Première visite de l'antique Thèbes, le temple.

Je rejoins la rive est pour visiter le tout proche
temple de Louxor, oeuvre du Pharaon Amenophis III (vers 1400 avant Jésus-Christ). Il occupe une situation privilégiée, en plein coeur de la ville et le long du Nil. L'esplanade emplie de monde à mon arrivée est maintenant
déserte et j'en profite pour admirer la mosquée d'Abou el-Haggag édifiée sur les ruines du
temple au XIIIème siècle. Le temple doit beaucoup à cette mosquée, et au village maintenant déplacé, qui l'ont protégé des siècles. Il a en effet été redécouvert en 1885, enseveli par le sable et recouvert par le village.

Je prends le temps d'admirer le splendide premier pilône, oeuvre de Ramses II, qui s'est approprié la paternité du lieu. Sur le mur sont dessinées des scènes de la célèbre bataille de Qadesh. Il ne reste plus qu'un obélisque et les deux statues assises du Pharaon. Deux des quatre statues debout et le deuxième obélisque ont été rapportés à Paris. L'obélisque restant, offert à Champollion par le sultan Mohammed-Ali, a officiellement été restitué au pays en 1980.
Je poursuis par l'allée des sphynx, représentant les différents
pharaons, sur fond de gigantesques palmiers. Cette allée mesurait à l'origine trois kilomètres de long et rejoignait le temple de Karnak. Actuellement, des travaux sont réalisés pour la reconstruire. Le gardien de cette partie m'indique gentiment les meilleurs
endroits pour les prises de vue, et me montrent les principaux pharaons. Je commence à comprendre les rudiments de l'anglais égyptien, où "biboune" signifie "people" et "bibi" "baby" !!!
Je passe le premier pylône pour pénétrer dans la première cour, surplombée par la mosquée et bordée d'une double rangée de colonnes papyriformes. Aux pieds de l'imposante statue de Ramses II, je contemple la petite statue de son épouse Nefertari. Les salles qui l'entourent m'offrent des perspectives et des jeux de lumière auxquels je ne peux résister et mon appareil photos ne cesse de travailler.
Après le deuxième pylône, j'arrive dans la grande colonnade processionnelle, qui a inspiré la salle hypostyle de Louxor. Je stoppe net devant la vision, entre deux colonnes, d'une imposante statue en marche. Son emplacement a été tellement bien choisi et elle est tellement belle que j'ai l'impression qu'elle est en mouvement et passe à côté de moi sans me voir.

  
Alors que je poursuis tranquillement ma visite, un gardien m'entraîne vers différentes inscriptions sur les murs. Il me fait les toucher et, avant même que j'ai compris ce qui m'arrive, me voilà plaquée contre le mur et l'objet d'un rituel magique ! Il touche des signes sur les murs, noircis par les nombreuses mains qui les ont effleurés, puis pose ses mains sur mon front, comme pour me transmettre la puissance magique des scarabées, ankhs et serpents. Dans chaque lieu, je dois fermer les yeux, les bras en croix à la manière des pharaons décédés, comme pour ressentir l'énergie transmise par ces signes millénaires. Me voilà emplie de la force de Pharaon, et quel Pharaon, Ramses II en personne !
Ma visite se poursuit de longues heures, détaillant chaque fresque et chaque pièce de ce fabuleux édifice. Parfois, un reste de couleurs suscite une émotion particulière et je ne me lasse pas de la magie de ce lieu qui a traversé les millénaires.
A la sortie, je m'installe sur un
banc à côté d'une Egyptienne qui, à ma grande surprise, parle très bien anglais. Pendant qu'elle me donne des conseils, elle s'amuse de me traduire les sollicitations du jeune policier qui nous observe.
Je rentre à ma guesthouse, heureuse de la journée que je viens de passer.

Stéphanie LANGLET sur Google+