental tant ils manquent d'ingéniosité pour comprendre ou se faire comprendre autrement que par les mots (ce n'est pourtant pas faute de vouloir essayer de communiquer). Pourvu que le nord reste encore longtemps comme ça et que les touristes continuent à prendre les bus "open tour" !!!

    Toutes les photos : https://skydrive.live.com/?sc=photos&cid=4391f06a356f4ffc#!/?cid=4391f06a356f4ffc&sc=photos&id=4391F06A356F4FFC!14538!cid=4391F06A356F4FFC&id=4391F06A356F4FFC!14550&sc=photos