Vidéos Indonésie

  • Combat de coqs à Lempo Sulawesi

    Un moment particulièrement intense que d'observer la gravité des visages et sentir la tension extrême des parieurs...

  • Funérailles dans des tongkonans traditionnels à Sa'dan

    Nous sommes malheureusement arrivés à la fin de la journée de festivités. Contrairement à Tagari, les tongkonans de Sa'dan n'ont pas été construits juste pour cette occasion. Ces funérailles étaient plus importantes et imposantes que celles de Tagari, les porcs beaucoup plus nombreux et plus gros, et il y avait très certainement un nombre considérable de buffles.

  • Vidéo de funérailles familiales à Rantepao

    A l'origine, je ne voulais pas publier cette vidéo pour ne pas l'exposer sur You Tube. J'y ai découvert une fonctionnalité permettant de restreindre l'utilisation aux seules personnes en connaissant le lien et j'ai donc décidé d'en faire un usage restreint aux lecteurs de mon blog.

    Il s'agit de funérailles familiales très privées, dans le sens où à Sulawesi elles durent normalement sur plusieurs jours et où c'est le défilé constant de familles plus ou moins proches, de voisins, connaissances... Les amis qui m'ont invitée avaient les moyens financiers mais pas le temps nécessaire à de longues célébrations. Ils ont donc d'abord fait une messe où la famille semblait raconter des anecdotes sur la défunte, se présentait et riait. Les plus proches se sont ensuite photographiés devant le cercueil. Un repas traditionnel (porc cuit dans des tubes de bambou avec de la coco) a été partagé. Le cercueil a été emmené sur une montagne appartenant à la famille (je pense qu'il s'agissait d'une des familles les plus importantes de Rantepao) et déposé dans une de leurs deux maisons funéraires. Tout le monde s'est mis à pleurer à ce moment, le défunt n'étant considéré comme mort qu'à cet instant. Auparavant, il était simplement malade. Puis on s'est relevés, on a rigolé, partagé des bonbons et de l'eau. La vie reprenait son cours...


  • Cérémonies familiales balinaises

    A peine installées à la guesthouse recommandée par Guiseppe, je sors de la chambre pour explorer le jardin... et je tombe à nouveau nez à nez avec Patrick, le jeune Suisse croisé à Yogya et Amed. Il doit exister près de 200 hôtels à Ubud mais c'est la chambre au-dessus de la nôtre qu'il occupe et, à notre grand dam, il recherche désespérément la compagnie des autres touristes !

    Alors que la nuit tombe, Guiseppe nous fait une visite surprise, bientôt suivi de Ketut et de sa jolie épouse, Made. Le couple est magnifiquement assorti. Ils ont sorti leurs plus beaux habits pour honorer leurs invités, Guiseppe et ses amis. Ketut porte un beau batik d'un blanc immaculé, une longue chemise blanche et une coiffe traditionnelle de la même couleur. Made ne porte que du blanc également : un batik, une chemise traditionnelle en dentelle et une longue ceinture en tissu. Leur sourire en dit long sur leur complicité et leur joie de nous voir. Nous ne pensions pas nous revoir et une franche amitié est en train de naître entre nous.
    Guiseppe nous avait promis de nous faire découvrir l'authentique Ubud et il n'avait pas menti. Le lendemain, nous nous retrouvons dans le village de Bedulu, où habitent Ketut et Made. Ketut a revêtu une tenue de cérémonie : batik à dominante marron, t-shirt et coiffe traditionnelle. Il nous fait découvrir avec fierté ses oeuvres. Il est sculpteur sur bois et possède un talent indéniable. Ses représentations de Dieux et Déesses hindouïstes, notamment la Déesse préférée du couple, Saraswati la Déesse des Arts, sont d'une finesse incroyable et contrastent avec la plupart des oeuvres grossières qu'on peut voir dans les magasins d'Ubud et des environs. Il nous explique ensuite l'histoire des reliefs de Yeh Puluh, des gravures anciennes creusées dans la roche, à l'endroit de son échoppe. Plusieurs légendes circulent à leur sujet et certains pensent qu'un géant est à l'origine de ces dessins, représentant Ganesh, le Dieu à tête d'éléphants et des scènes de la vie quotidienne..
    Il est temps de rejoindre la maison familiale de Made. Comme à l'accoutumé, plusieurs batiments entourent une vaste cour intérieure. La richesse d'une famille se voit à la grandeur de son temple familial et, bien que Made soit issue comme Ketut de la basse caste, le temple est entouré d'un vaste enclos. Toute la famille s'y réunit pour la prière et les offrandes dirigées par le pemangku local et son épouse. Une grande sérénité illumine les visages et les gestes plein de grâce font de ce moment de ferveur un magnifique spectacle. De nombreuses offrandes sont faites aux Dieux et on bénit les jeunes qui vont être célébrés : eau bénite, aiguille tapée sur les dents... La prière se fait au son de l'orchestre de gamélan installé sous une véranda et des cris des coqs alentour.
    La bénédiction se poursuit dans la cour. Pour l'occasion, une multitude d'offrandes variées a été disposé sur plusieurs tables : montagnes de fruits, de fleurs, de gâteaux multicolores, feuilles de palmiers et bananiers; pattes, ailes et cous de poulets crûs montés en pyramides; paniers tressés en feuilles de bananiers remplis de gâteaux, bonbons, riz.... Il y en a tellement que les yeux se perdent dans ce feu d'artifices de couleurs. Elles doivent être aussi agréables à regarder pour les humains que pour les Dieux. Une grande estrade décorée a été dressée et un matelas y a été installé. Les jeunes sont tous vêtus d'un batik blanc et d'un corsage jaune orangé. Ils se positionnent en cercle autour d'un bac à encens et d'offrandes. Leurs gestes parfois maladroits traduisent la complexité des traditions hindouïstes et leurs rires ponctuent leurs erreurs. Même Ketut qui étudie pour devenir Pemangku m'avouera ne pas connaître la signification ni l'ordre de tous ces rites.
    Le moment du limage de dents arrive et, lorsque vient le tour de Made et de sa soeur, on m'invite à monter sur l'estrade pour y assister aux premières loges. Les deux jeunes femmes s'allongent sur le matelas. Le pemangku les recouvre d'un drap orange puis y dépose un papier doré ainsi que des offrandes dans de la feuille de bananier. Il coince ensuite une sorte de grosse noix entre les dents de derrière. Il étale un liquide incolore sur leurs dents, avant de se saisir d'un pic en métal et d'une sorte de maillet pour leur frapper et aligner les dents. Lorsqu'elles sont suffisamment alignées, il se met à les limer afin qu'elles perdent leur aspect pointu et qu'elles soient toutes à la même hauteur. Une fois terminé, les jeunes femmes se relèvent et boivent une boisson anesthésiante. Le large sourire de Made contraste avec les mots de Ketut qui résonne dans ma tête : "la souffrance est tellement forte que mon cerveau s'en souvient encore, ici". Pendant toute la cérémonie, Ketut tenait les chevilles de son épouse, et son visage exprimait son empathie pour elle. Quant à Made, ce sourire final montrait bien à quel point elle était fière de rejoindre le monde des humains. Tant qu'un Balinais n'a pas eu les dents limés, on le considère en effet comme un démon. Il peut se marier, avoir des enfants mais ne pourra être brûlé s'il meurt. Cette cérémonie est donc la plus importante dans la vie d'un Balinais


    Nos amis voudraient partager leur repas traditionnel avec nous, mais ils savent que nos estomacs d'Européens ne supporteront pas les plats de porc qu'ils s'apprêtent à déguster. L'après-midi, nous revenons pour célébrer le grand anniversaire de Made. Tout comme le limage de dents, cette cérémonie n'arrive qu'une fois dans la vie d'un Balinais, mais leur existence est ponctuée de petits anniversaires tous les six mois. Les habitants du quartier nous invitent gentiment dans leur maison pour que nous assistions aux célébrations de leur famille. On nous apporte systématiquement à boire et manger, et on nous installe toujours devant. Pour limiter les lourds frais occasionnés par ces cérémonies, les villages les groupent et presque chaque famille est en fête. Le pemangku le matin, le brahmane l'après-midi, vont donc de maison en maison pour pratiquer les rituels. Dans la famille de Made, c'est le 25ème jour de cérémonie. Le premier jour avait été marqué par la crémation du papa de Made, qui attendait en terre l'année des crémations de son village. Les jeunes sont habillés différemment, même si Made porte toujours la grosse pièce en or massif montée sur une bague qu'elle m'avait fièrement montrée. Les offrandes, notamment le poulet crû, embaume de plus en plus l'air ambiant. La beauté de la cérémonie nous fait bien vite oublier ces désagréments. Les jeunes sont à nouveau bénis. On leur fait manger des restes d'offrandes plus très fraîches et embrasser une tête de poulet crû. Ma mimique de dégoût n'échappe pas à Made qui éclate d'un rire complice. Des processions de nouvelles offrandes passent devant nos yeux étonnés. La cérémonie se clôture sur l'estrade. Le brahmane coupe une mèche de cheveux à chacun des jeunes, qui la garde dans de la feuille de bananier. Il les asperge d'eau, dispose des pièces de monnaie sur leurs mains...

    La journée aura été très riche en émotions et nous la finissons tranquillement dans le magnifique grand temple d'un autre village, à admirer les Balinais en prière et à discuter de la culture balinaise.
    Après un moment aussi riche, je commence à m'imprégner réellement de l'ambiance d'Ubud et de ses environs. Je vis au rythme de l'île des Dieux, alternant ballades dans les rizières seule ou avec Ketut, visite des villages ponctuée par les processions animées et colorées, rencontres impromptues toutes en sourire comme celle de Wayan, cette artiste peintre fascinée par Chirac et avec qui j'ai passé plusieurs heures à discuter, tranquillement installées sur la terrasse de son échoppe au milieu des rizières d'Ubud. Ou comme cette rencontre incongrue et ubuesque, alors que je rentrais d'une longue promenade et que je m'étais délectée d'une superbe procession... Je marchais tranquillement le long d'un petit cours d'eau, à l'heure où les Balinais font leur toilette dans les rivières. Je vis soudain devant moi un jeune homme totalement nu, de dos et debout dans le cours d'eau. Je n'avais pas le choix : il me fallait passer à côté de lui. Heureusement, il me vit et s'asseya avant mon passage. Ma pudeur occidentale me fit ne pas oser le saluer, mais il m'interpela d'un grand "hello" et je dus me retourner pour me mettre à discuter le plus naturellement du monde avec lui. Apprenant que je rentrais à Ubud, il me proposa même une course sur son scooter pour gagner quelques roupies, proposition des plus surréalistes dans la position dans laquelle il se trouvait. Incroyable et délicieuse Bali, à la culture si fascinante, que Ketut s'est appliqué à me faire découvrir et expliquer.
    Magnifique Bali, où les gens s'habillent en blanc avec leur coeur blanc pour prier, en noir pour les crémations, et avec un batik pour les mariages et les cérémonies diverses.
    Etonnante Bali, où les offrandes jonchent les trottoirs et sont dévorées par les chiens errants.
    Mystérieuse Bali, qui ne se laisse découvrir que petit à petit et qui reste un mystère même pour ses habitants.