Thaïlande, mars 2009

Preah Vihear appartient officiellement au Cambodge

J'ai déjà consacré sur ce blog des articles sur le temple khmer de Preah Vihear, y étant allée lors du conflit militaire opposant la Thaïlande au Cambodge.

Aujourd'hui, je viens de découvrir une info qui me remplit de bonheur pour les militaires khmers qui m'avaient gentiment accueillie lors de ma visite. La Cour Internationale de Justice a définitivement attribué au Cambodge la zone située autour du temple, objet du conflit. Difficile cependant de savoir si les troupes thaïlandaises ont définitivement cessé d'agresser les Cambodgiens, à qui ce temple avait déjà été attribué en 1962. L'article du Monde qui parle de la décision de la CIJ sur le temple de Preah Vihear

Espérons que ce beau temple classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'Unesco pourra enfin retrouver sa splendeur d'antan, les tirs thaïlandais ayant fait énormément de dégâts au monument.

L'article consacré à ma visite du temple de Preah Vihear en 2011

Preah vihear

Encore un faux départ...

Ce matin, j'attends désespérément le copain de Nyne Chang. Nous sommes sensés rendre le scooter de location et j'ai laissé mon passeport en guise de caution. Impossible donc de partir tant qu'il n'est pas là... La veille au soir, j'avais eu les plus grosses difficultés à me débarrasser de lui après le restaurant de fondue thaïe, et son attitude au moment de partir m'avait quelque peu inquiétée. "Do you really think you'll leave tomorrow ?" (penses-tu vraiment que tu partiras demain ?), m'avait-il asséné avec un étrange sourire. Je rejoins Nyne Chang après la prière; lui aussi est inquiet mais tente de me rassurer. Son copain laisse sonner son téléphone sans répondre. Par la suite, il le coupera même. Nous décidons de nous rendre chez ses parents. Personne ne sait où il a passé la nuit. J'explique à Nyne Chang qu'il avait tenté de s'incruster dans mon bungalow en prétextant la fermeture de l'étage inférieur de la maison. Nyne Chang est furieux de cette attitude. Tous deux viennent de l'état birman d'Arakan. C'est une vraie fierté pour mon ami et quelqu'un qui en est originaire est sensé se comporter dignement. Bien que calme en apparence, je sens bien qu'il est de plus en plus énervé. Nous retrouvons le magasin de location et expliquons la situation. La réponse est sans appel : pas de scooter, pas de passeport. Alors que mon chauffeur avait prétendu travailler ici avant d'entrer au temple, personne ne semble se souvenir de lui. On me conseille d'aller voir la police pour déposer plainte. Je tente une nouvelle fois d'appeler le portable; toujours coupé... De plus en plus en colère, je laisse un nouveau message, menaçant cette fois : je suis avec Nyne Chang et nous allons déposer plainte au commissariat. Mon ami veut même aller voir la police de son pays pour lancer un avis de recherche : il craint que l'ancien moine ne se soit enfui vers la Birmanie pendant la nuit... Alors que j'entame la discussion avec les policiers, mon téléphone sonne. Je décroche et entend un grand éclat de rire. C'en est trop pour moi. Je donne le téléphone à Nyne Chang : "parle à ce crétin, car là je vais vraiment m'énerver". Le ton de mon ami se fait froid et autoritaire; il est vraiment très en colère : le scooter doit être ramené immédiatement et il ne veut plus jamais croiser son ancien copain. "He's from Arakan, I'm so sorry. I think he drank all night long." (il est de l'Arakan, je suis tellement désolé. Je pense qu'il a passé la nuit à boire), passe t'il son temps à dire. "Arakan people are not like that. We are good people." Alors que mon ami a tout fait pour m'aider à résoudre le problème, il n'éprouve que honte et tristesse pour l'Arakan.

Une matinée riche en émotions... et j'ai encore loupé mon bus !

Les alentours de Mae Sot.

Alors que je passe dire au revoir à mon ami pour me diriger vers le sud, il me convainc de m'attarder davantage dans la région pour découvrir les temples des alentours. Je ne me fais pas prier, appréciant d'apprendre en compagnie si insolite. Jamais en tant que femme je n'aurais pensé être accueillie ainsi par des moines et je ne suis pas pressée de mettre fin à ces moments que je n'oublierai jamais. Nyne Chang appelle son copain de la veille. Maintenant que celui-ci n'est plus moine, nous pouvons librement louer un scooter et découvrir les environs ensemble. Nous visitons un premier temple birman. Leur particularité, contrairement à ceux de Thaïlande, c'est que toute l'enceinte est sacrée, même l'extérieur. On doit donc s'y déplacer pieds nus. La partie la plus importante est également interdite aux femmes; il s'agit de l'estrade où reposent les divinités et où les moines officient. Nous visitons le premier étage, aux murs couverts de mosaïques brillantes et décoré de nombreuses statues de Bouddha en or et en marbre. L'une d'elles a 60 ans, et la plus ancienne 150. Un vieux moine nous donne sa bénédiction et nous offre un collier de prière, toujours constitué de 108 perles de bois, chiffre sacré pour les Asiatiques mais aussi pour de nombreuses civilisations. Nous faisons un détour par un temple chinois et le Moei Market avant de nous rendre à Mae Ramat visiter le Wat Don Kaew. Le village est entouré par les montagnes. Les belles maisons en bois sont fleuries et les rues sont d'une impeccable propreté. Un singe accueille les visiteurs du temple. Il est habitué à l'homme et me laisse lui toucher les mains sans aucune peur. Un peu plus loin, les moines creusent le sol pour mettre à jour d'anciens vestiges. Le lieu est vraiment paisible et nous passons un long moment à discuter avec le doyen. Au retour, la chaleur est propice à une halte rafraîchissante au bord de la rivière. Pendant que les enfants se baignent dans une eau boueuse, les adultes sont confortablement installés sous des constructions en bambou. Notre dernière halte me mettra particulièrement mal à l'aise. Dans un temple en construction, deux moines me harcèlent de questions. Le plus jeune traduit les questions du doyen dans un anglais parfait : combien ai-je dépensé depuis mon arrivée, ai-je fait des donations aux temples, combien je gagne, quelle est la valeur de l'euro. Leurs intentions sont claires : la culture occidentale ne les intéressent absolument pas et ils n'ont qu'une idée en tête : me convaincre de faire une donation. Je refuse poliment en leur expliquant que j'ai passé des instants privilégiés au Wat Aran Ya Khet, ce qui lui a valu ma générosité à diverses reprises...

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