Le bébé qui se laissait pousser les muscles

Kanchipuram est la seule ville sainte d'Inde à se trouver dans le Sud. On peut y visiter de magnifiques temples. Le plus grand de tous est celui d'Ekambareshwara, où j'ai pu assister à une puja en l'honneur de Kali. Une famille, manifestement le fils, la mère et la grand-mère, ont amené de nouveaux vêtements pour la Déesse. Les prêtres ont d'abord enlevé les anciens vêtements et préparé la statue, pendant que les femmes disposaient des dizaines de bougies parfumées tout autour du sanctuaire. Les prêtres se sont ensuite assis au sol avec la famille, en chantant et en priant. Plusieurs prêtres se sont relayés pour préparer l'eau colorée de poudre, qu'ils versaient sur la statue. Je présume qu'ensuite ils lui ont fait des marques de poudre colorée après lui avoir passé les nouveaux tissus, l'ont parée de fleurs et fait des offrandes notamment d'eau de noix de coco.
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Pour la visite du deuxième temple, j'ai été rejointe par un jeune étudiant de 22 ans. Grâce a lui, j'ai pu facilement obtenir des informations sur les différents temples et me promener facilement de l'un à l'autre. La moustache, que nombre d'Indiens laisse pousser, est pour eux un signe de virilité. Quant à ce jeune étudiant, grand amateur de sport, il était particulièrement fier de sa musculature, qui lui évite d'être aussi chétif que les jeunes de son âge. A la fin de la visite, il m'a demandé si je le considèrerais comme mon petit ami lors de ma prochaine visite; à sa grande stupeur, je lui ai dit qu'il était un bébé pour moi, ce qui l'a à la fois estomaqué, beaucoup fait rire et refroidi. Il faut bien le reconnaître, les hommes en Inde sont généralement très entreprenants et manquent sérieusement de discrétion. Je n'ai néanmoins jusqu'alors pas eu à souffrir de geste déplacé, alors même que je me comporte de la même façon que dans n'importe quel autre pays d'Asie, c'est à dire en gardant le sourire et en discutant simplement avec les gens.

Stéphanie LANGLET sur Google+