Encore un faux départ...

Ce matin, j'attends désespérément le copain de Nyne Chang. Nous sommes sensés rendre le scooter de location et j'ai laissé mon passeport en guise de caution. Impossible donc de partir tant qu'il n'est pas là... La veille au soir, j'avais eu les plus grosses difficultés à me débarrasser de lui après le restaurant de fondue thaïe, et son attitude au moment de partir m'avait quelque peu inquiétée. "Do you really think you'll leave tomorrow ?" (penses-tu vraiment que tu partiras demain ?), m'avait-il asséné avec un étrange sourire. Je rejoins Nyne Chang après la prière; lui aussi est inquiet mais tente de me rassurer. Son copain laisse sonner son téléphone sans répondre. Par la suite, il le coupera même. Nous décidons de nous rendre chez ses parents. Personne ne sait où il a passé la nuit. J'explique à Nyne Chang qu'il avait tenté de s'incruster dans mon bungalow en prétextant la fermeture de l'étage inférieur de la maison. Nyne Chang est furieux de cette attitude. Tous deux viennent de l'état birman d'Arakan. C'est une vraie fierté pour mon ami et quelqu'un qui en est originaire est sensé se comporter dignement. Bien que calme en apparence, je sens bien qu'il est de plus en plus énervé. Nous retrouvons le magasin de location et expliquons la situation. La réponse est sans appel : pas de scooter, pas de passeport. Alors que mon chauffeur avait prétendu travailler ici avant d'entrer au temple, personne ne semble se souvenir de lui. On me conseille d'aller voir la police pour déposer plainte. Je tente une nouvelle fois d'appeler le portable; toujours coupé... De plus en plus en colère, je laisse un nouveau message, menaçant cette fois : je suis avec Nyne Chang et nous allons déposer plainte au commissariat. Mon ami veut même aller voir la police de son pays pour lancer un avis de recherche : il craint que l'ancien moine ne se soit enfui vers la Birmanie pendant la nuit... Alors que j'entame la discussion avec les policiers, mon téléphone sonne. Je décroche et entend un grand éclat de rire. C'en est trop pour moi. Je donne le téléphone à Nyne Chang : "parle à ce crétin, car là je vais vraiment m'énerver". Le ton de mon ami se fait froid et autoritaire; il est vraiment très en colère : le scooter doit être ramené immédiatement et il ne veut plus jamais croiser son ancien copain. "He's from Arakan, I'm so sorry. I think he drank all night long." (il est de l'Arakan, je suis tellement désolé. Je pense qu'il a passé la nuit à boire), passe t'il son temps à dire. "Arakan people are not like that. We are good people." Alors que mon ami a tout fait pour m'aider à résoudre le problème, il n'éprouve que honte et tristesse pour l'Arakan.

Une matinée riche en émotions... et j'ai encore loupé mon bus !

Stéphanie LANGLET sur Google+

Thaïlande

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