Etude de cas : comment aider les autres en voyage

 

 

Une journal bastar stephanie langlet

 

En tant que voyageuse étrangère voyageant seule, je fais souvent l'objet d'articles dans les journaux, comme sur cette Une du journal Baskhar Dainik en 2012.

Mais en 2015 la situation a évolué du fait de mon travail pour promouvoir le Chhattisgarh, qui rend les locaux fiers et heureux de faire partie de cette culture.

De ce fait, chaque jour pendant mon voyage au Bastar, j'étais dans les journaux, à la télévision ou à la radio.

J'ai vite réalisé que je pouvais utiliser cette soudaine notoriété pour diffuser les messages importants auxquels je crois : respectez les tribus et leur culture, respectez ceux qui sont différents, méfiez-vous des gens qui font le bien au seul nom de la religion (le pays souffre encore régulièrement de conversions de masse en force, notamment au christianisme)...

 

 

Voici quelques uns de ces moments et exemples de la façon dont vous pouvez utiliser votre notoriété pour promouvoir un pays, une région, et des valeurs positives.

 

A la Une du journal Patrika

 

Stephanie langlet dans Patrika

 

 

 

Reaction d'un ami Indien de l'Odisha, Saroj Mahanta : 

 

Saroj Mahanta Stephanie, tu es devenue une rockstar, on te voit aussi dans les journaux indiens, comme notre Premier Ministre... Continue ce beau travail de rendre la vie des plus démunis meilleure. Que Dieu te bénisse avec plus de force et de bonheur. Oh oui, et un estomac costaud aussi...

 

C'était en fait ma 4ème publication dans les médias Indiens (j'ai appris avoir aussi été dans India Today et sur Zee TV). C'est là que j'ai commencé à prendre conscience que je pouvais aider les gens grâce à cette popularité... 

 

 

Une journée complète d'interviews avec DD News

 

Stephanie langlet journal de DantewadaStephanie langlet et sunil panday de dd newsStephanie langlet interviewed by Shailendra Thakur

 

Mon ami et célèbre reporter indien de DD News, Sunil Panday (sur la 2ème photo), m'a emmenée à Dantewada pour une journée complète d'interviews. Nous nous sommes arrêtés sur plusieurs sites funéraires, puis nous avons visité le temple de Dantewada, où j'ai eu l'honneur de pouvoir entrer dans l'enceinte sacrée de la divinité.

Plusieurs reporters étaient présents et ont profité de l'opportunité pour m'interviewer, comme Shailendra Thakur du Dainik Bhaskar (3ème photo).

 

Debayan Sarkhel J'aime beaucoup. Je salue à la fois ton attachement et ton implication.

Arun Padhi Bon reportage Shailendra

Sunil Panday Shailendra bien joué .......

 

Ma réaction sur Facebook et Instagram: 

"Certains de mes amis voulaient connaître mon sentiment sur ma popularité.

Ma réponse est simple: je suis à la fois heureuse pour la population du Bastar qui est fière que des étrangers s'intéressent à leur culture, la connaissent, la respectent et en font la promotion. Et c'est aussi un sentiment très fort de se sentir accepter par cette communauté. Les gens font tout pour me faire sentir comme chez moi au Bastar. Bien sûr, ma famille indienne de Power House a une place spéciale dans mon coeur.

Un de mes amis me voit même comme une sorte de super héro et modèle. Pour moi, les super héros sont tous ces gens, notamment les des tribus, vivant avec presque rien mais qui aime la vie et sont heureux. Ils sont capables de donner le peu qu'ils ont. Alors qu'il est facile pour moi de quitter mon confort pour quelques semaines et non pas toute une vie.
Un modèle? Je ne le pense pas mais je suis très heureuse quand les gens me disent que je les inspire à découvrir leur pays et culture.
J'espère aussi que les locaux réaliseront l'importance de conserver leur culture tribale et leurs traditions. Dans la plupart des pays européens - le pays basque où j'habite est une des exceptions - nous les avons perdues et c'est comme si nos valeurs avaient disparu avec elles. 

Je suis également émue à chaque fois qu'un Indien me demande comment il peut aider physiquement ou par une donation aux causes que je soutiens.  Ca me donne l'impression que je suis le bon chemin pour toucher le coeur des gens."

 

Lorsqu'on devient populaire, les autres veulent savoir comment on le vit. C'est à ce moment qu'on doit se rappeler qui est vraiment important et réaffirmer notre cause.

 

 

Petit à petit, d'autres personnes rejoindront votre cause

 

Pankaj Patel Merci Mme Langlet. c'est génial et un grand plaisir que vous soyiez arrivée dans notre Etat du Chhattisgarh. Vous nous inspirez vraiment à sauver et soutenir notre culture indienne, notamment nos traditions du Chhattisgarh. Je voudrais vous expliquer quelque chose à propos de nos costumes. Les tenues des tribus du Chhattisgarh sont uniques et belles. Ils s'habillent avec des habits de couleurs vives. Ils aiment beaucoup les bijoux, notamment les colliers de métal, les ceintures en argent (ghungroos) et les gros bracelets en bois. Les femmes ont des sarees particuliers, supposés s'arrêter au niveau du genou, et de couleurs vives. Les hommes des groupes tribaux comme les Halbas, Ghotuls, Abhuj Marias, Murias, etc. portent des dhotis et des coiffes comme des turbans en coton. Les femmes portent aussi des sarees longs aux couleurs vives comme vous l'avez fait :-p Les matières les plus utilisées sont le lin, la soie et le coton, et ils sont généralement peints à la cire fondue. La technique du tie and dye (teinture au noeud) est la plus commune dans le Chhattisgarh. On appelle les tissus batik. Les hommes et femmes vivant en ville s'habillent comme les autres. Les tenues voyantes aux couleurs vives font l'attraction des festivals tribaux. 

Merci encore et encore de nous rendre visite. Je suis rempli de joie depuis que je vois vos articles, commentaires et vos photographies miraculeuses.

 

 

C'est le moment où vous vous rendez compte que vous suivez la bonne voie: les gens se sentent inspirés par la cause que vous défendez. 

 

 

Vos amis et supporters vous aideront

 

Traduction d'un journal avec Stéphanie Langlet

 

 

Mon ami de l'Odisha, Saroj Mahanta, a réalisé un super travail de traduction et de redécoupage de l'article de Shailandra Thakur à Dantewada, en ajoutant mon chien et mon chat.

 

Et Shailendra l'a réutilisé pour écrire le dernier article avant mon départ et promouvoir mon compte Instagram. Pendant mon voyage, j'ai utilisé Instagram avec Facebook pour poster et commenter chaque jour, en diffusant des messages d'amour pour l'Inde, de tolérance et de respect pour tout le monde.

 

 

Reportage de Patrika à Kumdakot

 

 

Stéphanie langlet bastar dussehra

 

 

Un tel reportage rend la population locale fière de leur culture. Ils réalisent à quel point elle est importante puisque des étrangers participent aux évènements.

Ils aident aussi certains à en apprendre davantage sur le Bastar.

 

Comment j'ai utilisé ma popularité: l'herbe n'est pas plus verte ailleurs.

 

Voici un des messages que j'ai postés sur Instagram et Facebook:

Pensez-vous vraiment que l'herbe est plus verte ailleurs? Vous penserez peut-être différemment après avoir lu ceci...

En tant que Française, c'est toujours un challenge pour moi de parler de moi.

Depuis que je suis arrivée à Jagdalpur, les gens ne peuvent s'empêcher de me dire, dans le meilleur des cas, que j'ai changé, dans le pire que je suis devenue grosse, grasse... J'essaie de faire avec lorsque cela vient de ma famille indienne car je sais qu'il n'y a pas de méchanceté derrière. Certains considèrent même que j'ai l'air en meilleure santé.

Mais nous avons une opinion très différente en Europe.

Non seulement je ne me sens pas bien dans mon nouveau corps. Mais, plus important, cela me rappelle les 2/3 années les pires de ma vie.

Voici ce qui se cache derrière cette prise de poids: j'ai été très malade à cause de mon travail. Nous appelons ça un burn-out et de plus en plus de gens en France vivent avec cette maladie. Dans mon entreprise, certains en arrivent à se suicider à cause d'elle.

Cette maladie affecte généralement les gens les plus enthousiastes et passionnés, ceux qui travaillent le plus dur.

Le pire des symptômes et le plus révélateur d'un burn-out, est une chaleur intense du cerveau, comme s'il était en train de se consumer. Cela rend aussi certaines choses faciles impossibles à faire. La maladie vous paralyse. En tant que chef d'équipe commerciale à la SNCF, j'étais devenue totalement incapable de pénétrer dans une gare.

Hier, lorsqu'un de mes amis m'a à nouveau taquinée à propos de mon poids, je n'ai pas supporté davantage. Cela m'a rappelé que chaque jour est une lutte contre le burn-out et que je devrai retourner travailler pour cette entreprise à mon retour de voyage, ce qui est mauvais pour ma santé. Une Entreprise dans laquelle je n'occupe plus aucune fonction puisque pour la 3ème fois à la suite on a supprimé le poste que j'occupais; une entreprise dont je ne partage plus les valeurs. Comment pourrais-je être capable d'animer à nouveau une équipe alors que je refuse de suivre les nouvelles normes de pression sur les employés et de reigne de l'argent?

Oui, j'ai un bon salaire. Oui, j'ai pu acheter une belle et grande maison. Oui, je n'ai pas à me battre pour gagner de l'argent. Mais je me bats chaque jour pour ma santé. Alors, qu'est-ce que l'argent quand on n'a pas la santé?... 

Bien sûr, j'ai des projets pour vivre de mes compétences: mes voyages, ma connaissance des Asiatiques et de ma région, mes 18 ans d'expérience en relation clients et management. Mais pour le moment ce ne sont que des projets et je devrai retourner travailler pour cette entreprise dès la fin de mon voyage.

Pensez-vous toujours que l'herbe est plus verte ailleurs?


 

NOTA: depuis l'écriture de ce message, ma situation professionnelle a évolué vers une proposition de rupture conventionnelle de contrat pour la partie SNCF, et de belles collaborations en Inde pour très bientôt.

 

 

Comment j'ai utilisé ma popularité: conférence en école.

 

"Je viens juste de passer une heure à discuter avec des étudiants.

Nous avons parlé de l'importance d'apprendre l'anglais, mais aussi de gestion du temps, paresse, éducation, Bastar Dussehra, les différences culturelles...

Et bien sûr j'ai parlé de respect, notamment pour la culture, les traditions, différences, les ADIVASIS (tribus aborigènes d'Inde). J'ai expliqué l'importance des Adivasis pour moi. Je leur ai demandé "qui sont les Adivasis pour vous?". Leurs réponses ont toutes été très péjoratives: sales, illétrés, habits négligés, etc. J'ai répondu que ce sont les premiers habitants de l'Inde et que c'est déjà une raison primordiale pour les respecter, mais aussi pour leurs connaissances différentes sur la médecine, la Nature et la vie sauvage. Sous leurs yeux éberlués, je leur ai dit que je considère les Adivasis comme mes égaux et non des êtres inférieurs. Mais que c'est plus facile pour moi de penser ainsi parce que nous n'avons pas de système de castes en France. Et aussi parce que je voyage beaucoup et essaie toujours de ne pas juger en fonction de ma propre culture.

J'ai aussi expliqué comme j'étais mal à l'aise à Kumdakot quand des gens ont pris les coiffes sacrées des Marias à cornes de bison pour les mettre sur leur tête. D'abord parce que ça fait partie de l'identité des Marias et non de ces étrangers (sous-entendu non Adivasis), ensuite parce que cette coiffe est sacrée pour eux, et enfin parce que certains riaient et se moquaient. 

Respecter les autres est une des choses les plus importantes. Et c'est parce que je respecte autant les autres que je suis la bienvenue presque partout.
 

 

Quelques mots gentils de mes supporters

 

Ca a été très dur pour moi de quitter le Bastar. Chaque jour, je recevais de nombreux messages privés me demandant de revenir. J'ai été aussi très émue de voir la valeur que les gens donnent à mon travail.

Mais à Nagpur, j'ai aussi eu le privilège de rencontrer Avinash, de la Gondwana Foundation. Nous avons parlé de nos missions respectives pour promouvoir la culture indigène et il a publié un bel article sur sa page Facebook.

 

Pankaj Patel #Visit Again...

Vishnu Dhurve Great work for tribal

Alka Kaushik I am really impressed with your straight observations! Who would have called Europeans selfish otherwise

traveler_namrata@stephanielangletThank you so much ! For this enthusiasm

via Stéphanie LangletIt makes you proud and happy for a moment when someone from as far as France shares your work....

Posté par Srijal Sahu sur mardi 29 décembre 2015

Ahhh, India and beyond. We would love to explore Asia with the kids, sooner than later. Stéphanie of Amatu-Artea the...

Posté par 2 Travel Dads sur vendredi 15 janvier 2016

 

 

Aux infos télévisées dans le Telangana

 

 

Récompenses

Certificat d'excellence délivré par l'Office de Tourisme du Chhattisgarh pour me féliciter de promouvoir le district du Bastar

Excellence certificate from chhattisgarh tourism board

Nomination dans le Top 7 des meilleurs blogueurs non indiens sur l'Inde par Holidify

Top Travel Blogger Holidify

 

 

Comment utiliserez-vous votre popularité?

 

Il y a différentes façons d'utiliser sa popularité. Mais si vous êtes un voyageur étranger, vous devez être conscient du rôle que vous pouvez parfois jouer.

J'ai malhereusement rencontré beaucoup de voyageurs qui prenaient leur distance vis-à-vis des locaux parce qu'ils avaient peur de faire confiance. Ils pensent souvent que les gens ne sont intéressés que par leur argent. Evidemment, vous rencontrerez ce genre de personnes, mais ils ne représentent qu'une minorité et vous rencontrerez souvent des gens prêts à partager avec vous tout ce qu'ils ont, même s'ils sont très pauvres.

Restez ouverts, souriez aux gens, et vous rencontrerez les bonnes personnes.

La façon dont j'ai choisi d'utiliser ma popularité, c'est à travers des messages de tolérance et respect, et en me battant pour la préservation des cultures traditionnelles.

Ce n'est pas toujours facile, car cela demande d'être très actif en et hors ligne. Vous rencontrerez aussi des gens qui essaieront de vous blesser et vous faire abandonner. Et nous savons tous à quel point il est difficile de sortir de sa zone de confort pour parler de soi-même!

Mais les sourires, la joie dans les yeux et l'impact positif compensent largement ces difficultés.

 

 

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Stephanie langlet interviewed by Shailendra Thakur

 

Stéphanie Langlet est consultante indépendante en branding, hospitalité et relation client. Elle accompagne les professionnels du voyage dans leur stratégie de développement de l'accueil de la clientèle et de leur image. Elle anime des formations sur l'accueil de la clientèle, les clientèles particulières (étrangers, en situation de handicap), la gestion des conflits.

Amoureuse des tribus et minorités ethniques, elle s'est spécialisée depuis 2012 sur les tribus et festivals d'Inde centrale et collabore avec l'office de tourisme du Chhattisgarh à leur promotion. Elle est régulièrement interviewée par les médias indiens.

En 2015, elle a été élue dans le top 7 des blogueurs étrangers sur l'Inde par Holidify, et comme influenceur pour le Chhattisgarh par son office de tourisme.

Date de dernière mise à jour : 07/07/2016