Retour du pays du sourire.

Les préjugés ont
la vie dure...

L'inconscient
collectif occidental s'entend pour prêter aux Chinois un profond respect de
l'autre au travers du savoir-vivre, une attitude toujours exemplaire; lorsqu'on
voyage en Chine et qu'on emprunte les transports en commun, on s'aperçoit vite
qu'il ne s'agit que d'une conception romantique occidentale. Même si vous êtes
une femme, ne vous attendez pas à ce qu'on vous cède gentiment la place dans la
file d'attente ou le bus, on vous bousculera comme les autres et on tentera de
vous passer devant. Point d'excuse, de merci ou de bonjour : le Chinois n'en
ressent aucun besoin avec les personnes qu'il ne connaît pas. Point
de conscience des nuisances causées à autrui, on est dans un pays
collectiviste et si on a envie de cracher, fumer dans un bus, parler et
rire bruyamment ou mettre la radio ou la télé très fort, on ne s'en privera
pas.
L'Occidental
imagine que les Thaïlandais sont très souriants et d'une extrême gentillesse...
Hé bien, dans la grande majorité des cas et abstraction faite peut-être de
Bangkok, c'est vrai ! Je n'ai pas compté les fois où on m'a gentiment
conduite à ma destination, en moto ou en voiture, où on a tout fait pour me
faciliter le voyage, pour finalement me faire découvrir et aimer ce beau pays et
sa culture.
 
J'ai
particulièrement aimé :
- Les
bungalows de charme des guesthouses à prix dérisoire (10-11
euros), notamment la Baan Suan Guesthouse à Ayutthaya, la Sabaidee Guesthouse à Sukhothai et la Banthai Guesthouse à Mae Sot, dans de beaux
jardins tropicaux.
- L'ambiance
tranquille du marché flottant de Taling Chan Market, à
Bangkok.
- Me promener
dans la ville d'Ayutthaya, une des anciennes capitales du royaume du Siam, tout
en admirant les anciens temples en pierre.
- Le pad thai
crevettes (pâtes thaïes épicées) du restaurant Malakor à Ayutthaya, avec vue sur
les ruines. 
- Suivre la
rivière de Sukhotai à Thewet, sanctuaire bouddhiste en pleine
nature.
- Découvrir la
culture thaïlandaise, et surtout birmane, au travers de belles rencontres,
notamment à Mae Sot.
- Le grand
respect des moines birmans envers les étrangères, au contraire des moines
thaïlandais.
- Participer aux
festivités du Wat (temple) Aran Ya Khet à Mae Sot, pour la crémation d'un
ancien moine leader décédé six ans plus tôt.
- Le trajet de 7
heures en songtaew de Mae Sot à Mae Sariang, éprouvant mais sublime : routes de
montagne, femmes en costumes traditionnels, villages de montagne aux maisons en
bois et feuilles mortes, pas de touristes.
- Les temples
principaux de Mae Hong Son et les abords du lac.
- Les ballades en
scooter autour de Mae Hong Son.
- Les marchés
colorés.
 
J'ai beaucoup
moins aimé :
- La visite du
village des femmes kayan (femmes girafes), Nai Soi, à quelques kilomètres de Mae
Hong Son.
- L'hypocrisie
thaïlandaise (refuges "temporaires" pour les Birmans, qui y vivent depuis 20 ans
pour certains; des moines thaïlandais, qui voyaient d'un mauvais oeil mon amitié
pour Nyne Chang).
- Ne pas pouvoir
marcher dans la rue aux côtés de mon ami, pour éviter les regards
désapprobateurs.
- L'attitude de
certains moines thaïlandais (agressivité, état d'hébriété le soir, drague), à
l'opposé de leurs discours très stricts.
- L'ambiance de
Bangkok, où il faut constamment être sur ses gardes dès qu'on se fait
aborder.

 
 
Plus d'une
semaine après mon retour, la réadaptation est difficile et je ne suis pas
complètement revenue !

Stéphanie LANGLET sur Google+